Réprimandé pour ses propos sur la judéité de Soros, Giuliani persiste et signe
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Réprimandé pour ses propos sur la judéité de Soros, Giuliani persiste et signe

Après des protestations, l'avocat de Trump estime qu'il n'est pas antisémite de dire que ceux qui s'opposent aux groupes anti-Israël sont de meilleurs juifs que le philanthrope

L'ancien maire de New York Rudy Giuliani à un évènement "Free Iran 2018 - the Alternative" le 30 juin 2018, à Villepinte, en banlieue parisienne. (Crédit : AFP /Zakaria Abdelkafi)
L'ancien maire de New York Rudy Giuliani à un évènement "Free Iran 2018 - the Alternative" le 30 juin 2018, à Villepinte, en banlieue parisienne. (Crédit : AFP /Zakaria Abdelkafi)

L’avocat du président américain Donald Trump, Rudy Giuliani, a continué ses attaques contre la judéité de George Soros, malgré les reproches exprimés par un groupe contre l’antisémitisme pour ses propos remettant en question la judéité du philanthrope.

Sur Twitter, l’ancien maire de New York a accusé Soros de financer des initiatives de boycott d’Israël et a déclaré que ceux qui s’opposaient à ces campagnes étaient de meilleurs Juifs et de meilleures personnes que le survivant de la Shoah.

« Soros a financé de nombreux ennemis de l’Etat d’Israël, notamment des groupes qui soutiennent le BDS, dont l’objectif ultime est de détruire le foyer national juif », a-t-il écrit.

« Ceux qui s’opposent à ces groupes ne sont pas seulement de meilleurs Juifs, mais aussi de meilleures personnes. Et pour la plupart ne sont pas antisémites », a ajouté Giulani, faisant probablement référence à lui-même.

Dans une interview accordée au New York Magazine le 8 décembre et publiée lundi, Giuliani, qui est chrétien, a affirmé qu’il était « plus juif que Soros », accusant l’homme d’affaires d’être un « ennemi d’Israël ».

« Ne me dites pas que je suis antisémite si je m’oppose à lui. Soros n’est pas vraiment un Juif. Je suis plus Juif que Soros », a déclaré Giuliani, ancien maire de New York.

« Il n’appartient pas à une synagogue, il ne soutient pas Israël, c’est un ennemi d’Israël », a-t-il poursuivi. « Il a élu huit procureurs anarchistes aux États-Unis. C’est un être humain horrible. »

Il a également affirmé que Marie Yovanovitch, l’ancienne ambassadrice des États-Unis en Ukraine, était « contrôlée » par Soros, à l’instar d’autres ambassadeurs, répétant une théorie du contrôle classique, considérant par certains comme antisémites.

George Soros prend la parole lors d’un forum aux assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Washington, le 24 septembre 2011. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP)

Lorsqu’un journaliste de NBC lui a demandé s’il plaisantait au sujet de Soros, Giuliani a déclaré qu’il est « plus Juif que la moitié de mes amis. »

Ses propos ont été vivement critiqués par le chef de l’Anti-Defamation League (ADL) Jonathan Greenblatt, qui a déclaré au Daily Beast que « M. Giuliani n’est pas habilité à décider qui est Juif et qui ne l’est pas, ce qui est antisémite et ce qui ne l’est pas ».

Illustration : Une caricature de George Soros en monstre tentaculaire apparue sur divers sites web de droite et pro-russes depuis au moins 2015. (Crédit : Google Images via JTA)

« Pendant des décennies, la philanthropie de George Soros a alimenté des théories de conspiration antisémites démesurées qui insistaient sur l’existence d’un contrôle et d’une manipulation juifs des pays et des événements mondiaux. Giuliani devrait s’excuser et se rétracter immédiatement, à moins qu’il ne cherche à siffler les antisémites purs et durs et les suprématistes blancs qui croient à ces inepties », a déclaré Greenblatt à la chaîne de télévision américaine.

Il a aussi qualifié les commentaires de Giuliani de « déconcertants et offensants ».

L’American Jewish Committee a également qualifié les propos de Giuliani de blessants.

Laura Silber, porte-parole de l’Open Society Foundations de Soros, a qualifié ces remarques de « méprisables ». Elle a aussi dit qu’il était regrettable que Giuliani ait passé « sa veille de Noël à semer des mensonges et des préjugés ».

Soros est devenu le souffre-douleur de certaines personnalités issues notamment de la droite américaine, qui accusent sa philanthropie libérale de nombreux maux, mais ne citent que peu de preuves. L’an dernier, il a lui-même accusé Soros d’une « invasion » des Etats-Unis par des migrants d’Amérique centrale qui ne s’est jamais concrétisée.

Trump a également été critiqué pour des commentaires similaires, affirmant que certains juifs « n’aiment pas assez Israël » et remettant en question la loyauté des Juifs qui votent démocrate.

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