Restrictions et réformes: le statut de la femme en Arabie Saoudite
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Restrictions et réformes: le statut de la femme en Arabie Saoudite

L'Arabie saoudite se dit déterminée à changer son image de royaume ultraconservateur, mais la vie des Saoudiennes reste entre les mains de leur "gardien", père, mari ou fils

Des femmes saoudiennes au festival "Short Film Competition 2" au King Fahad Culture Center à Riyad, le 20 octobre 2017. (Crédit : AFP/Fayez Nureldine)
Des femmes saoudiennes au festival "Short Film Competition 2" au King Fahad Culture Center à Riyad, le 20 octobre 2017. (Crédit : AFP/Fayez Nureldine)

L’Arabie saoudite se dit déterminée à changer son image de royaume ultraconservateur, mais un grand nombre de lois et politiques publiques demeurent inchangées, laissant la vie des Saoudiennes entre les mains de leur « gardien », père, mari ou fils.

Éducation

Le système saoudien de « gardien masculin » place le statut légal et personnel des femmes sous le contrôle de leur père, mari, frère ou même fils. Elles doivent obtenir la permission de leur parent mâle le plus proche pour faire des études, dans le pays ou à l’étranger.

En juillet 2017, le ministère de l’Éducation a annoncé que les écoles pour filles allaient commencer à proposer des cours d’éducation physique, à condition que cela reste conforme à la loi islamique (charia). Le ministère n’a pas précisé si elles devraient obtenir la permission de leur « gardien » pour y participer.

Le pays compte plusieurs universités réservées aux femmes.

Emploi

Les restrictions que le système du gardien mâle imposaient à l’emploi des femmes ont été assouplies, dans un contexte de diversification de l’économie du royaume, pour diminuer sa dépendance aux ressources pétrolières.

Le prince Mohammed ben Salmane, désigné héritier de la couronne en juin 2017, a présenté un plan de développement économique baptisé « Vision 2030 », dont l’un des objectifs est de faire passer le taux d’emploi des femmes de 22 à 30 % d’ici une dizaine d’années.

Dans cette photo du 24 octobre 2018 publiée par la Saudi Press Agency, SPA, le Prince héritier Mohammed ben Salmane, intervient lors de la conférence Future Investment Initiative à Riyadh, en Arabie Saoudite. (Saudi Press Agency via AP, File)

Son père, le roi Salmane, a signé un décret autorisant les femmes à obtenir en ligne un permis pour créer une entreprise. La police a ouvert ses rangs à des officiers femmes.

Voyage, permis de conduire

Les femmes doivent toujours obtenir l’autorisation de leur gardien pour renouveler leur passeport et quitter le pays.

A partir du 24 juin 2018, elles ont été autorisées à conduire pour la première fois dans l’histoire du royaume. Bien que cette réforme ait été bien accueillie, elle n’a pas été le prélude à de nouvelles libertés politiques.

Une Saoudienne prend des cours de moto au Bikers Skills Institute, en périphérie du Ryad, le 3 juin 2018. (Crédit : AFP/ FAYEZ NURELDINE)

Des militantes, dont certaines bataillaient depuis des années pour le droit de conduire, ont été emprisonnées et poursuivies en justice, notamment pour avoir parler à des journalistes étrangers.

Statut personnel 

Les femmes de tous âges doivent obtenir la permission de leur « gardien » pour se marier. Un homme peut divorcer sans le consentement de sa femme.

En janvier, le ministère de la Justice a indiqué que les tribunaux avaient désormais l’obligation de notifier par SMS aux femmes la fin de leur mariage, une mesure destinée à empêcher certains maris de divorcer sans en informer leur partenaire, ce qui était parfois le cas.

Espaces publics

En janvier 2018, les femmes ont été autorisées pour la première fois à pénétrer dans certaines enceintes sportives, dans des tribunes séparées.

Les supporteuses saoudiennes d’Al-Ahli assistent au match de football de leur équipe contre Al-Batin à la Cité des Sports du Roi Abdullah à Jeddah, en Arabie saoudite, le 12 janvier 2018 (Crédit : AFP Photo / Stringer)

Les pouvoirs de la redoutée police religieuse, qui a pendant des décennies patrouillé les rues pour réprimander les femmes pas assez couvertes ou au vernis à ongle trop brillant, ont été réduits.

Dans la capitale, Ryad, et dans d’autres villes il est désormais possible de voir des femmes circuler sans foulard.

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