Rivlin : “nous devons écouter” les Juifs de la Diaspora
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Rivlin : “nous devons écouter” les Juifs de la Diaspora

A l’occasion de ses vœux à la communauté juive américaine, le président a exprimé son “inquiétude” après les résultats des élections allemandes

Le président Reuven Rivlin pendant une prière organisée à la synagogue de la résidence officielle du président, à Jérusalem, le 27 septembre 2017. (Crédit : Mark Neyman/GPO)
Le président Reuven Rivlin pendant une prière organisée à la synagogue de la résidence officielle du président, à Jérusalem, le 27 septembre 2017. (Crédit : Mark Neyman/GPO)

Le président Reuven Rivlin a souhaité mercredi soir une bonne année aux représentants de la communauté juive américaine. Il en a profité pour aborder différents sujets politiques, notamment les relations entre Israël et la Diaspora, la guerre civile en Syrie, les efforts de paix menés par l’administration Trump et les récents résultats des élections en Allemagne.

Des dirigeants de la Conférence des présidents des organisations juives américaines majeures, dont son président, Steeve M. Greenberg, et son vice-président exécutif, Malcolm Hoenlein, participaient à la conférence téléphonique, a précisé la présidence dans un communiqué.

Rivlin a exprimé une rare critique du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu après une série de décisions auxquelles se sont opposées les Juifs américains, notamment le gel d’un accord sur la mise en place d’une zone de prière mixte au mur Occidental et la promotion d’un projet de loi des partis ultra-orthodoxes sur la conversion. Il a affirmé qu’Israël devrait travailler pour combler le fossé creusé avec les Juifs de la Diaspora.

« Nous ne vous abandonnerons jamais, a affirmé le président. Nous ne nous éloignerons jamais de notre famille. »

Des rabbins réformés hommes et femmes prient ensemble à l'arche de Robinson, le site du mur Occidental qui devrait accueillir les futurs offices égalitaires, à Jérusalem, le 25 février 2016. (Crédit : Y.R/Reform Movement)
Des rabbins réformés hommes et femmes prient ensemble à l’arche de Robinson, le site du mur Occidental qui devrait accueillir les futurs offices égalitaires, à Jérusalem, le 25 février 2016. (Crédit : Y.R/Reform Movement)

Ces questions ont souvent été « des déceptions profondes, où les attentes n’ont pas reçu de réponse. Certains sont rapides à abandonner. Ils parlent de séparation, de fossé croissant, d’une crise qui ne peut être arrêtée. Ce n’est pas notre manière de faire », a dit Rivlin aux dirigeants juifs américains.

Des dirigeants juifs, des Etats-Unis et d’ailleurs, ont mis en garde contre la fracture croissante entre Israël et la Diaspora après les décisions du gouvernement, dont beaucoup semblent ne pas tenir compte des courants non orthodoxes du judaïsme, marginaux en Israël mais majoritaires à l’étranger.

« Il est temps que nous écoutions et apprenions, a ajouté Rivlin. Il est temps que nous apprenions à vraiment comprendre l’autre mieux. Il est temps de faire face, non seulement à ce qui nous rassemble, mais aussi à ce qui nous rend différents. »

Avant de devenir président en 2014, RIvlin avait critiqué les courants non orthodoxes du judaïsme, déclarant notamment que le judaïsme réformé revenait à « adorer des idoles » et refusant de s’adresser aux rabbins de ce mouvement en utilisant le terme de « rabbin ». Il a depuis adouci son approche et préféré une approche davantage inclusive.

Au sujet de la guerre civile syrienne, Rivlin a rappelé la position israélienne. L’Etat juif ne s’est pas impliqué dans les combats qui déchirent son voisin, mais fait respecter ses lignes rouges, comme la livraison d’armes au groupe terroriste du Hezbollah et l’établissement d’une présence iranienne à la frontière israélienne sur le plateau du Golan.

Israël a « pris soin de ne pas prendre partie », a dit le président, qui a cependant souligné le rôle joué par le pays pour soigner « les blessés qui arrivent à nos portes », notamment par l’action de l’Opération Bon Voisin, qui a permis de soigner des milliers de Syriens blessés par les combats.

Une soldate israélienne avec un enfant syrien en Israël, dans le cadre de l'opération Bon voisin d'aide humanitaire aux Syriens touchés par la guerre civile. Photographie non datée, publiée le 19 juillet 2017. (Crédit : armée israélienne)
Une soldate israélienne avec un enfant syrien en Israël, dans le cadre de l’opération Bon voisin d’aide humanitaire aux Syriens touchés par la guerre civile. Photographie non datée, publiée le 19 juillet 2017. (Crédit : armée israélienne)

Rivlin a également souligné la force de la relation israélo-américaine et l’importance de l’approche du Moyen Orient de l’administration du président américain Donald Trump, grâce à qui « nous avons de nouveaux espoirs de paix et de réconciliation avec nos voisins. »

Après sa récente visite en Allemagne, Rivlin a salué la chancelière Angela Merkel, qui a « à nouveau exprimé son engagement envers la sécurité d’Israël. » Il a également rendu hommage à sa « forte position contre l’AfD [le parti d’extrême-droite Alternative pour l’Allemagne] et dans la lutte contre la tendance néofasciste » mondiale.

Cette semaine, l’AfD a remporté près de 100 sièges au Bundestag, le Parlement fédéral allemand, en remportant près de 13 % des voix, du jamais vu dans le pays depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le président s’est dit « inquiet » de la « liste noire » des entreprises travaillant en Cisjordanie, sur le plateau du Golan et à Jérusalem Est, qui a été dressée par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, « qui a le potentiel de nuire aux entreprises américaines et israéliennes, et de nuire également aux Palestiniens. »

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