Israël en guerre - Jour 200

Rechercher

Rome, théâtre d’une rafle de Juifs en 1943, aura son musée de la Shoah

Fort symboliquement, le musée sera construit sur un terrain jouxtant le parc de la Villa Torlonia, qui fut la résidence du dictateur fasciste Benito Mussolini

Vue sur le ghetto juif de Rome. (Crédit :  Gobbler/CC BY SA 3.0/Wikimedia communs)
Vue sur le ghetto juif de Rome. (Crédit : Gobbler/CC BY SA 3.0/Wikimedia communs)

Rome, théâtre d’une terrible rafle de Juifs en octobre 1943, aura finalement son musée de la Shoah ; le gouvernement d’extrême-droite de Giorgia Meloni a donné son feu vert jeudi soir.

L’Italie, à travers « l’institution d’un musée national de la Shoah à Rome », veut « concourir à maintenir vivante et présente la mémoire de la Shoah », a expliqué le gouvernement dans un communiqué publié à l’issue d’un conseil des ministres, une semaine après la visite à Rome du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

L’entreprise d’extermination des Juifs d’Europe menée par l’Allemagne hitlérienne pendant la Seconde Guerre mondiale, qui fit au moins six millions de victimes, toucha aussi Rome, où se trouvait l’une des communautés juives les plus anciennes d’Europe.

Le 16 octobre 1943, les troupes allemandes soutenues par des fonctionnaires du régime fasciste procédèrent à une rafle dans l’antique ghetto de Rome, l’une des pires et plus connues opérations antisémites dans la péninsule. 1 023 Juifs furent déportés au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau et seulement 16 d’entre eux survécurent.

Le ministre de la Culture Gennaro Sangiuliano a annoncé à l’issue du Conseil des ministres le déblocage de dix millions d’euros « pour commencer à réaliser dans notre capitale » un musée de la Shoah, déjà « présent dans toutes les grandes capitales d’Europe » mais qui a mis un quart de siècle à se concrétiser en Italie.

Cette annonce a été saluée par la communauté juive de Rome, sa présidente Ruth Dureghello appelant cependant dans un communiqué à « des choix réalisables dans des délais brefs pour garantir à la capitale d’Italie un musée comme toutes les grandes capitales européennes ».

Fort symboliquement, le musée sera construit sur un terrain jouxtant le parc de la Villa Torlonia, qui fut la résidence du dictateur fasciste Benito Mussolini, au pouvoir de 1922 à 1943.

Villa Torlonia. (Crédit : Amir Genach)

C’est sous son régime que furent adoptées les « lois raciales », une législation antisémite instituant toute une série de discriminations à l’égard des Juifs: interdiction d’accès aux emplois de la fonction publique, exclusion des enfants juifs des écoles publiques, interdiction de se marier avec des Italiens…

Le musée de la Shoah devra « être une instrument d’éducation à la démocratie, au pluralisme (…) parce que malheureusement nous voyons que des choses que nous considérions comme acquises et comme des conquêtes définitives ne le sont pas », a expliqué vendredi à l’AFP l’architecte en charge du projet, Luca Zevi.

Interrogé sur les délais de réalisation de ce projet, il a répondu que le musée devrait voir le jour « dans trois ans » au maximum.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.