Roumanie : graffitis antisémites sur la maison natale d’Elie Wiesel
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Roumanie : graffitis antisémites sur la maison natale d’Elie Wiesel

La police roumaine, dans la ville de Sighet, a indiqué que les enquêteurs travaillaient sur les images enregistrées par les caméras de sécurité pour identifier les auteurs

La maison d'enfance d'Elie Wiesel à Sighet, en Roumanie, vandalisée à l'aide de graffitis antisémites le 3 août 2018 (Capture d'écran via Realitatea.net)
La maison d'enfance d'Elie Wiesel à Sighet, en Roumanie, vandalisée à l'aide de graffitis antisémites le 3 août 2018 (Capture d'écran via Realitatea.net)

La police roumaine a annoncé samedi avoir ouvert une enquête après la découverte de graffitis antisémites sur la façade de la maison natale du prix Nobel de la paix Elie Wiesel, à Sighetu Marmatiei (nord).

« Une enquête est en cours afin d’identifier les auteurs » de cet acte de vandalisme, a indiqué la porte-parole de la police locale, Florina Metes, précisant que les policiers analyseront notamment les images des caméras de surveillance enregistrées par un immeuble voisin.

Certains de ces graffitis comprenaient des insultes contre Wiesel, qualifié de « Juif nazi » se trouvant « en enfer avec Hitler », et de « pédophile antisémite ». Il y avait également des références à la dirigeante allemande Angela Merkel, au leader russe Vladimir Poutine et au président américain Donald Trump.

La maison qu’habitait Wiesel avant la Seconde Guerre mondiale avait été transformée en centre d’éducation sur la Shoah en 2014 en mémoire des 13 000 Juifs locaux déportés à Auschwitz, dont la majorité avaient été assassinés.

En 2014, lors de l’inauguration de la « cave de la Shoah », Weisel s’était dit « profondément honoré » que sa maison devienne un lieu où la population roumaine pourrait apprendre ce qu’avait été le génocide.

« Cette inauguration soutient les initiatives que j’ai prises pendant toute ma vie visant à garantir que l’humanité n’oubliera jamais les horreurs qui se sont déroulées ici et dans toute l’Europe », avait-il écrit.

Dans un communiqué de presse cité par le site d’information roumain Realitatea.net, l’ambassade israélienne a exprimé son « dégoût » suite à cet acte de vandalisme. Elle a condamné un « acte antisémite sans précédent » et a souhaité que les coupables soient traduits rapidement en justice.

Les graffitis écrits dans la nuit de vendredi à samedi ont été rapidement effacés par les autorités locales.

« Cet acte grotesque représente une attaque contre la mémoire non seulement d’Elie Wiesel mais de toutes les victimes de la Shoah », a déploré l’Institut roumain d’étude de l’Holocauste qui porte le nom de l’ancien survivant et écrivain, décédé en 2016 à New York.

« La mémoire d’Elie Wiesel ne mérite pas une telle offense de la part de membres de sa communauté natale », a ajouté la même source.

Un groupe de lycéens roumains attendent devant la maison d’enfance d’Elie Wiesel avant d’entrer dans ce qui est maintenant un musée de l’Holocauste, le 11 septembre 2017 (Crédit : Yaakov Schwartz/Times of Israel)

Né le 30 septembre 1928 à Sighet, dans une région du nord de la Roumanie qui en 1940 avait été rattachée à la Hongrie, Elie Wiesel fut déporté avec sa famille à l’âge de 15 ans à Auschwitz-Birkenau où sa mère et sa plus jeune soeur ont été assassinées.

Elu membre d’honneur de l’Académie roumaine en 2001, il avait oeuvré pour que Bucarest reconnaisse son rôle dans la Shoah, après des dizaines d’années de déni.

Au total, ce sont entre 280 000 et 380 000 Juifs roumains et ukrainiens qui avaient été assassinés ou qui étaient morts pendant la Shoah dans les territoires placés sous contrôle roumain pendant la Seconde Guerre mondiale.

Wiesel, qui était considéré « comme le porte-parole le plus éminent sur la Shoah dans le monde entier », aura travaillé toute sa vie pour maintenir vivante la mémoire du génocide qui a tué six millions de Juifs.

Il est mort en 2016 à l’âge de 87 ans.

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