Sauf coup de théâtre de dernière minute, la Knesset sera dissoute à minuit
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Sauf coup de théâtre de dernière minute, la Knesset sera dissoute à minuit

Un 3e scrutin national en un an - fait sans précédent qui paraît inévitable ; une loi établissant la date du vote au 2 mars devrait être adoptée, après lectures, par les députés

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 1er décembre 2019 (Crédit :  l Marc Israel Sellem/POOL)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 1er décembre 2019 (Crédit : l Marc Israel Sellem/POOL)

La Knesset va presque certainement être dissoute et de nouvelles élections devraient donc s’imposer à minuit, dans la nuit de mercredi, entraînant le pays vers un troisième cycle d’élections nationales en 11 mois, un fait sans précédent dans le pays – signant la fin d’une 22è Knesset qui aura peu vécu.

Sans changement inattendu, une commission régulatoire de la Knesset devrait se réunir à 9 heures 30, ce matin, pour finaliser un projet de loi qui déterminera la date des élections et dictera la dissolution du parlement.

Une fois approuvée, la législation passera en séance plénière et les députés devraient débattre pendant plusieurs heures. Ils voteront au cours de quatre lectures du texte. Les discussions devraient commencer dans l’après-midi et les votes définitifs devraient avoir lieu avant minuit.

Le projet de législation devrait franchir le stade de sa lecture finale avant l’heure-limite, à minuit.

Le projet de loi fixe la date des prochaines élections générales au 2 mars 2020. Les deux précédents votes s’étaient déroulés le 9 avril et le 17 septembre.

Le projet de législation a été rédigé et présenté mardi à la Knesset par Avi Nissenkorn, Meir Cohen et Tzvi Hauser, parlementaires de la formation Kakhol lavan, aux côtés de Miki Zohar et de Shlomo Karai, députés du Likud.

« Ce n’est pas le type de projet de loi que j’avais espéré soumettre en tant que représentant public et j’ai encore espoir que nous pourrons le retirer demain avant minuit en annonçant la mise en place d’un large gouvernement d’unité », a commenté Nissenkorn, qui avait également parrainé le texte qui avait décidé de la dissolution de la 21è Knesset où il avait été élu pour la première fois.

Suite au dépôt de la législation, Benny Gantz, responsable de Kakhol lavan, a estimé qu’il était encore temps d’éviter des élections « inutiles et coûteuses ». Il a assuré que son parti livrait « tous les efforts possibles » pour former un gouvernement, sans renoncer pour autant à ses principes.

Le président du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, assiste à une réunion des factions à la Knesset à Jérusalem, le 28 octobre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Il a aussi appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, du Likud, à annoncer qu’il ne chercherait pas à obtenir l’immunité parlementaire dans les dossiers de corruption dans lesquels il est mis en examen.

« Comme vous l’avez promis avant les précédentes élections, ne vous cachez pas derrière une immunité parlementaire et allez défendre votre innocence devant le tribunal », a dit Gantz dans une déclaration filmée. « Vous avez absolument le droit de vous protéger mais vous ne devez pas faire de la Knesset un refuge pour les criminels », a-t-il ajouté.

« Faites cela de manière à ce que nous puissions trouver une solution et former un gouvernement », a clamé Gantz.

En réponse, Netanyahu a dit que Gantz se prêtait à une « manipulation ».

Le scrutin du mois d’avril 2019 était entré dans l’histoire lorsqu’à la fin du mois de mai, il était devenu la toute première élection ayant échoué à désigner un gouvernement élu. Après les échecs successifs de Netanyahu et de Gantz à rassembler une majorité lors du vote suivant, au mois de septembre, la Knesset a eu jusqu’à mercredi soir, dernier délai, pour que les députés s’accordent sur le nom d’un parlementaire chargé de former un gouvernement.

Ni Kakhol lavan, de Gantz, ni le Likud, de Netanyahu, n’ont suffisamment d’alliés pour mettre en place une coalition sans l’autre ou sans le soutien de la formation Yisrael Beytenu, mais les deux partis n’ont pas été en mesure de progresser sur un projet d’unité.

Un sondage révélé mardi montre que Kakhol lavan, en tête, creuse l’écart avec le Likud, passant d’un siège de plus lors des dernières enquêtes d’opinion à quatre – avec 37 fauteuils contre 33 pour le Likud au sein du Parlement israélien, fort de 120 membres.

Pour sa part, le bloc de droite et haredim qui soutient Netanyahu perd trois sièges, passant de 55 à 52, selon ce sondage réalisé par la Treizième chaîne.

L’enquête prédit une chute encore plus sévère du Likud si la formation abandonne Netanyahu, empêtré dans les scandales, en faveur de son principal challenger, le député Gideon Saar.

Interrogés sur la personnalité, à leurs yeux, responsable de ce troisième scrutin attendu, 41% des sondés répondent Netanyahu, 26% incriminent le leader d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, et 5% Gantz. Pour 23 % des personnes interrogées, « tout le monde est responsable à égalité » de l’échec des négociations visant à mettre en place un gouvernement.

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