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Séisme en Turquie et Syrie: L’aide internationale arrive, les secours se poursuivent

Selon le dernier bilan officiel, qui risque encore de s'alourdir, 4 890 personnes ont trouvé la mort dont 3 381 en Turquie et 1 509 en Syrie

Des personnes recherchent des survivants dans des décombres à Diyarbakir, le 6 février 2023, après qu'un séisme de magnitude 7,8 a frappé le sud-est de la Turquie. (Crédit : ILYAS AKENGIN / AFP)
Des personnes recherchent des survivants dans des décombres à Diyarbakir, le 6 février 2023, après qu'un séisme de magnitude 7,8 a frappé le sud-est de la Turquie. (Crédit : ILYAS AKENGIN / AFP)

L’aide internationale doit arriver mardi en Turquie et dans le nord de la Syrie où la course contre la montre et le froid se poursuit mardi pour extirper des survivants des violents séismes qui ont ravagé la région la veille, faisant au moins 4 890 morts.

Selon le dernier bilan officiel – qui risque encore de s’alourdir – près de vingt heures après la première des trois secousses, d’une magnitude de 7,8 ressentie jusqu’au Liban, à Chypre et dans le nord de l’Irak, plus de 4 890 personnes ont trouvé la mort dont 3 381 en Turquie selon l’organisme public de gestion des catastrophes (Afad), et 1 509 en Syrie.

Les secours se sont acharnés dans le froid, sous la pluie battante ou la neige, parfois à mains nues, pour sauver chaque vie qui pouvait l’être, comme cette enfant de sept ans sortie des ruines à Hatay (sud), à la frontière syrienne, sous les yeux de l’AFP, après plus de 20 heures de terreur, le pyjama maculé de poussière. « Où est ma maman ? », a-t-elle dit au secouriste qui la tenait dans les bras.

Le mauvais temps qui plane sur l’Anatolie complique la tâche des secours et rend le sort des rescapés plus amer encore, grelottant sous des tentes ou autour de braseros improvisés.

L’officier de police Zekeriya Yildiz embrasse sa fille après l’avoir sauvée des décombres à Hatay, le 6 février 2023, après qu’un tremblement de terre de magnitude 7,8 a frappé le sud-est de la Turquie. (Crédit : BULENT KILIÇ / AFP)

Premières aides internationales

L’aide internationale à la Turquie doit commencer à arriver mardi avec les premières équipes de secouristes, de France et du Qatar notamment. Le président américain Joe Biden a promis à son homologue Recep Tayyip Erdogan « toute l’aide nécessaire, quelle qu’elle soit ».

Les Français envisageaient de se rendre en particulier à Kahramanmaras, épicentre du premier séisme, région difficile d’accès et profondément meurtrie ensevelie sous la neige.

Deux détachements américains de 79 secouristes chacun se préparaient lundi à se rendre sur place, selon la Maison Blanche.

La Chine a annoncé mardi l’envoi d’une aide de 5,9 millions de dollars, incluant des secouristes spécialisés en milieu urbain, des équipes médicales et du matériel d’urgence, selon un média d’État à Pékin .

Selon le président turc, 45 pays ont proposé leur aide.

En revanche en Syrie, l’appel lancé par les autorités de Damas a été surtout entendu par son allié russe, promettant des équipes de secours « dans les prochaines heures », alors que selon l’armée, plus de 300 militaires russes sont déjà sur les lieux pour aider les secours.

L’ONU a également réagi, mais en insistant que l’aide fournie irait « à tous les Syriens sur tout le territoire », dont une partie n’est pas sous le contrôle du gouvernement.

Dans ces zones tenues par les rebelles, frontalières de la Turquie au nord-ouest de la Syrie, au moins 700 morts ont été dénombrés.

Profitant du chaos créé par le tremblement de terre, une vingtaine de combattants présumés du groupe État islamique (EI) se sont évadés d’une prison militaire à Rajo, contrôlée par des rebelles pro-turcs.

Les bilans de part et d’autre de la frontière n’ont cessé de s’alourdir et compte tenu de l’amplitude des dégâts ils devraient augmenter au fur et à mesure des recherches.

Rien qu’en Turquie, les autorités ont dénombré près de 5 000 immeubles effondrés. Et la chute radicale des températures fait courir un risque supplémentaire d’hypothermie aux blessés, coincés dans les ruines.

Des sauveteurs recherchent des victimes et des survivants dans les décombres d’un immeuble qui s’est effondré à Adana, le 6 février 2023, après qu’un séisme de magnitude 7,8 a frappé le sud-est de la Turquie. (Crédit : Can EROK / AFP)

Dortoirs

L’Organisation mondiale de la santé a dit elle-même s’attendre au pire et redouter « des bilans huit fois plus élevés que les nombres initiaux ».

Dans la journée de lundi, pas moins de 185 répliques ont été enregistrées, consécutives aux deux premières secousses : l’une de 7,8 survenue en pleine nuit (04H17 locales), l’autre, de magnitude 7,5, à la mi-journée, les deux dans le sud-est de la Turquie.

Plusieurs répliques ont été enregistrées dans la nuit, mardi avant l’aube. La plus forte, de magnitude 5,5, a été enregistrée à 6H13 locales (3H13 GMT) à 9 km au sud-est de Gölbasi (sud).

Des dortoirs ont été ouverts par les autorités locales dans les gymnases ou les collèges ou même dans les mosquées afin d’héberger les rescapés. Mais par crainte de nouveaux séismes, nombre d’habitants ont préféré passer la nuit dehors, comme à Sanliurfa, dans le sud-est turc.

« Qui n’a pas peur ? Tout le monde a peur ! », assurait Mustafa Koyuncu, 55 ans, entassé avec sa femme et ses cinq enfants dans la voiture familiale.

Ce séisme est le plus important en Turquie depuis le tremblement de terre du 17 août 1999, qui avait causé la mort de 17 000 personnes, dont un millier à Istanbul.

Le chef de l’État turc a décrété un deuil national de sept jours et la fermeture des écoles pour la semaine.

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