Selon un allié d’Abbas, le sommet français pour la paix sera organisé avec ou sans Israël
Rechercher

Selon un allié d’Abbas, le sommet français pour la paix sera organisé avec ou sans Israël

Le responsable de l’OLP Ahmad Majdalani a expliqué à un journal palestinien que la conférence controversée devrait avoir lieu avant la fin de l’année

Un associé du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a annoncé que la France comptait organiser une conférence internationale très discutée sur le processus de paix au Moyen-Orient avant la fin de l’année.

Ahmad Majdalani, membre du bureau exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), a indiqué samedi au journal palestinien Donia Al-Watan que le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault se rendra bientôt dans la région pour la préparation du sommet organisé dans le cadre de l’initiative de paix française.

La conférence, a-t-il ajouté, se déroulera « que le gouvernement israélien y consente ou non ».

Abbas a affirmé son engagement en faveur d’une conférence internationale dirigée par la France lundi, quelques jours après qu’Israël a répété qu’il boycotterait cet effort.

Abbas, prenant la parole au cours d’une visite d’état au Turkménistan, a indiqué qu’il programmait d’envoyer une délégation aux négociations de paix proposées qui devraient avoir lieu en France au mois de décembre.

Le responsable de l'OLP Ahmad Majdalani Ahmad Majdalani (Page Facebook)
Le responsable de l’OLP Ahmad Majdalani Ahmad Majdalani (Page Facebook)

Il a également exprimé son soutien à une initiative de paix proposée par la Russie qui semble avoir été bloquée au cours de ces derniers mois.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué qu’Israël ne se rendrait pas à la conférence française pour la paix, affirmant que des négociations directes doivent reprendre entre les deux parties.

Israël clame qu’une conférence faisant appel à un tiers risquerait de nuire aux perspectives de paix, en autorisant Abbas à tenter de persuader les autres pays d’imposer une solution à Israël sans concessions de la part des Palestiniens.

Au Turkménistan, Abbas a également fait savoir qu’il nourrissait de “grands espoirs” concernant des négociations de paix à venir sur le Moyen-Orient à Moscou, mais n’a donné aucun détail.

La Russie a proposé d’accueillir une réunion entre les leaders israéliens et palestiniens mais des différences profondes entre eux ont fait naître des doutes sur la possibilité de la tenue d’une telle rencontre.

La semaine dernière, l’envoyé spécial du gouvernement français pour le processus de paix au Moyen-Orient, Pierre Vimont, s’est rendu en Israël et auprès de l’Autorité palestinienne pour promouvoir l’initiative d’une conférence impulsée par Paris.

Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères, devant les Nations Unies à New York le 19 septembre 2016. (Crédit : AFP/Timothy A. Clary)
Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères, devant les Nations Unies à New York le 19 septembre 2016. (Crédit : AFP/Timothy A. Clary)

Après avoir rencontré Vimont, l’un des principaux négociateurs palestiniens Saeb Erekat a expliqué que Ramallah demandait à la France de faire avancer ce plan.

“Nous avons encouragé la France à promouvoir cette initiative et nous avons soutenu ses efforts visant à organiser cette conférence avant la fin de l’année”, a-t-il indiqué dans un communiqué. « Israël ne doit pas avoir l’opportunité de saboteur une telle initiative internationale”.

Vimont a également rencontré en Israël le Conseiller en charge de la Sécurité Nationale Yaakov Nagel et le confident de Netanyahu Yitzhak Molcho, qui lui a expliqué” d’une “manière sans ambiguïté et sans équivoque” qu’un progrès réel et un accord de paix durable ne pourraient émerger qu’à travers des négociations bilatérales directes entre Israël et l’Autorité Palestinienne, a indiqué le Bureau du Premier ministre dans un communiqué.

“Toute autre initiative ne fait qu’éloigner la région d’un tel processus”, a continué le communiqué. « Il a été expliqué à l’envoyé français qu’Israël ne participera pas à une conférence internationale déterminée en opposition à sa position ».

L’initiative française “nuit gravement aux possibilités susceptibles de faire avancer le processus de paix”, a poursuivi le communiqué, arguant du fait qu’elle permettrait à Abbas d’éviter de revenir aux négociations bilatérales directes sans conditions préalables.

“Israël est certain et s’attend que la France ne prônera pas une conférence ou un processus venant contredire la position officielle de l’Etat d’Israël », a conclu le communiqué.

Dimanche, la France a démenti des informations faisant état d’une annulation de son projet de conférence internationale sur le conflit israélo-palestinien.

Des articles avaient cité le président français François Hollande déclarer avoir des difficultés à organiser le sommet, suite aux résultats des élections américaines et à l’opposition catégorique d’Israël.

« Comme l’a réaffirmé le président Hollande dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies le 20 septembre, notre objectif est d’organiser une conférence internationale afin d’aider à relancer le processus de paix au Moyen Orient, a déclaré un porte-parole du Quai d’Orsay. Nous travaillons étroitement avec nos partenaires et en collaboration avec toutes les parties à cette fin. »

Vimont s’est récemment rendu aux Etats-Unis, quelques jours après avoir été à Jérusalem et Ramallah. « Il continuera son travail pendant ses prochaines visites à nos partenaires principaux », selon le ministère français des Affaires étrangères.

Raphael Ahren a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...