Sergio Bergman : « Dieu vient en aide à ceux qui s’aident eux-mêmes »
Rechercher
Interview

Sergio Bergman : « Dieu vient en aide à ceux qui s’aident eux-mêmes »

Le ministre du Développement durable argentin est un rabbin et pharmacien de profession. Il utilise sa formation scientifique pour résoudre les problèmes techniques - avec éthique

Le ministre argentin de l'Environnement et du Développement durable et rabbin Sergio Bergman. (Crédit : Titu Becher)
Le ministre argentin de l'Environnement et du Développement durable et rabbin Sergio Bergman. (Crédit : Titu Becher)

BUENOS AIRES — Dans un somptueux bureau du ministère argentin de l’Environnement et du Développement durable, le ministre Sergio Bergman sourit, confiant, pour une photographie prise devant une étagère de livres bien remplie.

« Chaque citoyen a droit à un environnement sain et équilibré », est-il écrit sur une photo accrochée au mur. Un drapeau aux couleurs de l’Argentine est pendu à côté de Bergman.

Agé de 55 ans, Bergman, pharmacien et écrivain, est le tout premier rabbin conservateur à occuper une fonction officielle en Argentine. Portant une kippa colorée – difficile à ne pas remarquer – sur la tête, Bergman ne dissimule assurément pas sa judéité. Il explique que ses collègues savent qu’ils ne peuvent pas l’appeler le jour du Shabbat.

Son parcours politique est également remarquable : En 2011, il a été nommé par Mauricio Macri, l’actuel président, en tête de liste des candidats aux élections parlementaires du parti de centre droit Proposition républicaine (PRO) à l’assemblée de Beuenos Aires. Devenu chef de la liste nationale des candidats parlementaires, il a remporté le scrutin. Quelques années après, il a été choisi par le pouvoir exécutif au poste de ministre de l’Environnement et du Développement durable.

Dans un entretien exclusif de deux heures accordé au Times of Israel, Bergman a accepté de se confier sans retenue. Au cours de cette interview-fleuve, il a abordé son travail quotidien en politique, l’antisémitisme, la relation entre l’Argentine et Israël et les ennemis d’Israël, et l’affaire de la mystérieuse mort d’Alberto Nisman.

Au ministère de l'Environnement et du Développement durable, le ministre Sergio Bergman. (Crédit : Titu Becher)
Au ministère de l’Environnement et du Développement durable, le ministre Sergio Bergman. (Crédit : Titu Becher)

Qu’est-ce qui vous a amené à entrer en politique ? Avez-vous trouvé en politique qu’il y avait quelque chose qui manquait à votre expérience en tant que rabbin ?

Cela a été un voyage, un processus qui a commencé après l’attentat à la bombe qui a eu lieu au centre juif de Buenos Aires [en 1994]. Cette situation a été porteuse de traumatismes et j’ai voulu faire ce que je pensais être nécessaire. Je dois admettre que mon dernier emploi en tant qu’enseignant et rabbin avant d’entrer en politique était plus confortable, alors le changement n’a pas été commode pour moi – mais il a été conforme à mes valeurs.

J’ai commencé à penser qu’enseigner la Torah et observer simultanément la manière dont [la Torah] était profanée dans la rue, c’était un phénomène complètement irrationnel. Au-delà de ça, j’ai réalisé qu’on ne pouvait pas compter sur l’aide de Dieu sans faire d’efforts de notre côté pour améliorer les choses. C’est vraiment plus facile de diagnostiquer ce qui ne va pas et d’exprimer nos opinions lorsqu’on est en dehors des choses [plutôt qu’instigateur actif de changement].

Un homme marche dans les décombres après l'explosion d'une bombe à l'Association mutuelle israélite argentine (centre AMIA) à Buenos Aires, le 18 juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)
Un homme marche dans les décombres après l’explosion d’une bombe à l’Association mutuelle israélite argentine (centre AMIA) à Buenos Aires, le 18 juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)

Vous avez dû passer différents obstacles en politique. Vous êtes-vous jamais demandé ce que vous faisiez là, ou si c’était un bon endroit pour un rabbin ?

J’exerce mes responsabilités gouvernementales du point de vue d’un rabbin. Je n’ai jamais cessé d’être un rabbin et je ne cesserai jamais de l’être.

Je place juste mes devoirs communautaires en suspens dans la mesure où je ne peux plus être à la tête d’une communauté et être à la disposition des gens – même si cela me manque beaucoup.

Je n’ai pas eu à suspendre le côté institutionnel de mes responsabilités rabbiniques et je travaille encore activement avec la « Fondation Judaica » en tant qu’assesseur et gestionnaire de projet. Et devenir ministre n’est donc pas une promotion dans ma vie : Si je perds mes racines spirituelles, en fait, je perds tout.

‘Je n’ai jamais cessé d’être un rabbin et je ne cesserai jamais de l’être’

C’est encore quelque chose d’extrêmement nouveau pour un rabbin de travailler comme ministre dans un gouvernement. Tous mes collègues savent que, du vendredi après-midi à la tombée de la nuit samedi, je me trouve habituellement à la synagogue. En d’autres termes, s’il y a une urgence lors du Shabbat, ils savent qu’ils ne peuvent pas compter sur moi dans la mesure où mon téléphone cellulaire est éteint.

Le parti politique avec lequel je travaille a dû s’habituer à mes traditions, même si je ne les considère pas comme un privilège particulier. Ils m’acceptent tel que je suis et c’est ainsi que les choses doivent se passer. Ils savent que je n’abandonnerai jamais ma pratique juive. Le bicentenaire de l’indépendance en Argentine, qui a été fêté le 9 juillet, l’année dernière, est tombé le jour du Shabbat et je n’ai assisté à aucun événement national. Shabbat, c’est Shabbat.

En ce qui concerne la discrimination et l’antisémitisme, est-ce que vous avez le sentiment que tous vos collègues vous respectent en tant que Juif ? Sur une échelle de 1 à 10, comment noteriez-vous le respect qu’ils ont pour vos croyances ?

10. Je dois reconnaître que les gens montrent beaucoup de respect. Je pense véritablement que le président Mauricio Macri peut s’en attribuer le mérite, parce que cela requiert beaucoup de courage de choisir un rabbin à la tête d’une liste parlementaire à Buenos Aires et, des années plus tard, au poste de ministre de l’Environnement.

Le président argentin Mauricio Macri s'adressant aux délégués du Congrès juif mondial à Buenos Aires, en Argentine, le 15 mars 2016 (Crédit : Congrès juif mondial)
Le président argentin Mauricio Macri s’adressant aux délégués du Congrès juif mondial à Buenos Aires, en Argentine, le 15 mars 2016 (Crédit : Congrès juif mondial)

Pour quelles qualités le président vous a-t-il choisi, selon vous ?

Il m’a appréhendé en tant que personne, pas en tant que rabbin. Il ne m’a pas choisi parce que je suis rabbin – il m’a choisi moi, et il s’avère que je suis rabbin. C’est exactement ce que je voulais. S’il m’avait choisi parce que j’étais rabbin, il ne m’aurait pas demandé de prendre la direction du ministère de l’Environnement. Peut-être aurait-il songé à me mettre à un autre poste.

Et pourquoi pensez-vous avoir été appelé à la tête du ministère de l’Environnement ?

Macri est un bon gestionnaire d’équipe. Il sait très exactement quelles sont les « qualités » des joueurs qu’il choisit. Il était l’un des seuls à savoir que j’avais fait des études scientifiques et pharmaceutiques.

Il a réalisé que le chef du ministère devait avoir la capacité technique de comprendre tout ce qui est développement durable mais qu’il y a également un aspect éthique dans la majorité des problèmes qui se posent. En d’autres mots, les défis doivent être relevés de façon technique – mais avec éthique.

‘Les défis doivent être relevés de façon technique – mais avec éthique’

En tant que membre du Parlement sous le gouvernement précédent, avez-vous jamais subi l’antisémitisme ?

Je ne pense pas. Lorsque j’étais au Congrès, sous la présidence de Cristina Kirchner, je travaillais à l’école juive Arlene Fern. Le gouvernement a fini par retirer ses subventions et à envoyer des inspecteurs du travail particuliers à l’école mais je pense que c’était plutôt à cause de ma position politique dans l’opposition, pas parce que j’étais Juif.

Je me souviens également d’avoir allumé des bougies de Hanoukka au Congrès – mes collègues m’avaient regardé bizarrement mais personne ne s’y était opposé.

Constatez-vous de nos jours des discriminations de la part de la société argentine non-juive ?

Malheureusement, la réponse est oui. On ne peut pas dire que l’Argentine est un pays antisémite mais il y a beaucoup de citoyens antisémites.

Il y a quelques jours, certaines villes ont été touchées par des feux de forêt, ce qui est un terrible problème. Il y a eu beaucoup de colère qui s’est exprimée et un grand nombre de gens m’ont attaqué verbalement et, comme je m’y attendais, ont utilisé mon identité et mon judaïsme pour m’insulter. Mais j’avais conscience de ce genre de risques lorsque j’ai commencé à travailler en politique.

Une vue de la ville de Bariloche, en Argentine (Crédit : CC-BY-SA Dario Alpern/Wikimedia Commons)
Une vue de la ville de Bariloche, en Argentine (Crédit : CC-BY-SA Dario Alpern/Wikimedia Commons)

D’un autre côté, des études de groupe montrent que la majorité des Argentins ne savent pas véritablement ce qu’est un rabbin. Il y a beaucoup de préjugés – majoritairement de la part des antisémites – mais pour une large proportion d’Argentins, le fait que je sois rabbin n’a pas véritablement d’importance. Ce qui attire habituellement l’attention, c’est ma kippa.

Par exemple, lorsque je marche dans les banlieues de la ville, certaines personnes associent ce petit couvre-chef à une personnalité islamique ou indigène. Très peu de gens réalisent ce qu’une kippa signifie. Mais finalement, je pense que la majorité des gens constatent tout simplement ma réelle empathie envers eux.

Après les feux de forêt, vous avez évoqué la prière dans une interview, déclenchant un grand nombre de critiques publiques. Pourquoi la foi est-elle considérée comme un trait négatif en politique ?

Fondamentalement, la politique signifie aimer son voisin et la Torah nous en dicte finalement les lignes directrices. Par exemple, le commandement de la dîme est relatif à la politique économique et au système fiscal. Les réactions à ce que j’ai dit au sujet de Bariloche n’ont rien eu à voir avec une éventuelle désapprobation de ma foi – je pense que c’était plutôt une tentative de blocage de ma carrière politique et de mes convictions.

‘Quand le pape dit « Priez pour moi », personne ne se plaint’

Quand le pape dit « Priez pour moi », personne ne se plaint. De plus, mes mots ont été sortis de leur contexte – j’ai d’abord expliqué ce qu’il fallait faire sur le terrain puis j’ai mentionné la prière. Je maintiens ce que j’ai dit sur la foi, même si les analystes gouvernementaux me recommandent d’éviter de parler de cette façon.

On vous dit donc d’éviter ce type de langage spirituel dans votre discours politique ?

Oui, dans ce cas précis, on m’a demandé pourquoi j’avais dit ce que j’ai dit. Je pense que, d’une certaine manière, ils ont raison, parce qu’un politicien reste vulnérable et peut voir ses paroles déformées. Ce n’est probablement pas avisé d’évoquer la foi ouvertement dans une situation comme celle-ci, où les gens peuvent tirer les mauvaises conclusions.

Ils peuvent penser : « Le rabbin ne sait rien de l’environnement et se contente de suggérer de prier alors que les incendies font rage – c’est bien pour ça qu’il n’est pas au bon poste, il devrait retourner dans sa synagogue ».

Mais je voudrais établir clairement que je ne regrette pas ce que j’ai dit. Je crois absolument à ce proverbe : « l’homme propose et Dieu dispose ». Nous devons faire de notre mieux pour nous aider nous-mêmes mais il est réellement important de demander à Dieu sa protection. Comment peut-on être d’une arrogance et d’une irrévérence telles pour penser que l’argent et la technologie sont les seuls moyens de gérer ces catastrophes imprévisibles ?

L’homme ne peut pas tout résoudre seul. Il y a de nombreuses choses que l’humanité ne peut tout simplement pas gérer. En tant qu’êtres humains, nous sommes vulnérables, et malgré les efforts que nous faisons et que nous devons faire, nous sommes finalement dépendants de la miséricorde et de la volonté de Dieu. Ainsi, la prière apporte l’humilité, la discipline et la révérence.

En ce qui concerne la mort du procureur Alberto Nisman et l’attentat survenu en 1994 dans le centre juif AMIA-DAIA de Buenos Aires, avez-vous accès à de nouvelles preuves en tant que législateur ou en tant que ministre ?

Non, il y a une politique gouvernementale qui mentionne l’indépendance des affaires judiciaires face aux pouvoirs exécutif et législatif.

Une veillée à Buenos Aires pour le premier anniversaire de la mort du procureur Alberto Nisman, le 18 janvier 2016. (Crédit : Omer Musa Targal / Agence Anadolu / Getty Images)
Une veillée à Buenos Aires pour le premier anniversaire de la mort du procureur Alberto Nisman, le 18 janvier 2016. (Crédit : Omer Musa Targal / Agence Anadolu / Getty Images)

Vous n’avez donc pas été en mesure d’utiliser votre influence pour accélérer l’une ou l’autre de ces affaires ?

il y a un compromis clair que nous avons passé en tant que fonctionnaires. « Influencer » signifie offrir tous les outils nécessaires au tribunal pour mener une enqupête rapide et efficace, ce qui n’avait jamais été fait jusqu’à maintenant.

Sous l’ancienne administration, les juges et les procureurs subissaient des pressions et on tentait de les extorquer. Maintenant, c’est une situation différente. Le tribunal dispose de tout ce dont il a besoin, et nous devons simplement attendre de voir comment se déroulent les choses.

J’ai dit que Nisman avait été tué depuis le premier jour. Un suicide était totalement improbable. L’exécutif ne peut intervenir dans le processus judiciaire mais heureusement, l’enquête a été rouverte. Nous aurions simplement souhaité que ces dernières années au cours desquelles rien n’avait progressé n’aient pas été gaspillées.

L’Argentine s’est abstenue de voter la « résolution sur la Palestine occupée » à l’UNESCO le 13 octobre 2016. Comment avez-vous réagi à cette décision ?

La résolution est abominable. Je suis totalement en désaccord avec la décision prise par l’Argentine de s’abstenir car le pays aurait dû soutenir Israël. Ce n’est qu’une question de bon sens.

La commission chargée du patrimoine mondial de l'UNESCO vote une résolution ignorant les liens juifs et chrétiens à la Vieille Ville de Jérusalem à Paris, le 26 octobre 2016 (Capture d'écran : Site internet de l'UNESCO)
La commission chargée du patrimoine mondial de l’UNESCO vote une résolution ignorant les liens juifs et chrétiens à la Vieille Ville de Jérusalem à Paris, le 26 octobre 2016 (Capture d’écran : Site internet de l’UNESCO)

Il est complètement irrationnel de nier la connexion entre le peuple juif et Jérusalem mais nous devons prendre en compte le contexte. Il est important de se souvenir que dans le passé, l’Argentine a entretenu une relation forte avec l’Iran et le Venezuela — sans même mentionner son implication dans le meurtre de Nisman. Je pense ainsi que l’abstention est un premier pas en direction d’un changement politique positif même si, bien sûr, ce n’est pas suffisant.

En plus de cela, nous devrions redonner de la valeur et de l’intégrité à l’UNESCO, institution devenue un lobby pro-palestinien qui n’a plus rien à voir avec le service qu’elle était supposée offrir aux populations.

Avez-vous déjà discuté de cela avec le président ?

Oui, et j’ai également dit à la chancelière Susana Malcorra que la décision prise par l’Argentine sur la « résolution de la Palestine occupée » m’avait mis mal à l’aise.

J’ai fait la même chose lorsque Malcorra a déclaré que notre pays devait continuer à développer des relations commerciales avec l’Iran, en prétendant que nous avions un intérêt stratégique et cela malgré la culpabilité iranienne dans les attentats à la bombe commis au centre juif et à l’ambassade israélienne. Une fois encore, je lui ai fait savoir que je n’étais pas du tout d’accord.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, au centre, avec la ministre des Affaires étrangères de l'Argentine  Susana Malcorra, à droite, et le Secrétaire-général de Buenos Aires Fernando Strafe, à gauche, sur la San Martin Plaza, en Argentine, le 4 août 2016 (Crédit : département d'Etat américain)
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry, au centre, avec la ministre des Affaires étrangères de l’Argentine Susana Malcorra, à droite, et le Secrétaire-général de Buenos Aires Fernando Strafe, à gauche, sur la San Martin Plaza, en Argentine, le 4 août 2016 (Crédit : département d’Etat américain)

Quelle a été sa réponse ?

C’est une professionnelle. Elle a dit que la justice devait prévaloir – ce qui signifie traduire en justice les criminels iraniens – mais elle a également répondu que le commerce et les bonnes relations avec l’Iran ne devaient pas s’arrêter.

A mon avis, l’Argentine ne peut pas maintenir des relations avec un état qui soutient le terrorisme, même s’il s’agit d’une stratégie bonne en termes économique ou diplomatique. En ce qui concerne l’UNESCO, elle dit qu’il y a une forte pression qui est exercée sur nous. Je peux comprendre son positionnement mais je ne l’accepte pas.

Pensez-vous que l’Argentine désire améliorer ses relations avec Israël ?

A travers toute l’histoire de l’Argentine en tant que démocratie, il n’y a jamais eu un gouvernement plus ouvert à l’idée d’un rapprochement avec Israël que le gouvernement actuel.

J’ai participé à plusieurs projets, j’ai assisté à la Conférence internationale des maires en Israël aux côtés de Mauricio Macri et je peux dire qu’il s’est montré très enthousiaste face aux innovations technologiques et aux projets de start-ups en Israël.

Ce gouvernement pourrait ouvrir la voie à une relation prospère avec l’Etat juif sur la base de la médecine, des biotechnologies, de l’agro-industrie et des nouvelles technologies.

Benjamin Netanyahu rencontre des maires de grandes villes à la 29e Conférence Internationale des Maires, le 18 juin 2014 (Crédit : Haim Zach / GPO/Flash90)
Benjamin Netanyahu rencontre des maires de grandes villes à la 29e Conférence Internationale des Maires, le 18 juin 2014 (Crédit : Haim Zach / GPO/Flash90)

Ce n’est pas ce que j’appellerai un « gouvernement pro-israélien » mais je pense qu’il s’agit d’une administration rationnelle. N’importe quel gouvernement rationnel et moderne peut appréhender Israël en tant que source d’inspiration et en tant que partenaire stratégique.

Au ministère de l’Environnement et du Développement durable, les technologies israéliennes sont véritablement utiles aux projets énergétiques et de développement durable.

Pensez-vous vous présenter un jour à la présidence ?

Non. Je n’aurais jamais pensé devenir membre du Congrès, et encore moins ministre. Je suis à ce poste parce que le président m’a demandé de prendre la tête de ce ministère. Je ne l’ai jamais réclamé. J’ai soutenu Mauricio Macri parce que j’ai réalisé que ce parti politique était la dernière chance d’éviter la démagogie ou de terminer comme le Venezuela [qui vit actuellement de violentes agitations politiques qui ne cessent d’augmenter et une débâcle de son économie].

‘Nous ne devrions pas seulement dire aux jeunes de travailler dur pour un meilleur avenir, nous devrions leur dire : Vous avez un avenir meilleur et je fais de mon mieux pour que vous puissiez en profiter’

Quel genre de message donneriez-vous aux futures générations ?

Nous ne devrions pas seulement dire aux jeunes de travailler dur pour un meilleur avenir, nous devrions leur dire : « Vous avez un avenir meilleur et je fais de mon mieux pour que vous puissiez en profiter ».

Je sais que je ne vais pas être parfait mais, au moins, je pourrai conserver ma tranquillité d’esprit en sachant que lorsque mes enfants me remplaceront, ils auront les outils nécessaires pour le faire.

Je ne veux pas qu’ils me demandent : « Pourquoi n’as-tu pas saisi ta chance de participer et de régler les problèmes du pays alors qu’il était encore une démocratie ? » Et je ne veux pas devoir leur répondre que je suis resté à me plaindre et à protester, tout en restant confortablement assis sur mon canapé.

Je pense que nous, en tant que Juifs, avons une mission ultime qui est la rédemption, le messie. En plus de cela, nous sommes co-créateurs avec Dieu. Nous voulons – ou nous devrions vouloir – faire de ce monde un endroit meilleur. Je crois vraiment que nous ne devrions pas demander à Dieu où il est. Au contraire, nous devrions l’écouter en lui demandant si nous faisons ce que nous étions supposés faire avec tout ce qu’il nous a donné.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...