Seule la ‘chance’ a permis de corriger ‘l’échec des renseignements’ sur la Syrie
Rechercher

Seule la ‘chance’ a permis de corriger ‘l’échec des renseignements’ sur la Syrie

Alors qu’Israël a revendiqué la responsabilité de l’attaque contre le réacteur nucléaire, Tamir Pardo confirme qu'une équipe du Mossad avait obtenu de cruciales informations

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

L'ancien chef du Mossad Tamir Pardo parle à une conférence en mémoire de son prédécesseur à la tête de l'agence d'espionnage, Meir Dagan, le 21 mars 2018. (Tamir Bergig)
L'ancien chef du Mossad Tamir Pardo parle à une conférence en mémoire de son prédécesseur à la tête de l'agence d'espionnage, Meir Dagan, le 21 mars 2018. (Tamir Bergig)

L’ancien chef de l’espionnage israélien Tamir Pardo a confirmé mercredi que ce sont des agents du Mossad qui avaient découvert les renseignements qui ont mené à la frappe d’un réacteur nucléaire syrien en 2007, quelques heures après qu’Israël a officiellement revendiqué la responsabilité de ce raid audacieux.

« Une équipe d’agents du Mossad est parvenue à trouver ces informations, d’une manière qu’elle seule sait. Je n’en dirai pas plus que cela », a-t-il indiqué durant une conférence à la mémoire de son prédécesseur à la tête du Mossad, Meir Dagan, décédé en 2016.

Pardo a ajouté que cette découverte des agents du Mossad au milieu de l’année 2016 a corrigé un « échec résonnant des renseignements », se référant aux années passées avant qu’Israël n’ait la certitude de l’existence du réacteur.

« Cela a été une pure question de chance que ce groupe d’agents soient parvenus à rapporter ces informations », a-t-il dit.

Le réacteur nucléaire syrien al-Kibar avant, à gauche, et après, à droite, avoir été détruit par Israël, le 6 septembre 2007. (Tsahal)

Ces renseignements avaient amené Israël à conduire des frappes aériennes contre le site dans la nuit du 5 au 6 septembre 2007.

Pardo, qui était au courant de ces informations à l’époque et qui a été plus tard à la tête du Mossad, a critiqué la décision de mettre un terme au black-out des médias sur cet événement.

« Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose de diffuser des informations maintenant sur cette opération », a-t-il dit. « Peut-être il y a huit ans, ou peut-être dans seulement huit ans ».

L’ancien chef du Mossad a salué le Premier ministre de l’époque, Ehud Olmert, puis le ministre de la Défense Ehud Barak pour l’opération.

L’ancien Premier ministre Ehud Olmert prend la parole lors d’une conférence à Tel Aviv, le 7 février 2018. (Flash90)

« Olmert a rempli la mission au bon moment et Ehud Barak a fait un travail fantastique », a-t-il commenté.

Pardo a néanmoins critiqué avec force les deux leaders – sans les nommer toutefois – pour avoir transformé cette réussite en une « guerre d’egos », chacun d’entre eux tentant de s’attribuer le mérite de la décision de cette frappe.

« Chacun a tenté de diminuer les actions de l’autre », a-t-il dit.

Mercredi, Israël a officiellement reconnu avoir détruit le réacteur nucléaire al-Kibar à Deir Ezzor, mettant un terme à une interdiction longue d’une décennie des publications israéliennes concernant le raid.

L’ancien Premier ministre et ministre de la Défense Ehud Barak à la Conférence de Herzliya, le 16 juin 2016. (Crédit : Adi Cohen Zedek)
En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...