Israël en guerre - Jour 232

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Shabtaï accusé d’avoir utilisé la force pour impressionner Ben Gvir

Des officiers supérieurs ont affirmé que le comportement des manifestants ne justifiait pas l'usage d'une force excessive et de grenades incapacitantes


La police faisant face à des manifestants qui protestent contre le projet de réforme du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 1er mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

La police faisant face à des manifestants qui protestent contre le projet de réforme du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 1er mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Des officiers supérieurs auraient critiqué le chef de la police israélienne Kobi Shabtaï mercredi, l’accusant d’avoir autorisé le recours à la force excessive à l’encontre des manifestants anti-gouvernement afin de s’attirer les faveurs du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir.

La police chargée de sécuriser les grands rassemblements à travers Israël s’est heurtée aux manifestants mercredi, utilisant des grenades incapacitantes, des canons à eau et des officiers de la garde montée pour disperser les manifestants qui bloquaient les routes de Tel Aviv, alors que des milliers de personnes dans tout le pays exprimaient leur opposition face aux projets du gouvernement de remanier radicalement le système judiciaire.

Les affrontements, qui ont entraîné l’hospitalisation de plusieurs personnes, ont marqué un revirement agressif pour une force de police qui, jusqu’à présent, a surtout essayé de maintenir des liens pacifiques avec les manifestants anti-gouvernement qui organisent des marches hebdomadaires à Tel Aviv et dans le reste du pays.

« Il semble que le ministre ait fait pression sur le chef de la police – et on a vu le résultat dans les rues », a déclaré un haut responsable de la police, cité par le quotidien Haaretz.

Ben Gvir, considéré comme l’un des membres du cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu les plus extrémistes, a publiquement fait pression pour que la police ait la main plus lourde sur les rassemblements anti-gouvernement et soit plus souple avec les manifestants ultra-orthodoxes, entre autres. Son poste de ministre de la Sécurité nationale lui permet de superviser la police ; il a par ailleurs cherché à étendre ces pouvoirs afin d’avoir un plus grand contrôle sur les opérations de police.

Shabtaï, qui aurait accusé Ben Gvir d’avoir provoqué des émeutes en 2021, a cherché à maintenir de bonnes relations de travail avec le ministre tout en semblant repousser ses demandes jusqu’à présent.

Le député Itamar Ben Gvir, à gauche, et le chef de la police, Kobi Shabtaï, assistant à une réunion de la commission des Arrangements de la Knesset, à Jérusalem, le 14 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mais mercredi, Shabtaï a défendu les actions de la police, affirmant que plusieurs officiers avaient été blessés dans les affrontements avec les manifestants. Il a déclaré que la police s’engageait à autoriser les protestations et la liberté d’expression tant que les manifestants ne troublent pas l’ordre public.

« La violence contre les policiers, comme le fait de jeter des pierres ou autres objets sur des policiers est, pour moi, le franchissement d’une ligne, que nous ne tolérerons pas », a-t-il déclaré.

Mais les manifestants maintiennent qu’ils sont restés pacifiques et ont été malmenés sans provocation, une affirmation qui aurait été soutenue par certains officiers supérieurs et plusieurs vidéos.

« Vous n’utilisez les grenades incapacitantes que dans des cas extrêmes de violence grave de la part des manifestants contre la police », a déclaré un officier à Haaretz. « Ce n’était pas le cas dans la manifestation d’aujourd’hui. Les grenades incapacitantes sont incroyablement dangereuses, et on ne peut pas les utiliser contre des manifestants en plein Tel Aviv qui ne font rien d’autre que bloquer des routes ou forcer des barrages routiers. »

Selon un officier cité par Haaretz, l’une des raisons pour lesquelles la police a changé de tactique était l’absence du chef de la police de Tel Aviv, Ami Eshed, qui était en vacances, mais qui a supervisé la réponse de la police aux manifestations au cours du mois dernier.

« Cela ne serait jamais arrivé avec Eshed », a déclaré l’officier.

La police utilisant des grenades incapacitantes lors d’une manifestation contre le projet très controversé de réforme du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 1er mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Au moins 11 personnes blessées lors des affrontements avec la police à Tel-Aviv sont arrivées dans les hôpitaux pour soigner diverses contusions, coupures et brûlures. Un homme aurait même perdu une oreille, apparemment après avoir été touché par une grenade assourdissante.

Au moins 50 personnes ont été arrêtées dans ces manifestations qui ont attiré des milliers de personnes dans tout le pays bloquant des routes et perturbant le service ferroviaire. Sur une vidéo qui a été largement partagée en ligne, un agent de la police des frontières apparaît en train de maîtriser un homme en plaçant son genou sur sa nuque pour le maîtriser, aidé par ses collègues.

Des images de la scène qui a eu lieu à l’échangeur Hashalom, à Tel Aviv, montre la police utiliser des gaz lacrymogènes et des grenades incapacitantes, les manifestants scandant « vous devriez avoir honte ».

Peu de temps après, la police a commencé à utiliser des canons à eau pour tenter de disperser la foule.

Un officier qui a été filmé en train d’ordonner aux policiers sous son commandement d’utiliser la force – leur disant de « les envoyer en enfer » et a lui-même été vu en train de lancer une grenade assourdissante – a déclaré que les manifestants « ont presque tué [ses] officiers ».

« Je suis très déçu par les manifestants », a déclaré l’officier Meïr Suissa, cité par la Douzième chaîne.

« J’ai été à leurs côtés huit semaines durant, épaule contre épaule, mais aujourd’hui ils ont presque tué mes officiers. Ils sont arrivés avec des couteaux, ont coupé les attaches, franchi des barricades, ont jeté des barres de fer sur mes officiers », a-t-il déclaré.

Suissa a déclaré que la hiérarchie de la police le soutenait totalement dans ses actions.

Des Israéliens tentant de franchir une barricade de la police alors qu’ils protestent contre la réforme du système judiciaire prévue par le gouvernement, à Tel Aviv, le 1er mars 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Alors que la police affrontait ardemment les manifestants, Ben Gvir était présent au centre de Commandement de la police, faisant une réunion d’évaluation de la situation avec des officiers supérieurs.

Ben Gvir a soutenu les initiatives prises par les policiers, disant aux responsables qu’il devait y avoir « zéro tolérance à l’égard des anarchistes ».

Le ministre, dans ses propos, a évoqué spécifiquement les manifestants « qui attaquent des policiers, qui franchissent des barricades posées par les forces de l’ordre et qui prônent l’anarchie ».

Avant les manifestations, le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a appelé les forces de l’ordre à permettre aux manifestants de se rassembler pacifiquement, recommandant vivement au chef de la police « d’ignorer les initiatives politiques dangereuses et irresponsables de Ben Gvir qui veut encore davantage enflammer la situation ».

Netanyahu avait déjà émis, dans la journée, un communiqué condamnant « l’anarchie » des manifestants et soutenant l’appel de Ben Gvir à la tolérance zéro contre les protestataires qui bloquaient les routes.

« Nous n’accepterons pas la violence contre les policiers, le blocage des routes et les violations flagrantes des lois », a déclaré Netanyahu dans un communiqué. « Le droit de manifester n’équivaut pas au droit à l’anarchie. »

La police montée s’opposant aux manifestants qui protestent contre le projet de réforme du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 1er mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Netanyahu a affirmé qu’il accordait pleinement « son soutien au ministre de la Sécurité nationale, Ben Gvir, ainsi qu’au chef de la police et aux policiers, qui travaillent contre ceux qui violent la loi et perturbent la vie des citoyens israéliens ».

Un porte-parole de la police a déclaré à Haaretz que la décision de recourir à la force était une réponse à la violence des manifestants.

« Aujourd’hui, nous avons assisté à une escalade de la violence des manifestants envers la police alors qu’ils tentaient de franchir les barricades en direction de [l’autoroute] Ayalon… Le chef de la police a donc donné l’ordre d’envoyer des officiers de la garde montée et d’utiliser des moyens pour repousser les manifestants vers la rue Kaplan », a déclaré le porte-parole. « Nous autorisons les protestations mais pas la violence. »

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