« Si les Séfarades avaient créé Israël, ce serait juste un autre Etat arabe »
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« Si les Séfarades avaient créé Israël, ce serait juste un autre Etat arabe »

Eli Moyal, ancien maire de Sdérot, affirme que les Juifs d'Afrique du Nord ont dû en payer le prix mais qu’ils ont obtenu un Etat, l'indépendance et la démocratie

Eli Moyal, alors maire de Sderot (à droite), accueille l'ancien président Shimon Peres, en 2007 (Edi Israel / Flash90)
Eli Moyal, alors maire de Sderot (à droite), accueille l'ancien président Shimon Peres, en 2007 (Edi Israel / Flash90)

Un ancien maire est sous le feu des critiques pour avoir déclaré ce lundi que si des Juifs d’Afrique du Nord avaient fondé l’Etat d’Israël, ce ne serait qu’un « autre Etat arabe » et que le racisme de certains des fondateurs occidentaux du pays avait été un prix nécessaire à payer.

Eli Moyal, maire de la ville de Sderot, dans le sud du pays, de 1998 à 2008, s’exprimait lors d’une interview dans laquelle il s’opposait aux appels à changer les noms de rues honorant les premiers fondateurs ashkénazes qui appliquaient des politiques racistes à l’encontre des Juifs d’Afrique du Nord.

« Il était bon que les Ashkénazes accueillent les Séfarades [au pays] et non l’inverse, car sinon nous aurions établi un autre Etat arabe au Moyen-Orient », a-t-il déclaré à Radio Darom.

« Nous devrions dire la vérité et nous regarder dans le miroir : combien d’universités y avait-il au Maroc ? Que connaissions-nous du monde développé ? », a-t-il déclaré. « Si les Séfarades avaient été les premiers immigrants, il y aurait une autre infâme monarchie au Moyen-Orient. »

Moyal est né dans un petit village du Maroc en 1953 et a émigré en Israël avec sa famille quatre ans plus tard. Il a affirmé avec emphase que le prix que les Juifs séfarades avaient eu à payer en valait la peine.

« Nous avons un Etat, l’indépendance et la démocratie », a-t-il déclaré. « Quand vous changez de culture, la première et la deuxième génération en paient le prix – c’est ainsi que le monde fonctionne et personne ne peut s’y opposer. »

Moyal a été violemment critiqué à l’antenne ainsi que sur les réseaux sociaux et a été accusé de racisme.

Moyal s’opposait aux appels à changer les noms de rues suite à la sortie d’une série télévisée inspirée du film « Le péché ancestral » (« Sallah, Po Ze Eretz Yisrael »), sorti en 2017, qui illustrait les politiques discriminatoires durant les deux premières décennies de l’Etat contre les Juifs d’Afrique du Nord, et en particulier les Marocains.

La semaine dernière, la ville de Netanya a décidé de changer le nom d’une rue nommée Giora Yoseftal, qui a dirigé plusieurs ministères dans les années 1950 et 1960.

La Mizrahi Democratic Rainbow Coalition, une organisation qui milite en faveur des Juifs séfarades, a envoyé une lettre aux 120 membres de la Knesset appelant à renommer les rues et les institutions. L’association s’attaquait notamment à Chaim Sheba, un médecin d’origine européenne qui a été nommé directeur général du ministère de la Santé et qui a fondé le centre médical Sheba.

Il était impliqué dans l’affaire dite des enfants de la teigne, quand 20 000 à 200 000 Juifs, principalement de nouveaux immigrants originaires d’Afrique du Nord, ont été traités contre la tinea capitis (la teigne du cuir chevelu) avec des radiations à la tête et au cou – la norme au niveau mondial à l’époque, mais qui a causé des cancers de la peau. L’affaire est présentée comme l’une des injustices perpétrées à l’encontre des Juifs séfarades.

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