Six femmes accusent Dan Margalit d’agression sexuelle et de harcèlement
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Six femmes accusent Dan Margalit d’agression sexuelle et de harcèlement

Haartez révèle les accusations à l'encontre de Dan Margalit, écrivain et animateur de télévision, qui fut dans le passé, l'un des rédacteurs principaux du quotidien

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le journaliste israélien Dan Margalit à Tel Aviv, le 4 mars 2017 (Crédit :  Gideon Markowicz/POOL)
Le journaliste israélien Dan Margalit à Tel Aviv, le 4 mars 2017 (Crédit : Gideon Markowicz/POOL)

Six femmes ont accusé l’éminent journaliste israélien Dan Margalit de comportements sexuels répréhensibles, notamment d’agressions physiques et de harcèlement.

Haartez a fait savoir, mercredi matin, que cinq femmes ont affirmé que Margalit les avait agressées. L’article mentionne les accusations de Hannah Kim, ancienne journaliste à Hair, à la chaîne Hadashot et à Haaretz.

Orit Shohat, ancienne journaliste à Haaretz elle aussi, raconte son histoire au journal, aux côtés de trois autres femmes qui ont demandé à ne pas être nommées.

Quelques heures après la publication de l’article de Haaretz, une autre femme – qui a demandé à conserver l’anonymat – a déclaré à Radio103 avoir été agressée par Margalit dans une voiture, alors qu’il la ramenait chez elle.

Margalit, âgé de 80 ans, a été l’une des principales plumes pour Haaretz dans le passé, et il continue aujourd’hui à écrire des tribunes pour le journal. Animateur de télévision et écrivain, il a également travaillé pour d’autres médias en ligne et de presse écrite au fil des années.

Toutes les femmes en question ont livré des récits d’incidents similaires qui seraient survenus dans les années 1980 et 1990. Margalit, selon les victimes, choisissait les moments où il se trouvait seul avec elles dans une pièce. Il les bloquait alors contre un mur ou contre un lourd objet, puis il poussait avec force son corps contre le leur. Il arrivait aussi que Margalit exhibe son pénis, ont raconté certaines femmes.

Kim et une autre femme qui n’a pas été identifiée dans l’article ont passé l’épreuve du détecteur de mensonges à la demande de Haaretz.

Marglit a nié toutes ces accusations dans une déclaration faite au journal.

Kim avait initialement partagé son récit dans un post publié sur Facebook, il y a deux semaines, dans le cadre de la campagne #Ididntcomplain contre les agressions et le harcèlement sexuel. Kim n’avait pas donné l’identité de son agresseur à ce moment-là.

La journaliste israélienne Hannah Kim. (Crédit : Facebook)

Se confiant à Haaretz, elle se souvient d’une occasion où Margalit l’avait coincée alors qu’elle se trouvait seule dans une salle fréquentée par les journalistes à la Knesset. Exhibant son pénis, il s’était pressé contre elle qui se trouvait donc bloquée contre le mur. L’incident s’était achevé quand un autre journaliste était entré dans la pièce.

« Ce traumatisme brûle encore aujourd’hui », dit Kim, qui note qu’il n’y a jamais eu, par ailleurs, de lien personnel ou particulier entre elle et le journaliste. « C’était un cauchemar. Avant tout, parce que j’avais peur et parce que c’est difficile pour moi de l’admettre. En ce qui me concerne, je considère que cet incident a frôlé le viol ».

Kim aurait raconté son histoire à plusieurs personnes ces dernières années. Quatre ont confirmé auprès du journal l’avoir entendue dans le passé.

Au moment où les faits se sont produits, elle n’a pas voulu rapporter l’incident parce qu’elle ne voulait pas passer pour une « râleuse », raconte-t-elle, mais la campagne #Ididntcomplain l’a encouragée à s’exprimer.

Shohat a décrit deux incidents similaires, l’un dans les locaux de Haaretz et l’autre à la Knesset.

« Il m’a poussée contre une table, il a placé son corps contre le mien jusqu’à ce que je le repousse et que je lui dise clairement que cela ne se reproduirait pas », dit Shohat, commentant l’incident survenu à la Knesset. Elle ajoute que lorsqu’elle a raconté ce qui s’était passé à une autre femme journaliste, cette dernière s’est souvenue d’une expérience identique.

Sur les trois autres femmes, qui ont toutes demandé à conserver l’anonymat, l’une se souvient avoir été bloquée par Margalit qui avait tenté de l’embrasser – elle était alors âgée d’une vingtaine d’années. Selon l’article, elle était parvenue à échapper à Margalit et lui avait dit qu’elle avait un petit ami. Il lui avait alors répondu que lui aussi avait une partenaire et que cela ne devait pas les « arrêter ». Elle serait passée au détecteur de mensonges.

Pour les deux autres femmes qui ont lancé des accusations, l’une affirme que Margalit lui a montré son pénis pendant une réunion de travail, et l’autre a indiqué que lorsqu’elle l’a rencontré pour évoquer une émission de télévision qu’il était chargé d’animer, il l’a dévisagé avec insistance tout en tenant des propos suggestifs lourdement connotés sexuellement.

Margalit a écrit dans un communiqué transmis à Haaretz qu’il « n’y a aucune vérité dans les accusations soulevées à mon encontre qui mettent en cause des incidents qui sont arrivés il y a plus de 30 ans. Je n’ai pas l’intention de consacrer les années qu’il me reste à me battre dans une querelle injustifiée aujourd’hui, avec l’ambiance qui prévaut dorénavant ».

En 2016, le journaliste vétéran Ari Shavit avait démissionné de Haaretz suite à des accusations d’agression sexuelle lancées par une journaliste juive américaine et par une autre femme.

Au mois de novembre 2015, Yinon Magal avait démissionné de la Knesset, accusé d’agressions sexuelles lorsqu’il était à la tête du site d’information Walla. Le bureau du procureur du district de Tel Aviv avait annoncé au mois de février suivant, avoir arrêté l’enquête sur Magal, la police n’ayant pas trouvé suffisamment de preuves pour recommander une inculpation.

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