SpaceX reporte le lancement très attendu de Starship
Le compte à rebours a été interrompu par des problèmes techniques, un jour après le dépôt du dossier d’introduction en bourse de la société d’Elon Musk prévu pour juin
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SOUTH PADRE ISLAND – SpaceX, la société d’Elon Musk, a reporté le lancement très attendu de la nouvelle version de sa méga-fusée Starship, annulant le vol d’essai prévu jeudi après plusieurs interruptions et redémarrages du compte à rebours.
L’entreprise envisage désormais une nouvelle tentative vendredi, pour le lancement de la troisième génération de sa fusée géante, a indiqué le porte-parole de SpaceX, Dan Huot, lors de la retransmission en direct.
Cette mission d’essai intervient à un moment crucial pour l’entreprise spatiale, qui prépare une introduction en bourse très attendue.
Après plusieurs arrêts et reprises du compte à rebours, Huot a expliqué que les ingénieurs ne seraient pas en mesure de résoudre à temps les problèmes techniques de dernière minute afin de permettre un décollage jeudi.
Musk a rapidement publié un message sur X expliquant que « la goupille hydraulique maintenant le bras de la tour en position ne s’est pas rétractée ».
« Si le problème peut être réparé ce soir », l’entreprise tentera un nouveau lancement vendredi à 17 h 30, heure locale, a ajouté le géant de la technologie.
Cette tentative avortée depuis le site de lancement du sud du Texas intervient un jour après que SpaceX a déposé auprès des autorités boursières américaines son dossier d’introduction en bourse, prévue dès le mois de juin dans le cadre de ce qui pourrait devenir l’une des plus importantes IPO de l’histoire.
Ce dossier fournit aux investisseurs potentiels des informations financières détaillées, ainsi que les facteurs de risque et la stratégie commerciale de l’entreprise.
Le lancement doit permettre de mesurer les progrès réalisés par SpaceX dans le développement de Starship, élément central de ses ambitions spatiales ainsi que du programme Artemis de la NASA visant à ramener des astronautes sur la Lune.
Il s’agit du 12ᵉ vol de Starship, mais du premier depuis sept mois.
Cette nouvelle version est plus grande que la précédente, avec une hauteur de plus de 124 mètres une fois entièrement assemblée.
L’entreprise, qui ambitionne de faire de Starship un système entièrement réutilisable, affirme que l’objectif principal de cette mission est de valider en vol les modifications techniques apportées à l’appareil.
Il est prévu que le propulseur dit « Super Heavy » amerrisse au large des côtes.
L’étage supérieur doit déployer une charge utile composée de 20 satellites factices ainsi que de deux « satellites Starlink spécialement modifiés » équipés de caméras destinées à analyser le bouclier thermique du vaisseau.
La mission d’essai doit durer environ 65 minutes après le décollage. L’étage supérieur suivra une trajectoire suborbitale avant un amerrissage prévu dans l’océan Indien, si tout se déroule comme prévu.
Les derniers vols d’essai de Starship ont été partiellement concluants.
Mais plusieurs essais précédents se sont soldés par des explosions spectaculaires, dont deux au-dessus des Caraïbes et une autre après avoir atteint l’espace. En juin dernier, l’étage supérieur avait également explosé lors d’un essai statique au sol.
Des enjeux « colossaux »
Ce vol d’essai intervient à un moment crucial pour SpaceX, alors que Musk prépare une introduction en bourse très attendue et que la NASA attend toujours le développement d’un alunisseur lunaire opérationnel.
SpaceX a conclu un contrat avec la NASA pour développer une version modifiée de Starship destinée à servir de système d’alunissage habité.
Le programme Artemis de l’agence spatiale américaine vise à permettre le retour d’astronautes sur la Lune ; la Chine, quant à elle, poursuit son propre programme et ambitionne une première mission lunaire habitée d’ici 2030.
Et au vu des retards accumulés par le secteur privé, l’inquiétude grandit au sein de l’administration du président américain Donald Trump quant à la possibilité que les États-Unis puissent ne pas être les premiers à y parvenir.
Le physicien G. Scott Hubbard, ancien directeur du centre de recherche Ames de la NASA, a déclaré à l’AFP que « l’enjeu est colossal » pour ce nouveau test de Starship.
« Le gouvernement a fait le choix d’attribuer ces contrats de système d’alunissage habité au secteur privé. Désormais, ces entreprises doivent être capables de tenir leurs engagements. »
SpaceX et son rival Blue Origin, l’entreprise de Jeff Bezos, également en lice pour développer un alunisseur lunaire, ont tous deux réorienté leurs priorités afin d’accélérer leurs programmes lunaires.
La NASA prévoit de tester en 2027 un rendez-vous orbital entre le vaisseau spatial et un ou deux modules d’alunissage, avant une mission habitée sur la surface lunaire d’ici fin 2028.
Mais de nombreux obstacles restent à surmonter, et plusieurs experts du secteur ont exprimé leur scepticisme quant à la capacité de SpaceX et Blue Origin à respecter ce calendrier.
L’un des principaux défis consiste à démontrer la capacité de ravitaillement en orbite avec du propergol cryogénique, une étape essentielle, mais encore jamais réalisée pour les missions dans l’espace lointain.
« Espérons qu’ils y parviennent », a déclaré Hubbard. « Mais il s’agit d’un défi technique majeur. »
La NASA doit présenter mardi une mise à jour de ses projets d’exploration lunaire.
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