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Steinmeier: « Honteux » que Berlin ait mis 50 ans pour indemniser les proches des victimes des JO de Munich

Herzog a déclaré qu’il espérait que l’accord allemand d’indemnisation contribuerait à « amener cet épisode douloureux vers un lieu de guérison »

Frank-Walter Steinmeier prononce un discours à la veille des 50 ans de l'attentat meurtrier qui a tué 11 athlètes israéliens aux JO de Munich de 1972. (Crédit : capture d'écran YouTube AFP)
Frank-Walter Steinmeier prononce un discours à la veille des 50 ans de l'attentat meurtrier qui a tué 11 athlètes israéliens aux JO de Munich de 1972. (Crédit : capture d'écran YouTube AFP)

Le chef de l’Etat allemand, Frank-Walter Steinmeier, a reconnu dimanche qu’il était « honteux » que l’Allemagne ait mis 50 ans à conclure un accord d’indemnisation des proches des victimes israéliennes de la prise d’otages lors des Jeux olympiques de Munich en 1972.

« Qu’il ait fallu 50 ans pour arriver à cette réconciliation ces derniers jours est vraiment honteux », a admis M. Steinmeier devant le président israélien, Isaac Herzog, qu’il recevait lors d’une visite officielle à l’occasion des commémorations de ce drame prévues lundi.

Après des décennies de négociations confidentielles, le gouvernement allemand a annoncé mercredi un accord sur les indemnisations, in extremis avant les cérémonies que les familles des victimes avaient menacées de boycotter.

Ces dernières jugeaient jusqu’alors trop faibles les montants proposés par Berlin.

Le chef de l’Etat allemand et son homologue israélien seront présents aux commémorations prévues lundi à Munich.

M. Steinmeier a indiqué dimanche qu’il comptait reconnaître « certaines erreurs de jugement, certains comportements erronés, certaines fautes commises » par les autorités de son pays autour de cette tragédie. Dont « le refoulement et l’oubli » pendant les 50 ans qui ont suivi la prise d’otages, a-t-il ajouté.

Lors d’une rencontre à Berlin avec son homologue allemand, le président Isaac Herzog a déclaré qu’il espérait que l’accord allemand d’indemnisation des familles des 11 Israéliens assassinés par des terroristes palestiniens lors des Jeux olympiques de Munich en 1972 contribuerait à « amener cet épisode douloureux vers un lieu de guérison. »

Le président Isaac Herzog (G) serre la main de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier au palais présidentiel à Berlin, le 4 septembre 2022. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

« Je vous remercie pour votre engagement moral inlassable en faveur de la justice historique, un engagement qui s’est traduit par votre implication personnelle et qui a finalement abouti à une avancée, fondée sur la prise de responsabilité du gouvernement allemand pour les défaillances en matière de sécurité et de sauvetage, une enquête historique exhaustive et l’indemnisation des familles endeuillées », a déclaré Herzog au président allemand Frank-Walter Steinmeier lors d’une conférence de presse après leur rencontre.

« J’apprécie et respecte vos efforts pour amener cet épisode douloureux vers un lieu de guérison, et j’espère qu’à partir de maintenant, nous continuerons à nous souvenir, à invoquer et surtout à réaffirmer les leçons de cette tragédie, y compris l’importance de la lutte contre la terreur, pour les générations futures », a ajouté Herzog.

Il a également mis en garde contre l’Iran, qui négocie actuellement avec les puissances mondiales – dont l’Allemagne – un nouvel accord nucléaire.

« L’Iran a prouvé qu’on ne pouvait pas lui faire confiance. L’Iran a prouvé qu’il était une menace pour l’ordre mondial. L’Iran a prouvé qu’il n’a aucun scrupule à semer la terreur, la mort et un comportement violent qui menace la stabilité mondiale », a déclaré Herzog.

« L’État d’Israël ne peut accepter que son existence soit menacée. Israël se dressera et défendra avec assurance et puissance ses citoyens et ses communautés juives dans le monde entier. Nous attendons de nos alliés qu’ils se tiennent fermement à nos côtés en cette heure », a-t-il ajouté.

Le 5 septembre 1972, huit membres de l’organisation terroriste palestinienne « Septembre noir » avaient pénétré dans un appartement de la délégation israélienne au village olympique, tuant deux athlètes israéliens et prenant neuf autres membres de la délégation en otage, afin de les échanger contre 232 prisonniers palestiniens.

L’intervention des services de sécurité allemands s’était achevée par la mort de tous les otages, un dénouement sanglant dont les autorités ouest-allemandes ont été tenues en partie responsables. Cinq terroristes palestiniens avaient été abattus et trois autres arrêtés.

Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Yair Lapid (à droite), rencontre le chancelier allemand Olaf Scholz à Jérusalem, le 2 mars 2022. (Crédit : GPO)

Le gouvernement d’Olaf Scholz a accepté de débloquer une enveloppe de 28 millions d’euros, en partie versée par la Bavière et la ville de Munich. Pour la première fois, l’État allemand a reconnu sa « responsabilité » dans les manquements qui ont conduit au fiasco policier.

Des documents vont aussi être déclassifiés pour permettre aux historiens allemands et israéliens de se saisir du sujet.

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