Stephen Bannon : 5 éléments que les juifs doivent savoir
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Stephen Bannon : 5 éléments que les juifs doivent savoir

Un aperçu de l’ancien rédacteur en chef de Breitbart News, accusé d’antisémitisme, et qui est devenu le stratège en chef de Donald Trump

Stephen Bannon pendant le discours de Donald Trump, alors candidat républicain à l'élection présidentielle américaine, pendant le dernier meeting de la campagne, à Grand Rapids, Michigan, le 7 novembre 2016. (Crédit : AFP/Mandel Ngan)
Stephen Bannon pendant le discours de Donald Trump, alors candidat républicain à l'élection présidentielle américaine, pendant le dernier meeting de la campagne, à Grand Rapids, Michigan, le 7 novembre 2016. (Crédit : AFP/Mandel Ngan)

JTA – Dimanche, le président américain élu Donald Trump a nommé Stephen Bannon stratège en chef. Avant de rejoindre la campagne Trump, Bannon était le président de Breitbart News, un site imprégné de théories du complot et d’idéologies suprématistes blanches, antisémites, et de la droite dite alternative.

Bannon a également été accusé d’avoir lui-même prononcé des remarques antisémites.

La Ligue anti-diffamation (ADL) a fustigé la nomination de Bannon. Son directeur général, Jonathan Greenblatt, a déclaré qu’il était « hostile aux valeurs américaines fondamentales ».

Voici cinq éléments qu’il faut connaître sur Bannon, un homme qui aura l’oreille du président des Etats-Unis.

Le site de Bannon a publié de nombreux articles accusés d’antisémitisme

Breitbart News, l’un des médias les plus farouchement pro-Trump de la campagne électorale, a été accusé de racisme et d’islamophobie. Des détracteurs juifs l’ont également accusé d’antisémitisme.

En mai, Breitbart avait publié un article dont le titre appelait l’auteur, le conservateur anti-Trump Bill Kristol, un « juif renégat ».

L’article, écrit par le militant conservateur David Horowitz, affirmait que Kristol menait un « petit mais riche groupe d’initiés de Washington », qui voulait ébranler Trump, même s’il avait obtenu l’investiture du parti républicain.

Horowitz, lui-même juif, avait également accusé le plan de Kristol de mettre Israël en danger en permettant à Hillary Clinton de remporter l’élection. (Ses défenseurs ont souligné que l’article défendait les intérêts juifs, malgré son titre provocateur.)

Stephen Bannon en septembre 2013. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Stephen Bannon en septembre 2013. (Crédit : capture d’écran YouTube)

En septembre, un autre article publié par Breitbart accusait une auteure juive anti-Trump, Anne Applebaum, du Washington Post, de participer à l’orchestration de « tentatives visant à imposer une vision du monde mondialisée aux populations qui la rejettent », aux côtés d’une coalition comprenant notamment George Soros, une des cibles juives préférées de la droite alternative.

« Il n’y a rien de pire qu’une élitiste américaine juive polonaise méprisante », continuait l’article.

Breitbart n’a pas supprimé certains commentaires ouvertement antisémites de l’article, dont l’un disant « Heil Hitler ».

Bannon aurait dit que les juifs sont des « pleurnichards »

Son ex-femme a affirmé pendant une déclaration sous serment en 2007 que Bannon avait fait trois remarques antisémites distinctes pendant qu’ils choisissaient une école pour leurs filles. Son ex-femme, qui a aussi accusé Bannon de l’avoir attaquée, a fait cette déclaration pendant leur procédure de divorce.

A un moment, selon NBC News, Bannon a demandé au directeur d’une école « pourquoi y a-t-il tant de livres sur Hanoukka dans la bibliothèque. »

Dans une autre école, selon son ex-femme, Bannon « m’a demandée si cela m’ennuyait que l’école ait été auparavant une synagogue. J’ai dit que non, et demandé pourquoi il demandait… Il n’a pas répondu. »

Le président élu Donald Trump, entouré de sa famille, s'adresse à ses partisans le soir de l'élection à New York, le 9 novembre 2016. (Crédit : AFP/Timothy A. Clary)
Le président élu Donald Trump, entouré de sa famille, s’adresse à ses partisans le soir de l’élection à New York, le 9 novembre 2016. (Crédit : AFP/Timothy A. Clary)

A la troisième école, l’Archer School for Girls, Bannon « a continué en disant que le plus gros problème qu’il avait avec Archer était le nombre de juives qui y étaient inscrites. Il a dit qu’il n’aimait pas les juifs, et qu’il n’aimait pas leur manière d’élever leurs enfants pour être des ‘pleurnichards’, et qu’il ne voulait pas que les filles aillent à l’école avec des juifs. »

La porte-parole de Bannon a démenti ses accusations dans un communiqué adressé à NBC News.

« A l’époque, M. Bannon n’a jamais rien dit de pareil et a envoyé avec fierté ses filles à Archer pour leur collège et leur lycée », a-t-elle déclaré.

En plus des accusations d’antisémitisme, un article du magazine de gauche Mother Jones l’a qualifié de « défenseur des plus ardents extrémistes anti-musulmans » parce qu’il avait fait venir des invités anti-musulmans dans son émission de radio.

Selon Bannon, Breitbart est le représentant de la droite alternative nationaliste blanche

Quand il travaillait toujours pour Breitbart, Bannon a déclaré en août à Mother Jones « nous sommes la plate-forme de la droite alternative ».

La droite alternative, un mouvement peu défini qui a attiré l’attention pendant la campagne électorale, promeut un nationalisme blanc et a été accusé de racisme, d’islamophobie et d’antisémitisme.

La droite alternative « englobe une gamme d’individus de l’extrême-droite qui rejettent le conservatisme classique et lui préfère des formes de conservatisme qui adoptent implicitement ou explicitement le racisme ou la suprématie blanche, selon l’ADL. Les personnes qui s’identifient à la droite alternative perçoivent les conservatismes traditionnel ou classique comme faibles et impuissants, principalement parce qu’ils ne soutiennent pas suffisamment le racisme et l’antisémitisme. »

Joel Pollak, éditeur juif de Breitbart, a défendu Bannon sur Facebook lundi.

Il a déclaré que les accusations contre Bannon était une « diffamation ». Son post affirme également que Bannon est une personne « sans une once de préjugés antisémites, qui a travaillé étroitement avec des juifs et a lancé un site internet pro-Israël. »

Bannon a des liens avec l’extrême-droite européenne

En plus de promouvoir le populisme de droite aux Etats-Unis, Bannon a des liens avec les partis populistes de l’extrême-droite européenne.

Il a invité Marion Maréchal – Le Pen, star montante du Front national (FN), à travailler avec Trump.

La présidente du Front national, parti d'extrême droite, Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse, le 25 mars 2014. (Crédit : AFP/Pierre Andrieu)
La présidente du Front national, parti d’extrême droite, Marine Le Pen, lors d’une conférence de presse, le 25 mars 2014. (Crédit : AFP/Pierre Andrieu)

De plus, Bannon est lié à Nigel Farage, président du parti de l’indépendance du Royaume-Uni, un parti d’extrême-droite.

Farage était l’invité de Bannon pendant la Conférence d’action politique conservatrice en 2015, une importante conférence conservatrice américaine.

Des républicains ont dénoncé la nomination de Bannon

Ce n’est pas parce que Bannon conseillera le prochain président républicain que tous les républicains l’apprécient.

Dimanche, le stratège républicain John Weaver a dit que Bannon appartenait à « la droite extrême, raciste, fasciste ».

Ana Navarro, ancienne stratège républicaine, a déclaré qu’il était un « type suprématiste blanc, anti-gay, antisémite, vindicatif et effrayant. »

Reince Priebus, le futur directeur de cabinet de Trump, a défendu Bannon pendant l’émission « Good morning America ».

« Je ne sais pas d’où cela vient. Ce n’est pas le Steve Bannon que je connais, a déclaré Preibus. Je suis avec lui depuis des mois. Je n’ai jamais, jamais, pas une seule fois, expérimenté cela. »

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