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Sullivan et Kohavi discutent de la menace iranienne et des violences en Cisjordanie

Le conseiller de Biden et le chef de Tsahal ont parlé des mesures nécessaires pour désamorcer la situation sécuritaire, le premier soulignant son soutien à la solution à 2 États

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le chef d'état-major de Tsahal Aviv Kohavi (à gauche) et le conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis Jake Sullivan se rencontrent à Washington le 23 juin 2021. (Crédit : Armée israélienne)
Le chef d'état-major de Tsahal Aviv Kohavi (à gauche) et le conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis Jake Sullivan se rencontrent à Washington le 23 juin 2021. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, a discuté des menaces posées par l’Iran ainsi que de la situation sécuritaire fragile en Cisjordanie lors de sa rencontre à la Maison Blanche avec le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a déclaré lundi l’administration Biden.

Kohavi, dans la capitale pour une visite de cinq jours, a rencontré de hauts responsables de la sécurité américaine afin de discuter des efforts de coordination contre l’Iran.

L’administration Biden a tenu à aborder la situation en Cisjordanie, craignant qu’une perte de contrôle de l’Autorité palestinienne (AP), sur fond de répression, par Tsahal, des activités terroristes palestiniennes et de violence des habitants des implantations, ne compromette davantage les perspectives déjà très largement réduites d’une solution à deux États.

« Les deux hommes ont discuté de l’importance de prendre des mesures pour désamorcer la situation sécuritaire en Cisjordanie, et Sullivan a réaffirmé qu’une solution négociée à deux États restait la meilleure voie pour parvenir à une paix durable », selon le communiqué de la Maison Blanche.

Tsahal n’a pas encore fait de déclaration sur cette rencontre.

La semaine dernière, le secrétaire d’État adjoint américain aux affaires israéliennes et palestiniennes, Hady Amr, s’est rendu dans la région et a exhorté les responsables israéliens de la sécurité à prendre des mesures pour renforcer l’AP, car les inquiétudes grandissent de voir cette dernière sur le point de sombrer, a déclaré un responsable au Times of Israel.

Les forces de sécurité israéliennes déployant des moyens de dispersion des émeutes au milieu d’altercations entre Israéliens et Palestiniens, alors qu’ils se rendent sur la tombe d’Othniel dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, le 19 novembre 2022. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

Amr a déclaré que les États-Unis comptaient sur Israël pour faire avancer les projets sur lesquels il s’était engagé précédemment afin d’améliorer les moyens de subsistance des Palestiniens et de renforcer l’économie palestinienne, a indiqué le responsable.

Les préoccupations de Amr font écho à celles du chef du Shin Bet, Ronen Bar, qui a également averti la semaine dernière le Premier ministre désigné Benjamin Netanyahu que l’AP pourrait tomber, entraînant une détérioration de la sécurité.

Le compte-rendu américain de la réunion de lundi entre Sullivan et Kohavi indique que les deux hommes « ont réaffirmé leur détermination commune à relever les défis sécuritaires qui touchent le Moyen-Orient, y compris les menaces posées par l’Iran et ses mandataires ».

« Sullivan a affirmé l’engagement du président à veiller à ce que l’Iran ne se dote jamais d’une arme nucléaire », ajoute le communiqué.

Les États-Unis et Israël ne sont pas en phase sur la question de l’Iran, Jérusalem s’opposant aux tentatives de l’administration Biden de relancer l’accord nucléaire entre Téhéran et les puissances mondiales, qui prévoyait des allégements de sanctions en échange de restrictions du programme nucléaire de la République islamique.

Ce désaccord est toutefois moins significatif ces derniers temps, les pourparlers nucléaires s’étant essoufflés et les États-Unis préférant se concentrer sur les manifestations civiles en cours en Iran contre le régime.

Le commandant américain des chefs d’état-major interarmées Mark Milley, à gauche, remet la Légion du Mérite au chef d’état-major de Tsahal Aviv Kohavi, le 21 novembre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Entre-temps, Israël a fait pression sur les États-Unis pour qu’ils préparent des plans d’urgence militaires visant à empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire. Le président américain Joe Biden a déclaré qu’il était prêt à recourir à la force militaire si nécessaire, mais qu’il préférait d’abord épuiser la voie diplomatique.

Plus tôt lundi, Kohavi a rencontré le commandant des chefs d’état-major interarmées américain, Mark Milley, qui a remis à son homologue israélien le grade de commandeur de la Légion du mérite.

La Légion du mérite peut être décernée par l’armée américaine à des responsables militaires et politiques étrangers qui se sont « distingués par une conduite extraordinairement méritoire dans l’accomplissement de services exceptionnels », selon la loi américaine. Il s’agit de la sixième plus haute distinction que les États-Unis peuvent décerner à un citoyen américain.

Les anciens chefs d’état-major de Tsahal, Gadi Eizenkot, Benny Gantz et Gabi Ashkenazi, ont également reçu la Légion du Mérite lorsqu’ils étaient à la tête de l’armée israélienne.

La visite officielle à Washington marque la dernière visite de Kohavi en sa qualité de chef d’état-major, son mandat devant prendre fin le 17 janvier.

Kohavi devait également rencontrer le directeur de la CIA, William Burns, et le chef du Commandement du centre des États-Unis, Michael Erik Kurilla, entre autres hauts responsables de la défense.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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