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Tel Aviv : des manifestants tirent la sonnette d’alarme face au futur gouvernement

Le chef du Mouvement pour la qualité du gouvernement en Israël a évoqué une "thérapie de conversion" pour la démocratie israélienne

Des manifestants israéliens s'insurgent contre la future probable coalition de gouvernement lors d'une manifestation organisée par l'ONG Mouvement pour un gouvernement de qualité, le 17 décembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash9)
Des manifestants israéliens s'insurgent contre la future probable coalition de gouvernement lors d'une manifestation organisée par l'ONG Mouvement pour un gouvernement de qualité, le 17 décembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash9)

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies, samedi soir, à Tel Aviv pour protester contre le prochain gouvernement qui devrait être dirigé par le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, avertissant que la démocratie israélienne était en jeu.

La manifestation – qui s’est déroulée aux cris de « Urgence : la démocratie israélienne est en danger » – a été organisée par le Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël, une organisation à but non-lucratif dont l’objectif est de protéger l’intérêt du public.

La future coalition de Netanyahu est formée de son parti du Likud, de deux factions ultra-orthodoxes et de trois formations d’extrême-droite. Le bloc est actuellement en train de faire avancer à la Knesset des législations qui ont été établies comme autant de conditions préalables à la finalisation de ce gouvernement de la ligne dure, en amont du délai accordé à Netanyahu pour terminer de rassembler sa coalition. Ce délai expirera le 21 décembre.

Le président du Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël, Eliad Shraga, s’adressant à la foule, a qualifié les membres du prochain gouvernement naissant d’hommes « aux intentions malveillantes, de criminels condamnés et de condamnés potentiels ».

Il a ajouté que le probable gouvernement tentait de pratiquer « une thérapie de conversion » sur la démocratie israélienne, une référence aux méthodes pseudo-scientifiques et infondées qui proposent de prendre en charge l’homosexualité sous l’angle de la maladie mentale.

Cette pratique reste acceptée dans certains cercles conservateurs et religieux, et notamment dans la base des soutiens de certaines factions qui devraient intégrer la coalition attendue.

Eliad Shraga, avocat et fondateur du Mouvement pour la qualité du gouvernement lors d’une manifestation contre la future coalition qui a été organisée à Tel Aviv, le 17 décembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« Jamais nous n’abandonnerons nos libertés, nos droits et nous ne céderons jamais, au grand jamais, à la corruption ou à des criminels corrompus », a promis Shraga.

Moshe Yaalon, ex-ministre de la Défense et ex-chef d’état-major de Tsahal, a déclaré que Netanyahu sacrifiait les intérêts de l’État en faveur de ses intérêts personnels et il s’est engagé à se battre pour l’effondrement rapide du prochain gouvernement.

« Nous utiliserons trois canaux pour ce faire – nous nous battrons par le canal politique en tant qu’opposition à la Knesset ; nous travaillerons à travers le canal légal par le biais du Mouvement pour la qualité du gouvernement en Israël et nous utiliserons le canal de la protestation avec les citoyens qui descendront dans les rues », a ajouté Yaalon.

« Nous dissiperons l’obscurité dans l’esprit de Hanoukka », a continué Yaalon, en référence à la fête juive qui commence ce dimanche soir.

L’ex-ministre de la Défense Moshe Yaalon lors d’une manifestation contre la future coalition qui a été organisée à Tel Aviv, le 17 décembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Pour sa part, la ministre sortante des Transports Merav Michaeli a salué la manifestation, écrivant sur Twitter : « Contre une vague obscure et dangereuse, vous représentez un rayon de lumière éclatant. Et finalement, la lumière l’emportera ».

Parmi les législations prévues par la coalition naissante, une clause dite « dérogatoire » qui neutralisera le système judiciaire en permettant à la Knesset de réadopter des lois par ailleurs rejetées par la Haute cour.

Les membres de la future coalition se sont engagés à faire adopter cette clause controversée et également à offrir à la coalition au pouvoir le contrôle de la commission chargée de choisir les juges. Le texte prévu, qui a été réclamé par la faction d’extrême-droite HaTzionout HaDatit, par Yahadout HaTorah et par de nombreux députés du Likud, autorisera également le parlement à faire adopter une loi sans réexamen judiciaire possible.

Des Israéliens manifestent contre la future coalition avec une photo représentant les partenaires de coalition comme la colonne vertébrale du chef du Likud Benjamin Netanyahu, à Tel Aviv, le 17 décembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les changements judiciaires proposés – et en particulier la clause dite « dérogatoire » – ont été dénoncés par les adversaires politiques de Netanyahu et par d’éminentes personnalités du système législatif qui estiment qu’elles détruiront le système démocratique israélien, et qu’il n’y aura plus aucun frein sur les pouvoirs d’une majorité parlementaire donnée.

Le bloc a fait avancer, cette semaine, un autre projet de loi demandé par les partenaires d’extrême-droite et religieux du Likud. Le texte permettra à Aryeh Deri, du Shas – qui est actuellement sous le coup d’une peine avec sursis – de prendre la tête de trois ministères et il autorisera aussi un membre de Hatzionout HaDatit (probablement le leader de la faction, Bezalel Smotrich) de devenir ministre indépendant au sein du ministère de la Défense, en charge des constructions en Cisjordanie. Ce qui signifie que le leader d’extrême-droite aura un contrôle sans précédent sur le quotidien des Israéliens et des Palestiniens.

Des manifestants israéliens s’insurgent contre la future probable coalition de gouvernement lors d’une manifestation organisée par l’ONG Mouvement pour un gouvernement de qualité, le 17 décembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash9)

Parmi les autres législations en préparation, un texte qui élargira considérablement l’autorité du nouveau ministre de la Sécurité nationale – un poste qui devrait être occupé par le chef d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir – sur la police. Une autre rendra plus difficile la rébellion des parlementaires face à leurs factions, avec un durcissement des sanctions contre ceux qui ne votent pas selon la ligne du parti.

La future coalition veut que ces projets de lois soient adoptés avant l’investiture du gouvernement et Netanyahu a jusqu’au 21 décembre pour annoncer qu’il a rassemblé une coalition. Il devra avoir fait approuver son alliance au pouvoir à la Knesset une semaine plus tard.

La semaine dernière, la procureure-générale Gali Baharav-Miara a averti que les projets de loi pourraient transformer Israël en « démocratie qui n’en a que le nom ». La présidente de la Cour suprême israélienne, Esther Hayut, a elle aussi dénoncé les changements prévus dans le système judiciaire.

Netanyahu et ses partenaires d’extrême-droite et ultra-orthodoxes ont remporté 64 sièges lors des élections du 1er novembre. Netanyahu a depuis œuvré à finaliser les accords conclus avec les partenaires de son parti du Likud. Il a jusqu’au 20 décembre pour mener à bien cette mission.

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