Témoignage d’un ancien garde de camp nazi de Stutthof sans remord
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Témoignage d’un ancien garde de camp nazi de Stutthof sans remord

Les avocats de Bruno Rey affirment qu'il n'a pas rejoint volontairement les SS mais que sa santé ne permettait pas de le mobiliser comme soldat au front

L'ancien gardien SS Bruno Dey, 93 ans, couvre son visage dans le tribunal pendant son procès à Hamburg, le 20 mai, 2020. (Crédit : Christian Charisius / POOL / AFP)
L'ancien gardien SS Bruno Dey, 93 ans, couvre son visage dans le tribunal pendant son procès à Hamburg, le 20 mai, 2020. (Crédit : Christian Charisius / POOL / AFP)

Un ancien garde de camp de concentration nazi de 93 ans a affirmé mercredi « vouloir oublier » les faits pour lesquels il est jugé depuis plusieurs mois en Allemagne, mais sans exprimer le moindre remord.

« Je veux oublier, je ne veux plus continuer à me pencher sur le passé », a déclaré à l’audience Bruno Dey devant le tribunal de Hambourg, selon l’agence de presse allemande DPA.

La présidente de la cour venait de lui demander s’il avait parlé à ses enfants et petits-enfants de son passé de garde du camp Stutthof.

Le nonagénaire est poursuivi pour complicité dans le meurtre de plus de 5 000 détenus du camp situé à 40 km de la ville de Gdansk aujourd’hui en Pologne.

« Je ne me sens en rien coupable pour ce qui s’est passé à l’époque », a-t-il déclaré, « je n’y ai en rien contribué autrement que par le fait d’être garde ». « Mais j’ai été obligé de le faire, c’était un ordre », s’est-il défendu.

Ses avocats affirment pour sa défense qu’il n’avait pas rejoint volontairement les SS avant d’être envoyé dans le camp entre août 1944 et avril 1945, mais qu’il y fut affecté car sa santé de permettait pas de le mobiliser comme soldat au front.

Il était âgé de 17 ans à l’époque à son arrivée à Stutthof.

Chambre à gaz à Stutthof. (Autorisation)

L’accusation juge en revanche qu’il a été un rouage essentiel de la machine d’extermination mise en place par les Nazis dans les camps dans le cadre de la « solution finale » visant les Juifs.

Environ 65 000 personnes sont mortes au camp de Stutthof, essentiellement des femmes juives des pays baltes et de Pologne. Il a été intégré au système d’extermination des Juifs en juin 1944.

Ce procès est l’un des derniers visant d’anciens nazis, les dernières personnes encore dans le collimateur de la justice étant très âgées.

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