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« Tout est possible » si l’Iran fabrique une arme atomique – Responsable saoudien

"Nous sommes dans un périmètre très dangereux", a dit le ministre des Affaires étrangères Faisal bin Farhan Al-Saud, notant être "sceptique" sur une reprise du JCPOA

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal Bin Farhan Al Saud, pendant une conférence de presse à l'issue du Sommet sécurité et développement à Jeddah, en Arabie saoudite, le  16 juillet 2022. (Crédit : AP Photo/Amr Nabil)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal Bin Farhan Al Saud, pendant une conférence de presse à l'issue du Sommet sécurité et développement à Jeddah, en Arabie saoudite, le 16 juillet 2022. (Crédit : AP Photo/Amr Nabil)

Le ministre des Affaires étrangères saoudien, le prince Faisal bin Farhan Al-Saud, a indiqué dimanche que les voisins du Golfe de la république islamique réagiraient si Téhéran devait fabriquer une arme nucléaire.

« Si l’Iran obtient une bombe nucléaire, tout est possible », a déclaré Al Saud aux journalistes à la World Policy Conference qui était organisée à Abou Dhabi, selon Reuters.

« Nous sommes dans un périmètre très dangereux dans la région… Vous pouvez vous attendre à ce que les États régionaux examinent très certainement la manière de garantir leur propre sécurité », a-t-il ajouté, sans donner de détail.

Des propos tenus alors que l’Iran reste en conflit avec l’Occident à la fois sur la question de son programme nucléaire et dans le cadre des négociations sur la mise en vigueur d’un accord signé en 2015 qui avait été gelé.

La République islamique a indiqué, le mois dernier, avoir fait progresser ses activités d’enrichissement d’uranium. L’Occident craint pour sa part que ces travaux puissent entrer dans le cadre d’un programme secret d’armement atomique.

S’exprimant lors d’une conférence de presse à Rome, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, a fait savoir que les Iraniens « sont en train de tripler – je ne dis pas doubler, mais tripler – leurs capacités d’enrichissement de l’uranium à 60 % ».

Pour fabriquer une bombe nucléaire, l’uranium doit être enrichi à 90 % et passer de 60 % à 90 % de pureté ne nécessite qu’une petite avancée technique.

Le prince saoudien a expliqué que Ryad restait « sceptique » sur la perspective d’un accord avec Téhéran, ajoutant que son pays soutiendrait néanmoins un retour à la table des négociations si la remise en vigueur du JCPOA (Plan d’action global commun), l’accord qui avait été signé en 2015, était considérée comme « un point de départ » pour un meilleur pacte « et non comme un point final. »

Cette image satellite de Planet Labs PBC montre le site nucléaire souterrain de Natanz en Iran, ainsi que la construction en cours pour agrandir l’installation dans une montagne voisine au sud, près de Natanz, en Iran, le 9 mai 2022. (Crédit: Planet Labs PBC via AP)

Les négociations visant à remettre en vigueur l’accord de Vienne sur le nucléaire entre l’Iran et les grandes puissances sont dans l’impasse depuis le mois de septembre, en raison de demandes iraniennes que l’Occident a qualifié de « déraisonnables » et sans lien avec le programme nucléaire.

Les États-Unis s’étaient retirés unilatéralement du JCPOA en 2018, une décision prise par l’administration de l’ex-président Donald Trump qui avait réimposé dans la foulée des sanctions sur le régime de Téhéran, amenant ce dernier à s’éloigner des engagements pris dans le cadre du pacte.

L’accord, qui accordait à l’Iran un allègement des sanctions en échange d’une réduction de son programme nucléaire pour empêcher la fabrication d’une arme, n’autorisait la République islamique à enrichir de l’uranium qu’à un degré de pureté de 3,67 %.

« Les signaux envoyés aujourd’hui ne sont malheureusement pas très positifs », a déploré Al Saud.

« Nous entendons de la bouche des Iraniens qu’ils ne portent aucun intérêt à un programme de bombe atomique et ce serait très réconfortant d’être en mesure de le croire. Nous avons besoin de plus de garanties à ce niveau », a-t-il ajouté.

Téhéran maintient que son programme nucléaire n’a que des visées civiles et a déclaré que ses travaux récents et croissants d’enrichissement venaient répondre à une résolution de l’Agence internationale de l’énergie atomique qui avait critiqué son manque de coopération avec l’instance.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi s’exprimant lors d’une conférence de presse à Vienne, en Autriche, le 17 décembre 2021. (Crédit : Michael Gruber/AP)

L’Arabie Saoudite et l’Iran mènent une guerre par procuration au Yémen depuis de longues années. L’Arabie saoudite, État du Golfe dirigé par une dynastie sunnite, est considérée comme l’ennemi régional de l’Iran chiite.

L’Arabie saoudite a aussi fait part de son inquiétude face au programme de drones et de missiles avancés de la République islamique, que cette dernière utilise régulièrement par le biais de ses groupes mandataires au Moyen-Orient et qui ont été utilisés plus récemment par Moscou sur le front ukrainien.

Vendredi, l’administration Biden a accusé la Russie de prendre des initiatives visant à fournir une assistance militaire à Téhéran, avec notamment des systèmes de défense antiaérienne, des hélicoptères et des avions de chasse dans le cadre d’un approfondissement de la coopération entre les deux nations.

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