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Trafic d’antiquités au Moyen-Orient: un galeriste germano-libanais incarcéré

L'OCBC cherche à déterminer les conditions d'acquisition par le Louvre Abu Dhabi de 5 antiquités sorties illégalement d'Egypte et "valant plusieurs dizaines de millions d'euros"

Des visiteurs se rendent au musée du Louvre à Abu Dhabi le jour de l'ouverture au public, le 11 novembre 2019. (Crédit : AP Photo/Kamran Jebreili)
Des visiteurs se rendent au musée du Louvre à Abu Dhabi le jour de l'ouverture au public, le 11 novembre 2019. (Crédit : AP Photo/Kamran Jebreili)

Un galeriste germano-libanais a été mis en examen mi-mars et placé en détention provisoire dans l’enquête à Paris sur un vaste trafic d’antiquités en provenance de pays instables du Proche et Moyen-Orient, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

L’homme, qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen, a été mis en examen « des chefs d’escroqueries en bande organisée, association de malfaiteurs et blanchiment en bande organisée », a précisé cette source.

Selon Le Canard enchaîné, qui a révélé mardi son extradition, le suspect âgé d’une quarantaine d’années serait galeriste à Hambourg (Allemagne).

L’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC) chargé de l’enquête cherche notamment à déterminer les conditions d’acquisition par le Louvre Abu Dhabi, par l’intermédiaire du galeriste germano-libanais, de cinq antiquités sorties illégalement d’Egypte et « valant plusieurs dizaines de millions d’euros », d’après le journal satirique.

Deux autres hommes, Christophe Kunicki, expert en archéologie méditerranéenne, et son mari Richard Semper, avaient été mis en examen le 26 juin 2020 à l’issue de leur garde à vue pour les mêmes infractions et placés sous contrôle judiciaire.

Les enquêteurs les soupçonnent d’avoir « blanchi » des objets archéologiques pillés dans plusieurs pays en proie à l’instabilité depuis le début des années 2010 et l’émergence des Printemps arabes : Egypte principalement mais aussi Libye, Yémen ou Syrie.

Des sources proches du dossier avaient indiqué à l’époque que ce trafic aurait concerné des centaines de pièces et porterait sur plusieurs dizaines de millions d’euros.

« La question est de savoir si ces pièces sont sorties légalement ou non des pays concernés », avait exposé l’une de ces sources, « éventuellement à la faveur du contrôle de certains territoires par tel ou tel groupe armé ».

Trois autres personnes placées en garde à vue lors de ce même coup de filet – le président de la maison Pierre-Bergé & Associés, une ancienne conservatrice du Louvre et un célèbre galeriste parisien de la rive gauche – avaient été remis en liberté sans poursuites à ce stade.

L’annonce de l’ouverture d’une enquête préliminaire en juillet 2018, confiée depuis à des juges d’instruction, avait fait grand bruit dans le milieu du marché de l’art et des antiquaires de Paris, considéré comme l’une des places fortes mondiales du secteur.

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