Trois Etats arabes vont injecter 250 M de $ dans Jérusalem-Est
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Trois Etats arabes vont injecter 250 M de $ dans Jérusalem-Est

Israël craint que les fonds destinés à "sauver" les lieux saints musulmans puissent avoir un impact sur la violence palestinienne pour le déménagement de l'ambassade des États-Unis

Des responsables du Waqf et des fidèles prêts à prier à l'extérieur du Mont du Temple plutôt que de passer par les détecteurs de métaux installés après un attentat, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juillet 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des responsables du Waqf et des fidèles prêts à prier à l'extérieur du Mont du Temple plutôt que de passer par les détecteurs de métaux installés après un attentat, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juillet 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

A moins de deux semaines du transfert prévu de l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, la Turquie, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis injectent un quart de milliard de dollars dans le Waqf islamique et un grand nombre d’organisations musulmanes à Jérusalem-Est, a rapporté la chaîne Hadashot mercredi.

Le Waqf administre le Mont du Temple, qui abrite la mosquée Al-Aqsa, le troisième lieu saint de l’Islam, ainsi qu’un grand nombre d’écoles, d’orphelinats, de bibliothèques islamiques, de tribunaux islamiques et d’autres édifices. Le Mont du Temple est le lieu le plus sacré du judaïsme en tant que site où se trouvaient les deux Temples juifs. Israël assure le contrôle général de la sécurité des lieux.

Les trois pays décrivent cette initiative comme un acte de « sauvetage » pour financer des rénovations dans des lieux saints, mais les responsables israéliens craignent que leur contribution aille au-delà de l’argent et pourrait déclencher des violences à l’approche de la coupe du ruban du 14 mai, selon le reportage télévisé.

Hadashot a rapporté dimanche que le président américain Donald Trump était susceptible de participer à la cérémonie et qu’il envisageait de permettre à l’espion américain Jonathan Pollard de se joindre à la cérémonie en levant les restrictions qui l’empêchent de se rendre en Israël.

Jonathan Pollard quitte un tribunal new-yorkais après sa libération de prison, le 30 novembre 2015. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)

Pollard a purgé près de 30 ans d’emprisonnement pour espionnage au profit d’Israël et, depuis sa libération conditionnelle en 2015, il lui a été interdit de quitter le sol américain, ce qui l’empêche de s’installer dans l’État juif comme il le souhaite.

L’annonce faite par Trump à la fin du mois dernier selon laquelle « je pourrais assister » à la cérémonie aurait surpris les responsables israéliens qui n’avaient reçu aucune indication de la part des Américains sur sa participation éventuelle.

Il avait été précédemment rapporté que Trump avait envisagé d’assister à l’inauguration, mais avait finalement décidé de ne pas être présent.

Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin est actuellement à la tête de la délégation de 250 membres pour l’événement, qui comprendra 40 membres du Congrès et le gendre de Trump, Jared Kushner et sa fille Ivanka Trump. D’autres médias ont laissé entendre que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo pourrait diriger la délégation en lieu et place de Trump.

Saluée par Israël, la décision du transfert de l’ambassade a été perçue par les Palestiniens comme une provocation et ont déclaré qu’elle annule la possibilité que l’administration Trump serve d’intermédiaire honnête dans les pourparlers de paix. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et d’autres responsables de l’AP ont refusé de rencontrer qui que ce soit au sein de l’administration Trump depuis sa reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre dernier.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d’une conférence de presse sur Jérusalem, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 11 avril 2018. (AFP/Abbas Momani)

L’ouverture de l’ambassade aura lieu deux jours seulement après la date limite de la décision de Trump sur l’abandon ou non du Plan d’action global conjoint signé en 2015 entre Téhéran et six puissances mondiales, dont les États-Unis, sous la présidence de Barack Obama.

L’accord a freiné le programme controversé d’enrichissement nucléaire de Téhéran en échange d’un allégement des sanctions internationales.

Trump a qualifié l’accord de « pire accord de tous les temps » et a appelé les autres signataires à le « corriger ».

Il a menacé de rompre l’accord à moins que de nouvelles restrictions ne soient imposées au programme de missiles balistiques de l’Iran et à d’autres activités militaires d’ici le 12 mai.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait campagne pour que l’accord soit corrigé ou annulé.

Mardi, il a révélé que l’agence de renseignement du Mossad avait obtenu 100 000 documents provenant des archives secrètes d’armes nucléaires de l’Iran, prouvant que l’accord de 2015 était basé sur la « duperie iranienne ».

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