Trois Israéliens inculpés pour avoir agressé des Palestiniens
Rechercher

Trois Israéliens inculpés pour avoir agressé des Palestiniens

L'armée a enregistré 37 incidents de violence entre agriculteurs israéliens et palestiniens pendant la récolte des olives, mais trois inculpations seulement ont été annoncées

Un Palestinien âgé de 72 ans pris en charge à l'hôpital suite à une attaque présumée des habitants d'implantation. (Crédit : Conseil local de Niilin)
Un Palestinien âgé de 72 ans pris en charge à l'hôpital suite à une attaque présumée des habitants d'implantation. (Crédit : Conseil local de Niilin)

Trois Israéliens ont été inculpés, la semaine dernière, pour avoir agressé des Palestiniens pendant la récolte annuelle des olives à proximité de la ville de Nilin, en Cisjordanie. La police israélienne n’a annoncé publiquement ces mises en examen que dimanche soir.

Les trois agresseurs présumés – Nuriel Sharabi, 21 ans, un résident de l’implantation de Ganei Modiin, en Cisjordanie, et deux jeunes mineurs – ont été mis en examen pour agression aggravée.

Selon l’acte d’inculpation, plusieurs Palestiniens – membres de la même famille élargie – s’étaient rendus sur leurs terres le 13 octobre pour y récolter les olives. S’ils vivent à Nilin, qui se situe en Cisjordanie mais au-delà de la barrière de sécurité, leurs terrains se trouvent, pour leur part, à l’intérieur de cette dernière.

Après avoir reçu l’approbation de l’armée, la famille – constituée notamment de parents âgés, de femmes et d’enfants – ont pu aller cueillir leurs olives.

Des Palestiniennes récoltent des olives. Illustration. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Sharabi et les deux mineurs – qui avaient pourtant reçu pour instruction de la part de l’armée de ne pas entrer en contact les uns avec l’autre – sont amis. Les procureurs affirment que les trois Israéliens, qui savaient quand et où les Palestiniens viendraient dans la zone, ont utilisé leurs tee-shirts pour se dissimuler le visage avant de les agresser.

« Ils ont jeté de grosses pierres vers les cueilleurs à deux ou trois mètres de distance », touchant plusieurs Palestiniens, dit l’acte d’inculpation. L’une de ces pierres a heurté la tête un homme de 71 ans, qui a commencé à saigner avant de perdre conscience. Sa blessure a nécessité deux points de suture.

Les trois Israéliens ont alors aspergé les Palestiniens de gaz lacrymogène – sans épargner les jeunes enfants. Ils ont projeté des planches de bois en leur direction et les ont insultés en arabe. L’un des Israéliens a attrapé un jeune Palestinien par l’épaule et tenté de lui cogner la tête à l’aide d’une pierre, mais le jeune garçon est parvenu à s’enfuir, selon l’acte d’inculpation.

Les deux mineurs ont été arrêtés le jour même de l’attaque et le jeune homme de 21 ans le lendemain.

Ils ont été mis en examen pour agression aggravée la semaine dernière.

« Ils ont clairement coordonné leurs agissements, qu’ils avaient minutieusement prémédités… Les prévenus ont lancé de grosses pierres à courte distance, d’une manière qui aurait pu entraîner des blessures graves », ont ajouté les procureurs dans un document judiciaire annexe.

Le colonel David Songo de l’armée israélienne avait déclaré la semaine dernière, au cours de l’audience d’une commission de la Knesset, que l’armée avait reconnu 37 « cas de friction » entre Israéliens et Palestiniens pendant la récolte des olives. Pour sa part, le groupe Yesh Din a évoqué 42 incidents de ce type.

La commission des Affaires étrangères et de la sécurité de la Knesset écoute des témoignages sur les agressions commises à l’encontre des Palestiniens pendant la saison de la récolte des olives, le 16 novembre 2020. (Crédit : Porte-parole de la Knesset)

Ces trois mises en examen – qui ne concernent finalement que le même incident – sont les seules à avoir été annoncées jusqu’à aujourd’hui. Le porte-parole de la division chargée de la Cisjordanie au sein de la police israélienne n’a pas répondu à notre demande d’informations sur d’éventuelles autres inculpations.

Selon Songo, l’armée avait enregistré 66 incidents similaires en 2019, ce qui signifie qu’il y a eu une baisse significative de ces affrontements en 2020.

« La première semaine de la période de la récolte a été l’occasion d’un grand nombre d’incidents, mais il y a eu une baisse dans les quatre semaines qui ont suivi. Et il n’y a eu qu’un seul incident au cours de la dernière semaine », a dit Songo.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...