Donald Trump élu à la Maison Blanche, onde de choc dans le monde
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Donald Trump élu à la Maison Blanche, onde de choc dans le monde

Le candidat républicain avait promis un "Brexit puissance trois" ; "J'espère qu'il y a plus d'Américains sains d'esprit que fous", disait une électrice

Le candidat républicain aux élections présidentielles américaines Donald Trump à Bangor, dans le Maine, le 15 octobre 2016. (Crédit : Sarah Rice/Getty Images/AFP)
Le candidat républicain aux élections présidentielles américaines Donald Trump à Bangor, dans le Maine, le 15 octobre 2016. (Crédit : Sarah Rice/Getty Images/AFP)

Le milliardaire populiste Donald Trump était en tête mardi soir dans plusieurs Etats-clé dont la Floride, se retrouvant en position de remporter une victoire choc face à Hillary Clinton dans la course à la Maison Blanche.

Les yeux rivés sur ce décompte haletant, Etat par Etat, point par point, le monde était suspendu à l’issue du scrutin.

La possibilité d’une présidence Trump, qui constituerait un véritable séisme politique, a provoqué une tempête sur les marchés. Le dollar a chuté alors que les investisseurs se précipitaient sur les valeurs refuges comme l’or et les marchés obligataires.

Le tribun populiste de 70 ans s’est présenté comme l’outsider déterminé à mettre fin à la corruption des élites politiques. Accusé de xénophobie et de sexisme par ses adversaires, l’homme d’affaires n’a jamais occupé le moindre mandat électif.

Le sort de l’élection qui désignera le successeur de Barack Obama dépend désormais d’une poignée d’Etats où les résultats étaient extrêmement serrés : Caroline du Nord, Michigan, Pennsylvanie, New Hampshire, Nevada.

Preuve que la confiance était en hausse dans le camp Trump, qui a vu l’Ohio tomber dans son escarcelle, le magnat de l’immobilier a tweeté un photo de lui avec son colistier Mike Pence, son équipe et sa famille regardant les résultats depuis l’imposante Trump Tower à Manhattan.

« Je pense que nous allons gagner », lançait Brendon Pena, 22 ans, supporteur de Trump.

Selon le baromètre établi en direct par le New York Times, Donald Trump a désormais plus de 80 % de conquérir la Maison Blanche.

Sombres mines dans le camp Clinton

Les mines s’allongeaient à l’intérieur de la soirée électorale d’Hillary Clinton, 69 ans, qui espère devenir la première femme présidente des Etats-Unis.

La voix des journalistes de CNN et de CBS, projetées sur des écrans géants, résonnaient dans un étrange silence.

« Ca va pas fort », lâchait Joan Divenuti, retraitée des chemins de fer venue du Massachusetts. « La Floride a toujours été un problème », ajoutait-elle en secouant la tête.

Plus de 200 millions d’Américains étaient appelés aux urnes mardi pour choisir le successeur de Barack Obama, qui quittera la Maison Blanche le 20 janvier après huit années au pouvoir.

L’objectif des deux candidats : franchir le cap crucial des 270 grands électeurs, requis pour être élu président de la première puissance mondiale. Trump compte au moment de la publication de l’article 201 grands électeurs, et Clinton 190.

Hillary Clinton était arrivée à New York en début de soirée pour affiner avec son équipe le discours qu’elle prononcera, quel que soit le verdict des urnes, dans un centre de conférences au toit de verre, le Javits Convention Center.

Le lieu, dans l’ouest de Manhattan, était pris d’assaut par ses supporteurs. Certains ont découvert après des heures d’attente à l’extérieur que leur billet ne leur permettrait de suivre le discours de la candidate que sur des écrans, à plusieurs centaines de mètres de la scène, dans l’immense centre de conventions.

« C’est le chaos », fulminait Matthew Thompson, 36 ans, venu avec son partenaire spécialement de La Nouvelle Orléans. « Je pourrais être chez moi où j’ai un écran plus grand ».

Certains suivaient, anxieux, les premiers résultats sur les chaînes de télévision.

« J’espère qu’il y a plus d’Américains sains d’esprit que fous », disait Sharon Jones, 50 ans, venue de Chicago. Et si Donald Trump l’emportait mardi soir ? « Il paraît que le Canada c’est très beau au printemps », plaisantait-elle.

Les républicains gardent la chambre

La campagne, particulièrement violente, faite souvent d’attaques personnelles, a laissé un goût amer dans un pays plus que jamais divisé, et a accru la méfiance des Américains envers leur classe politique.

Donald Trump avait lundi promis un « Brexit puissance trois », référence au vote surprise des Britanniques pour sortir de l’Union européenne.

Il a été brièvement hué lorsqu’il est allé voter dans une école près de la tour Trump où il habite sur la Ve avenue de New York.

Hillary Clinton a voté avec son mari près de leur domicile de Chappaqua, en banlieue nord de la ville.

Hillary Clinton a voté le 8 novembre 2016 (Crédit : AFP/Eduardo Munoz Alvarez)
Hillary Clinton a voté le 8 novembre 2016 (Crédit : AFP/Eduardo Munoz Alvarez)

La démocrate compte sur les minorités, les électeurs blancs diplômés et sur les femmes qui constituent la majorité de l’électorat (environ 52 % lors des précédentes présidentielles).

Celle qui a été tour à tour Première dame, sénatrice de New York puis chef de la diplomatie américaine, présente un CV impressionnant, mais sa personnalité suscite peu d’enthousiasme.

Donald Trump, volontiers brutal, souvent imprévisible, a galvanisé un électorat blanc modeste qui se sent laissé pour compte face à la mondialisation et aux changements démographiques.

Les Américains votaient aussi mardi pour renouveler 34 des 100 sièges du Sénat à Washington. Les républicains ont par ailleurs conservé leur majorité à la Chambre des représentants.

Le sénateur Marco Rubio, ancien rival de M. Trump aux primaires, a conservé son siège.

Douze des 50 Etats américains élisent aussi de nouveaux gouverneurs, et des dizaines de référendums locaux sont organisés, sur des questions allant de la légalisation de la marijuana à la suppression de la peine de mort dans une trentaine d’Etats.

Barack Obama, qui avait déjà voté dans sa ville de Chicago, s’est lui adonné à un rituel qui touche à la superstition les jours d’élection : il est allé jouer au basket avec des amis. En 2008 comme en 2012, cela lui avait réussi.

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