Trump maintient – pour l’instant – l’ambassade à Tel Aviv
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Trump maintient – pour l’instant – l’ambassade à Tel Aviv

Des responsables de l’administration indiquent que le président soutient toujours le déplacement à Jérusalem, et que c’est une question de “quand, pas de si”

Le président Reuven Rivlin, à droite, et son homologue américain Donald Trump, à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 22 mai 2017. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le président Reuven Rivlin, à droite, et son homologue américain Donald Trump, à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 22 mai 2017. (Crédit : Haim Zach/GPO)

WASHINGTON – Le président américain Donald Trump a signé jeudi une exemption qui permet de maintenir l’ambassade des Etats-Unis en Israël à Tel Aviv, a indiqué un responsable américain anonyme.

Signer l’exemption reporte de six mois supplémentaires tout déplacement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, une importante promesse électorale de Trump. Le président s’est distancié de sa promesse après son arrivée au pouvoir, et est resté évasif sur sa réalisation.

Jeudi, le responsable américain anonyme a indiqué que Trump avait signé l’exemption permettant de conserver l’ambassade américaine à Tel Aviv pour six mois supplémentaires, ajoutant que le président américain « pense que ce n’est pas le bon moment ».

Une loi adoptée en 1995 impose le déplacement de l’ambassade à Jérusalem, mais permet au président de repousser ce transfert de six mois pour des raisons de sécurité nationale. Chacun des prédécesseurs de Trump depuis cette date, Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama, ont signé cette exemption tous les six mois.

L’exemption la plus récente, signée par Obama, expirait le 1er juin. Si une nouvelle exemption n’avait pas été signée d’ici là, le gouvernement américain aurait été dans l’obligation de déplacer l’ambassade.

Un responsable de la Maison Blanche a dit mercredi à CNN que Trump souhaitait toujours déplacer l’ambassade, mais qu’il voulait aussi une reprise des négociations de paix israélo-palestiniennes, et qu’il craignait que cette décision n’irrite les Palestiniens.

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
Le président américain Donald Trump, à gauche, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Un autre responsable de l’administration avait précisé mercredi que la décision de signer l’exemption n’était pas encore définitive, et que les dossiers administratifs pour déplacer l’ambassade à Jérusalem et pour la maintenir à Tel Aviv n’avaient pas encore été présentés au président.

Cette personne a ajouté que même si Trump maintenait l’ambassade à Tel Aviv pour l’instant, il pourrait la déplacer à Jérusalem plus tard.

Un déplacement de l’ambassade américaine est « quelque chose que le président soutient, quelque chose qu’il a soutenu pendant la campagne, quelque chose qu’il soutient toujours, a dit le responsable à CNN. S’il signe l’exemption cette semaine, cela n’indiquera pas qu’il a changé de position, cela sera juste une question de moment. C’est une question de quand, pas de si. »

« La question est, est-ce que prendre cette décision porte préjudice » au processus de paix, a ajouté le responsable. « Mais c’est un fait que les institutions du gouvernement israéliens sont à Jérusalem […] et la définition classique d’une capitale, c’est là où siège le gouvernement. »

Le président Reuven Rivlin, à gauche, avec le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, pendant la cérémonie du 50e anniversaire de la réunification de Jérusalem, le 21 mai 2017. (Crédit : Mark Neyman/GPO)
Le président Reuven Rivlin, à gauche, avec le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, pendant la cérémonie du 50e anniversaire de la réunification de Jérusalem, le 21 mai 2017. (Crédit : Mark Neyman/GPO)

Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, l’avocat juif américain David Friedman, est un fervent partisan du déménagement de la mission diplomatique, même si, comme le président Trump ces derniers mois, il s’était montré moins catégorique lors de son audition de confirmation devant le Sénat.

Israël a conquis Jérusalem Est et la Cisjordanie à la Jordanie pendant la guerre des Six Jours de 1967, avant d’annexer Jérusalem Est, ce qui n’a jamais été reconnu par la communauté internationale. Israël a déclaré la ville sa capitale indivisible, mais les Palestiniens revendiquent Jérusalem Est comme capitale d’un futur état.

Déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem serait perçu comme un soutien à la revendication d’Israël sur la ville et un rejet de celle des Palestiniens. Les pays qui ont des relations avec Israël installent généralement leurs ambassades à Tel Aviv, et certains ont des consulats à Jérusalem.

Après l’annonce du voyage en Israël de Trump, des rumeurs ont laissé entendre qu’il pourrait utiliser cette visite, à la veille de Yom Yeroushalayim, qui commémorait le cinquantenaire de la réunification de Jérusalem pendant la guerre des Six Jours, pour annoncer le déplacement.

Il a semblé revenir sur cette promesse depuis qu’il a pris le pouvoir. Il a été annoncé que ses conversations avec différents dirigeants arabes, notamment le roi Abdallah II de Jordanie en février, avaient été cruciales dans sa décision de repousser le sujet.

Le roi Abdallah II de Jordanie en conférence de presse avec le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, le 5 avril 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)
Le roi Abdallah II de Jordanie en conférence de presse avec le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, le 5 avril 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Les dirigeants arabes auraient dit à Trump, ainsi qu’à plusieurs membres de son administration, qu’un déplacement de l’ambassade dans le contexte actuel pourrait enflammer toute la région et empêcherait ces pays de jouer un rôle utile dans le processus de paix.

Quelques jours avant de quitter la région, un responsable de l’administration avait confirmé au Times of Israël que Trump ne tiendrait pas « immédiatement » sa promesse de campagne, mais qu’une « décision finale n’a pas été prise ».

Un autre responsable avait dit à Bloomberg que « nous ne pensons pas qu’il serait sage de le faire pour l’instant. Nous avons été très clairs sur notre position et sur ce que nous aimerions voir réalisé, mais nous ne cherchons à provoquer personne. »

Le 24 mai, au lendemain du départ d’Israël de Trump, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait répété son appel aux Etats-Unis et aux autres pays qui entretiennent des relations diplomatiques avec Israël à déplacer leurs ambassades à Jérusalem. Netanyahu juge qu’il est « absurde » que les ambassades étrangères soient à Tel Aviv.

L’AFP a contribué à cet article.

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