Rechercher
Obama était venu en tant que candidat, George W. Bush en tant que vice-président, Clinton avant et après... Mais jamais pendant

Trump, premier président américain en place à se rendre au mur Occidental ?

En tant que candidats, de nombreux politiciens américains se sont recueillis sur ce lieu saint du Judaïsme. Mais une fois à la Maison Blanche, ils s'en sont tous tenus à l'écart

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président américain Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 16 février 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)
Le président américain Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 16 février 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Donald Trump devrait devenir le premier président américain en exercice à visiter le mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem.

George H.W. Bush, Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama avaient tous visité le lieu saint juif mais soit avant soit après leurs passages à la Maison Blanche.

« Je ne me souviens pas d’avoir entendu parler d’un président américain en place visitant le mur Occidental », indique Shlomo Slonim, professeur émérite d’histoire américaine et ancien président du Département d’études américaines à l’Université hébraïque. « Trump est attendu et l’information n’est pas confirmée, mais la visite sur ce site serait une ‘innovation’, a-t-il ajouté.

La Maison Blanche doit encore publier l’itinéraire de la visite en Israël qu’effectuera Trump le 22 et le 23 mai – ce sera le 11e voyage d’un président des Etats-Unis dans le pays depuis la venue en 1974 de Richard Nixon – mais selon des sources impliquées dans la programmation de ce séjour, il devrait visiter le mur Occidental. Et s’il devait se rendre en effet sur ce site, cela pourrait être interprété par certains comme un geste signifiant la reconnaissance américaine de la souveraineté israélienne sur Jérusalem-est (même si certains articles disent le contraire, Trump n’a jamais visité Israël auparavant).

Au cours de la guerre des Six jours, Israël a capturé la partie-est de Jérusalem, qui jusque-là avait été placée sous contrôle de l’administration jordanienne. En 1980, Israël a officiellement annexé Jérusalem-est qui contient la Vielle Ville et le mur Occidental, le mont du Temple, la Mosquée Al-Aqsa et l’église du Saint sépulcre. Jusqu’à présent, la communauté internationale dans sa totalité a catégoriquement refusé de reconnaître la revendication israélienne de cette partie de la ville, affirmant que le statut final de Jérusalem sera déterminé lors de futures négociations avec les Palestiniens.

Dans certains quartiers, des rumeurs ont circulé disant que Trump, à l’occasion de sa visite – qui coïncide avec la semaine durant laquelle Israël fêtera le 50ème anniversaire de la réunification de la ville – reconnaîtra Jérusalem unie comme capitale de l’état juif. Mais, pour le moment, ces rumeurs ne sont que spéculations.

Au cours de sa campagne électorale, l’ancien développeur immobilier de Manhattan avait promis avec emphase de relocaliser l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, un acte qui aurait été considéré comme une reconnaissance tacite de la souveraineté israélienne sur la ville. « Nous déménagerons l’ambassade américaine vers la capitale éternelle du peuple juif, Jérusalem », avait juré Trump lors d’un discours prononcé en mars 2016 à la Conférence politique annuelle de l’AIPAC.

Mais ce plan a été depuis lors mis en veilleuse. Le secrétaire d’état Rex Tillerson a annoncé dimanche que le président réfléchissait encore à cette relocalisation, inquiet qu’une telle initiative ne vienne nuire à ses efforts visant à relancer des négociations de paix au Moyen Orient.

No, he's not a member of the tribe. Then-presidential candidate Barack Obama (he's the one on the right) visits the Western Wall in Jerusalem, in July 2008. (photo credit: Avi Hayon/Flash90)
Barack Obama visite le mur Occidental durant une visite en 2008 en tant que candidat démocrate à la présidence américaine (Crédit : Avi Hayon/Flash90)

En termes de procédures diplomatiques standard, les dignitaires occidentaux ne visitent habituellement pas la Vieille Ville et Jérusalem lorsqu’ils occupent un poste officiel. S’ils veulent se rendre au mur Occidental ou sur d’autres sites dans d’autres parties de la ville, ils doivent le faire de façon privée et sans être accompagnés par des responsables israéliens.

Ces dernières années, malgré tout, un nombre croissant de dignitaires ont ignoré cette règle non-écrite, en particulier les chefs d’état de pays africains ou venus de l’est de l’Europe. Le Premier ministre polonais Donald Tusk s’est rendu au mur en 2008 et le président russe Vladimir Poutine a visité ce lieu saint en 2012.

En 2013, le ministre des Affaires étrangères canadien de l’époque John Baird avait suscité une controverse diplomatique lorsqu’il était allé rencontrer la ministre israélienne de la Justice dans son bureau de la rue Salah al-Din à Jérusalem-est. Même si Baird avait affirmé que sa réunion ne « signalait pas un changement de la politique étrangère du Canada », les responsables palestiniens avaient été outrés.

Le président américain Richard Nixon, premier président en poste à visiter l'Etat juif, arrive en Israël, le 17 juin 1974. (Crédit : GPO)
Le président américain Richard Nixon, premier président en poste à visiter l’Etat juif, arrive en Israël, le 17 juin 1974. (Crédit : GPO)

Le premier président américain en exercice à venir en Israël avait été Richard Nixon, arrivé le 16 juin 1974. Il avait rencontré le président Efraim Katzir et le Premier ministre Yitzhak Rabin au cours de son séjour.

Selon le livre en anglais de Denis Brian paru en 2012 « The Elected and the Chosen: Why American Presidents Have Supported Jews and Israel », cette visite de 48 heures de Nixon avait été « une tentative vaine de sauver sa présidence mise en danger par le scandale du Watergate, les efforts qu’il avait faits pour le dissimuler face à une demande croissante chez ses ennemis politique de lancer une procédure d »impeachment' ».

Au mois de mars 1979, Jimmy Carter était devenu le deuxième président à se rendre en Israël. Il s’était entretenu avec le président Yitzhak Navon et le Premier ministre Menachem Begin, leur garantissant que les Etats-Unis fourniraient à l’état juif – qui venait de rendre la péninsule du Sinaï à l’Egypte – du pétrole au cours des quinze années suivantes, écrit Brian. Carter avait également pris la parole devant la Knesset et visité le musée de l’Holocauste de Yad Vashem et les tombes de David Ben-Gourion et de Zeev Jabotinsky.

Le président Jimmy Carter, à gauche, s'adresse à la Knesset lors d'une séance plénière à Jérusalem en mars 1979 (Crédit : Yaacov Saar/GPO)
Le président Jimmy Carter, à gauche, s’adresse à la Knesset lors d’une séance plénière à Jérusalem en mars 1979 (Crédit : Yaacov Saar/GPO)

Il a fallu que 15 ans se passent avant la troisième visite d’un président américain en Israël (même si un vice-président — le futur président George H.W. Bush — avait séjourné en Israël en 1986, se rendant notamment au mur Occidental).

En octobre 1994, Bill Clinton était arrivé pour le premier des quatre séjours qu’il a effectué durant les deux mandats de sa présidence, célébrant l’accord de paix israélo-jordanien qu’il avait aidé à négocier.

Le vice-président américain George H.W. Bush au mur Occidental en juillet 1986 (Crédit : Nati Hernak/GPO)
Le vice-président américain George H.W. Bush au mur Occidental en juillet 1986 (Crédit : Nati Hernak/GPO)

Un an plus tard, Clinton – qui avait visité Israël pour la première fois, allant au mur Occidental, alors qu’il était gouverneur de l’état de l’Arkansas en 1980 – était revenu au sein de l’état juif pour assister aux funérailles du Premier ministre assassiné Rabin.

Au mois de mars 1996, dans un contexte d’attentats terroristes commis à l’encontre de nombreux civils israéliens, Clinton s’était à nouveau rendu dans le pays pour discuter de la « coopération anti-terroriste avec de hauts-responsables israéliens », selon le Bureau des archives du département d’état.

Deux ans et demi plus tard, dans le sillage de la signature de l’Accord de Wye River, Clinton s’était rendu en Israël pour la quatrième et dernière fois, rencontrant le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il avait également visité Massada dans le désert de Judée, un site que Trump pourrait choisir pour y tenir un discours la semaine prochaine.

Depuis qu’il a quitté la Maison Blanche, Clinton est revenu à plusieurs occasions à Jérusalem, faisant également un arrêt au mur Occidental.

En 2008, George W. Bush, au cours de la dernière année de sa présidence qui a duré deux mandats, était venu à deux occasions en Israël. Au cours de son premier voyage au mois de janvier, il avait rencontré le président Shimon Peres et le Premier ministre Ehud Olmert et s’était rendu à Yad Vashem.

« J’étais vraiment impatient de revenir », avait-il expliqué lors de la cérémonie saluant son arrivée à l’aéroport Ben Gourion, se référant à son premier séjour en 1998, durant lequel il était allé voir le mur Occidental. « La vérité est que lorsque je me trouvais ici la fois dernière, je ne pensais vraiment pas que je reviendrais en tant que président des Etats-Unis. Mais je savais que je reviendrais parce qu’Israël est un endroit particulier. Et c’est un grand honneur de faire ma première visite ici en tant que président des Etats-Unis ».

Cinq mois plus tard, Bush était retourné au sein de l’état juif à l’occasion du 60e anniversaire de l’état. Au cours d’une visite de quarante-huit heures, il était lui aussi allé à Massada et s’était exprimé devant la Knesset –
mais avait évité le site du mur Occidental (contrairement à son épouse Laura, qui s’y était recueillie).

La première visite présidentielle d’Obama en Israël avait eu lieu en mars 2013. Il était allé à Yad Vashem et au musée d’Israël. Au Sanctuaire du livre emblématique, il avait vu les manuscrits de la mer Morte, certains des manuscrits les plus anciens de la Bible hébraïque encore en état – quelques-uns n’ont pas moins de 2 400 ans.

Barack Obama et Benjamin Netanyahu au Sanctuaire du Livre (Crédit : : Amos Ben Gershom/GPO/Flash90)
Barack Obama et Benjamin Netanyahu au Sanctuaire du Livre (Crédit : : Amos Ben Gershom/GPO/Flash90)

Il était revenu trois ans plus tard pour une visite rapide afin d’assister aux funérailles de Shimon Peres.

Il n’était jamais allé voir le mur Occidental lors de ces voyages – un site où il s’était rendu toutefois en 2008 lors d’une visite qu’il ne devait pas oublier.

A l’époque, le sénateur de l’Illinois et candidat à la présidentielle avait été pris à parti par les habitants, un homme criant, debout, pendant quelques minutes : « Obama, Jérusalem est notre terre ! Obama, Jérusalem n’est pas à vendre ! »

Comme le veut la coutume juive, le sénateur de l’Illinois avait également placé une note dans l’une des fissures du mur. Des journalistes israéliens curieux s’en étaient emparés et l’avaient publiée, causant un mini-scandale. La note aurait contenu ces mots : « Seigneur – protège ma famille et protège-moi. Pardonne mes péchés, et aide-moi à ne pas céder à la fierté et au désespoir. Donne-moi la sagesse de réaliser ce qui est bon et juste. Et fais de moi un instrument de ta volonté ».

« Je m’attendais à plus de respect », avait déploré Obama plus tard.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...