Trump veut réduire sa contribution à l’ONU après l’adhésion des Palestiniens
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Trump veut réduire sa contribution à l’ONU après l’adhésion des Palestiniens

Alors que le fossé s'élargit avec l'Autorité palestinienne, les USA examineront l'adhésion de Ramallah à plusieurs organes de l'ONU, ce qu'ils qualifient de "contre-productif"

Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) à La Haye, (en anglais Organisation for the prohibition of chemical weapons, OPCW). (Capture d'écran Twitter)
Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) à La Haye, (en anglais Organisation for the prohibition of chemical weapons, OPCW). (Capture d'écran Twitter)

Les États-Unis envisagent de réduire le financement de deux agences de l’ONU et de l’organisme de surveillance des armes chimiques après l’adhésion des Palestiniens à ces organisations, a déclaré mercredi un responsable américain.

Dans le but de renforcer leur profil international, les Palestiniens ont rejoint l’organisation des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED), l’agence pour le développement industriel (ONUDI) et la Convention sur les armes chimiques qui est soutenue par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

La législation américaine interdit le financement des agences de l’ONU ou de ses affiliées qui accordent l’adhésion à l’Autorité palestinienne, qui a le statut d’État non membre observateur auprès des Nations Unies.

« Les États-Unis ont toujours été d’avis que les efforts déployés par les Palestiniens pour se joindre aux organisations internationales sont prématurés et contre-productifs », a déclaré un responsable américain.

« Nous examinerons l’application des restrictions législatives américaines relatives à l’adhésion des Palestiniens à certaines agences et organisations de l’ONU », a ajouté le responsable.

La décision palestinienne s’inscrit dans un désaccord avec l’administration du président américain Donald Trump au sujet de sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de leur futur état.

La semaine dernière, citant le transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a rappelé l’envoyé palestinien à Washington, marquant un nouveau recul des relations déjà dégradées entre Ramallah et la Maison-Blanche.

En décembre, les Palestiniens ont gelé leurs contacts avec les autorités américaines au sujet de la reconnaissance de Jérusalem, affirmant que cette décision exposait le parti pris pro-israélien de Washington et le disqualifiait en tant que médiateur.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, et le président américain Donald Trump écoutent les hymnes nationaux lors de la cérémonie de bienvenue organisée au Palais présidentiel de Bethléem, le 23 mai 2017 (Crédit : THOMAS COEX / AFP)

Nickolay Mladenov, le coordinateur des Nations Unies pour le Moyen-Orient, a déclaré au Conseil de sécurité que les Palestiniens avaient rejoint la CNUCED à Genève, l’ONUDI à Vienne et la Convention sur les armes chimiques la semaine dernière.

Les États-Unis se sont retirés en 1996 de l’ONUDI, une agence peu connue qui promeut un « développement industriel inclusif et durable », selon son site Web.

L’OIAC et la CNUCED comptent sur les contributions volontaires des États membres de l’ONU pour financer ses activités ainsi que sur le financement régulier de son budget.

Les États-Unis ont retiré une partie du financement de l’UNESCO lorsque les Palestiniens ont rejoint l’agence culturelle et éducative en 2011 et se sont retirés de l’agence l’année dernière.

L’administration Trump a également réduit les fonds de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, laissant l’UNRWA lutter pour combler un important déficit budgétaire pour ses programmes d’éducation et de santé.

Les Palestiniens ont irrité Israël lorsqu’ils sont devenus partie intégrante de la Cour pénale internationale (CPI) en 2015.

Israël s’oppose avec véhémence à la reconnaissance des Palestiniens dans les instances mondiales avant la conclusion d’un accord de paix et a déployé des efforts diplomatiques intenses pour y mettre fin.

Riyad al-Maliki, ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Les déclarations palestiniennes à l’ONU font suite à une visite de responsables palestiniens mardi à la Cour pénale internationale basée à La Haye, où ils ont exhorté son procureur à enquêter sur les crimes de guerre présumés commis contre les Palestiniens par Israël.

Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki, a déclaré que la requête vise à obtenir une enquête sur les politiques israéliennes en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est depuis que les Palestiniens ont rejoint la CPI en juin 2014.

Israël a rejeté la demande palestinienne comme étant « cynique » et « absurde ».

En réponse à l’action de mardi à la CPI, Israël a indiqué qu’il adoptait une « vision sévère » de la demande palestinienne. Il a accusé les Palestiniens d’incitation à la violence contre Israël et de l’utilisation des femmes et des enfants comme boucliers humains.

L’AFP a contribué à cet article.

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