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Tsahal démolit la maison du terroriste de Homesh ; affrontement avec les Palestiniens

L'armée a mené une opération nocturne à Silat al-Harithiya, village des assassins de Yehuda Dimentman en 2021. Trois Palestiniens ont été blessés dans des affrontements

Des soldats israéliens démolissent le domicile d’un terroriste présumé à Silat al-Harithiya, le 7 mai 2022. (Crédit : Armée israélienne)
Des soldats israéliens démolissent le domicile d’un terroriste présumé à Silat al-Harithiya, le 7 mai 2022. (Crédit : Armée israélienne)

L’armée israélienne a annoncé, samedi matin, avoir démoli pendant la nuit la maison d’un terroriste présumé dans le nord de la Cisjordanie, et affronté à cette occasion des émeutiers palestiniens.

Les soldats ont détruit l’étage de la maison où vivait Omar Ahmed Yassin Jaradat dans le village de Silat al-Harithiya.

L’opération a été rendue publique par les médias palestiniens, avant d’être confirmée par l’armée israélienne.

Le domicile de Jaradat, situé à l’étage d’un bâtiment, a été détruit, mais la structure extérieure est intacte. La démolition a eu lieu après le rejet des recours formés par la famille de Jaradat.

L’armée israélienne a déclaré qu’au cours de l’opération, « des émeutes s’étaient déclarées à plusieurs endroits névralgiques du village, au cours desquelles des individus ont jeté des pierres et des cocktails Molotov sur les soldats ». L’armée a précisé que les soldats sur le terrain avaient entendu des coups de feu.

Selon Tsahal, les soldats ont répondu avec des obus Ruger de faible calibre, considérés comme moins mortels que les obus de plus gros calibre utilisés normalement. Les organisations de défense des droits de l’homme condamnent l’utilisation d’obus Ruger pour les opérations de maintien de l’ordre, au motif qu’il s’agit d’une arme létale.

Le Croissant-Rouge a déclaré que trois Palestiniens avaient été blessés lors d’affrontements avec les soldats israéliens lors de la démolition. Aucun précision n’a été donnée sur leur état de santé.

Jaradat est accusé de faire partie d’une cellule du Jihad islamique palestinien qui a abattu Yehuda Dimentman à proximité de l’avant-poste de Homesh, en décembre dernier. Deux autres Israéliens avaient été légèrement blessés dans la fusillade. Jaradat avait été interpelé quelques jours après le meurtre.

Israël démolit par principe le domicile des Palestiniens accusés d’attentats terroristes meurtriers. L’efficacité de cette politique est controversée au sein-même des forces de l’ordre israéliennes, et les militants des droits de l’homme dénoncent ce qu’elles considèrent comme une punition collective injuste.

Des Palestiniens jettent des pierres sur un véhicule militaire israélien dans le village de Silat al-Harithiya, en Cisjordanie, près de Jénine, le 7 mai 2022, alors que les soldats israéliens démolissaient la maison d’Omar Jaradat, qui faisait partie d’une cellule terroriste qui a abattu Yehuda Dimentman, étudiant de yeshiva, en Cisjordanie en décembre 2021. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

En mars, les soldats israéliens ont démoli le domicile de deux autres suspects de cet attentat – Muhammad Youssef Jaradat et Ghaith Ahmed Yassin Jaradat, également originaires de Silat al-Harithiya.

L’armée a déclaré avoir rasé la maison du premier et détruit un étage du bâtiment dans lequel vivait le second.

Selon l’armée, des dizaines de Palestiniens s’étaient révoltés lors des démolitions de mars, lançant pierres, bombes incendiaires et engins explosifs improvisés sur les soldats, qui auraient riposté en utilisant des moyens traditionnels de dispersion des émeutes ainsi que des tirs à balles réelles.

Tsahal a démoli le domicile d’un quatrième suspect en février, opération au cours de laquelle un adolescent aurait été tué lors d’une fusillade avec les soldats, selon des sources palestiniennes.

Silat al-Harithiya est situé près de la ville de Jénine en Cisjordanie, zone où les terroristes présumés responsables d’attentats récents ont salué l’attentat de jeudi à Elad, dans lequel trois hommes ont trouvé la mort. Les auteurs des attentats de Bnei Brak et Tel Aviv étaient également originaires de Jénine et de ses environs.

Des suspects ont été inculpés pour la fusillade de décembre au cours de laquelle Dimentman a été tué et deux autres personnes, légèrement blessées.

Yehuda Dimentman. (Crédit : Autorisation)

Les trois personnes avaient essuyé des tirs à la sortie de la yeshiva où ils étudiaient, située à l’avant-poste illégal de Homesh. Homesh avait été évacué en 2005, dans le sillage du retrait d’Israël de Gaza et de certaines implantations de Cisjordanie.

La loi israélienne interdit la réinstallation à Homesh, mais l’armée tolère la présence de la yeshiva depuis plus de quinze ans. La région est le théâtre d’affrontements réguliers entre juifs d’extrême droite, résidents d’implantations, et Palestiniens des environs.

Depuis cet attentat, les résidents d’implantations ont redoublé d’efforts afin d’obtenir du gouvernement qu’il légalise la yeshiva.

Le mois dernier, plusieurs milliers d’Israéliens de droite ont marché vers l’implantation démantelée de Homesh. Plusieurs politiciens de l’opposition ont pris part à l’événement, avec l’ex-présidente de la coalition Idit Silman, bien qu’une telle manifestation constitue une violation de la loi militaire interdisant aux Israéliens de retourner sur le terrain des quatre implantations évacuées par le gouvernement en 2005.

La marche a déclenché des affrontements entre les soldats israéliens et les Palestiniens, qui protestaient contre le rassemblement.

Alexander Fulbright et Emanuel Fabian ont contribué à cet article.

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