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Tsahal saisit 3 tonnes d’armes sur des sites de l’ancien régime d’Assad

Les soldats ont localisé des explosifs et des roquettes dans des bases de commandos lors d'un raid anti-trafic d'armes

Des armes trouvées par les soldats israéliens dans le sud de la Syrie, une photo de Tsahal diffusée le 13 juillet 2025. (Crédit : Armée israélienne)
Des armes trouvées par les soldats israéliens dans le sud de la Syrie, une photo de Tsahal diffusée le 13 juillet 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Les soldats israéliens ont découvert plus de trois tonnes d’armements lors d’un raid lancé contre des structures militaires qui se trouvaient à l’intérieur du territoire syrien. Ces bases étaient entretenues par le régime de Bashar al-Assad, le dictateur déchu, a précisé Tsahal dans la journée de dimanche.

Lors de ces opérations qui ont eu lieu au cours de la semaine dernière, les réservistes de la 810e brigade régionale de montagne, au sommet du mont Hermon, ont fouillé plusieurs « quartiers-généraux de premier plan » sur le territoire syrien. Ils appartenaient auparavant aux forces de commando du régime Assad, a noté l’armée.

Parmi les armes qui ont été découvertes, des mines antichars, des engins explosifs et des roquettes.

Les militaires ont fait savoir que les raids lancés dans la région ont visé à empêcher le trafic d’armes de la Syrie vers le Liban.

Les troupes israéliennes ont lancé un certain nombre d’opérations à l’intérieur de la Syrie au cours des dernières semaines, prenant principalement pour cible des membres présumés de cellules soutenues par l’Iran et stationnées près de la frontière du Golan.

L’armée de l’air a également procédé à des bombardements afin d’empêcher les armes syriennes de tomber entre les mains des islamistes qui ont renversé Assad, à la fin de l’année dernière.

Des armes trouvées par les soldats israéliens dans le sud de la Syrie, une photo de Tsahal diffusée le 13 juillet 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Ces raids ont été annoncés alors que des violences sectaires meurtrières ont éclaté dans les zones druzes de la partie syrienne du Golan – des Druzes qu’Israël s’était déjà efforcé de protéger face aux islamistes.

Les forces syriennes ont été déployées lundi dans la province méridionale de Soueïda, théâtre d’affrontements entre tribus bédouines sunnites et combattants druzes ayant fait au moins 50 morts selon une ONG.

Ces nouvelles violences intercommunautaires viennent rappeler les défis sécuritaires auxquels fait face le pouvoir intérimaire d’Ahmad al-Chareh depuis qu’il a renversé le président Bachar al-Assad en décembre dans un pays meurtri par près de 14 ans de guerre civile.

Les heurts se poursuivent sporadiquement lundi dans certains villages de la province de Soueïda, ont indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) et le site d’information local Suwayda 24.

Ils ont éclaté dimanche au lendemain « de l’enlèvement d’un marchand de légumes druze par des bédouins armés qui ont installé des barrages sur la route reliant Soueïda à Damas », a précisé l’OSDH. « L’incident a dégénéré » et les deux camps ont procédé à d’autres enlèvements, a-t-elle ajouté.

Selon le site Suwayda 24, les hommes enlevés ont été libérés dimanche soir.

Le ministère de la Défense, en coordination avec le ministère de l’Intérieur, a annoncé dans un communiqué le déploiement d' »unités militaires dans les zones touchées », « l’ouverture de passages sûrs aux civils » ainsi que sa volonté de « mettre fin aux heurts rapidement et de manière décisive ».

Dimanche, le ministre de l’Intérieur Anas Khattab a déclaré sur X que « l’absence d’institutions étatiques, militaires et sécuritaires, est une cause majeure des tensions persistantes à Soueïda ». « La seule solution est de réactiver (le rôle) des institutions pour assurer la paix civile. »

L’Observatoire a fait état d’un nouveau bilan de 50 morts et de dizaines de blessés lors des combats armés et des échanges de tirs d’obus dans la ville de Soueïda et d’autres villages de la province du même nom.

Parmi eux figurent 34 druzes, dont deux enfants, 10 bédouins et six membres des forces de sécurité, a ajouté l’ONG en soulignant que l’autoroute reliant Damas à Soueïda était toujours fermée. La télévision d’Etat a confirmé un bilan de six morts parmi les forces syriennes.

Le ministère de la Défense a, pour sa part, annoncé plus de 30 morts et une centaine de blessés.

Le gouverneur de Sweida, Mustapha al-Bakur, a appelé ses administrés à « faire preuve de retenue et à répondre aux appels nationaux à la réforme ».

Plusieurs chefs spirituels druzes syriens ont également appelé au calme et ils ont demandé à Damas d’intervenir.

Au mois d’avril et au mois de mai, des affrontements entre les forces de sécurité du nouveau gouvernement et des combattants druzes avaient fait des dizaines de morts. Des chefs locaux et des personnalités religieuses avaient conclu des accords pour tenter de contenir l’escalade des violences et pour mieux intégrer les combattants druzes au sein du nouveau gouvernement.

Pendant ces affrontements, Israël avait lancé une frappe au drone en direction d’un groupe armé qui s’apprêtait à attaquer une communauté druze située aux abords de Damas et le ministre de la Défense, Israel Katz, avait demandé à ses soldats d’être prêts à intervenir en Syrie pour défendre les Druzes. Katz et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avaient alors déclaré dans un message adressé à la Syrie qu’Israël « attendait des dirigeants syriens qu’ils agissent dans le but d’empêcher de porter atteinte aux Druzes ».

Après le renversement, au mois de décembre, d’Assad, le dictateur syrien de longue date, Israël avait envoyé des troupes dans la zone tampon contrôlée par les Nations unies qui sépare les forces opposées sur les hauteurs du Golan. Les soldats ont depuis lancé des incursions dans le sud de la Syrie.

Des armes trouvées par les soldats israéliens dans le sud de la Syrie, une photo de Tsahal diffusée le 13 juillet 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Les troupes ont mené des opérations dans un périmètre qui s’est étendu jusqu’à 15 kilomètres à l’intérieur de la Syrie dans le but de trouver des armes qui, selon Israël, pourraient constituer une menace pour le pays si elles tombaient entre les mains de « forces hostiles ».

Immédiatement après l’éviction d’Assad, Israël a également effectué des centaines de frappes aériennes en Syrie afin d’empêcher que des ressources militaires essentielles ne tombent sous le contrôle de l’administration dirigée par Sharaa.

Un soldat de la 810ème Brigade Régionale des Montagnes en opération dans le sud de la Syrie, dans une photo de l’armée diffusée le 13 juillet 2025. (Crédit : Tsahal)

Des responsables syriens et israéliens ont discuté de cette présence militaire au cours des dernières semaines et, au mois de juin, un haut responsable israélien a déclaré que les deux parties étaient en « pourparlers avancés » sur la fin des hostilités, même si Jérusalem a adopté une approche de prudence à l’égard des nouveaux dirigeants islamistes du pays.

Les deux pays sont officiellement en état de guerre depuis la création d’Israël en 1948, et leur dernier conflit majeur remonte à la guerre de Yom Kippur, qui avait éclaté en 1973.

Une réunion qui a eu lieu le week-end dernier en Azerbaïdjan entre des responsables syrien et israélien aurait été consacrées à la présence des forces israéliennes en Syrie. Sharaa, qui se trouvait à Bakou, la capitale, pour discuter de coopération énergétique avec les hauts-responsables azerbaïdjanais, n’a pas assisté à ces entretiens avec les Israéliens.

Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, à droite, et le président intérimaire syrien Ahmad al-Sharaa, deuxième à gauche, au balcon lors de leur rencontre à Bakou, en Azerbaïdjan, le 12 juillet 2025. (Crédit : Bureau de presse de la présidence azerbaïdjanaise via AP)

Par ailleurs, le ministère syrien de l’Intérieur a annoncé dimanche l’arrestation d’un terroriste du Hezbollah qui préparait des attentats. Le Hezbollah, groupe terroriste libanais qui a juré la destruction d’Israël, était l’un des principaux alliés du régime d’Assad.

Selon le ministère, l’homme s’appelle Mahmoud Fadl. Il a ajouté qu’il était en possession d’explosifs prêts à être actionnés, des bombes qu’il avait l’intention de déployer pour commettre des attaques terroristes dans la région. Selon le communiqué, Fadl appartient à une cellule du Hezbollah active en Syrie.

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