Tsahal veut savoir pourquoi la défense aérienne n’a pas abattu un missile syrien
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Tsahal veut savoir pourquoi la défense aérienne n’a pas abattu un missile syrien

Un projectile a explosé en plein vol pendant la nuit, envoyant des débris s'écraser dans le sud d'Israël, mais n'a pas fait de blessés ni de dégâts

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un missile d'interception SA-5 exposé au musée des forces aériennes ukrainiennes. (George Chernilevsky/Wikimedia/CC BY-SA 3.0)
Un missile d'interception SA-5 exposé au musée des forces aériennes ukrainiennes. (George Chernilevsky/Wikimedia/CC BY-SA 3.0)

L’armée israélienne a ouvert une enquête pour déterminer pourquoi ses défenses aériennes n’ont pas réussi à intercepter un missile sol-air, tiré depuis la Syrie, qui a atterri dans le sud d’Israël jeudi matin.

Le missile syrien a explosé en plein vol, envoyant des fragments qui se sont écrasés sur la localité d’Ashalim, à une quarantaine de kilomètres du réacteur nucléaire de Dimona, sans faire de blessés ni de dégâts importants.

Jeudi, peu après 1h30 du matin, des avions de chasse israéliens ont mené une série de frappes aériennes sur des cibles situées dans le Golan syrien. En réponse, les unités de défense aérienne syriennes ont tiré un grand nombre de missiles anti-aériens, notamment des missiles SA-5, sur les avions israéliens qui attaquaient, selon les médias d’État syriens.

Les radars israéliens ont détecté qu’au moins un des SA-5 – également connus sous le nom de missiles S-200 – était sur une trajectoire qui allait le faire atterrir dans le nord du désert du Néguev, ce qui a déclenché les sirènes dans la région et incité les forces de défense aérienne israéliennes à tirer un missile d’interception sur le projectile entrant.

Fragments d’un missile SA-5 syrien tiré vers Israël, qui a atterri dans une piscine de la localité d’Ashalim dans le nord du Néguev, le 22 avril 2021. (Autorisation)

Selon Tsahal, l’intercepteur n’a pas réussi à abattre le missile anti-aérien syrien, un projectile massif doté d’une ogive de 200 kg. L’armée a déclaré qu’elle ouvrait une enquête sur cette affaire.

Des morceaux du projectile ont été récupérés à Ashalim. Un certain nombre ont atterri dans la piscine municipale de cette localité.

Tsahal a refusé de préciser lequel de ses systèmes de défense aérienne a été utilisé. La vidéo du lancement de l’intercepteur israélien a été largement partagée sur les médias sociaux (ci-dessous).

Des habitants de Jérusalem et du centre d’Israël ont déclaré avoir ressenti les effets d’une explosion. Il n’était pas clair si elle avait été causée par l’impact du missile syrien sur le sol ou par l’échec de la tentative d’interception.

En réponse au lancement du missile sol-air, l’armée israélienne a mené une deuxième série de frappes aériennes en Syrie, visant les défenses aériennes syriennes, notamment la batterie qui a tiré le SA-5 qui a frappé le sud d’Israël.

Les médias d’État syriens ont indiqué que quatre soldats avaient été blessés dans l’attaque israélienne. Les médias syriens ont rapporté que l’un des quatre soldats avait été tué dans l’attaque, bien que cela n’ait pas été immédiatement confirmé par les sources officielles syriennes.

Bien qu’ils soient principalement conçus pour intercepter les avions et les projectiles dans les airs, les missiles SA-5 sont capables de causer des dommages considérables s’ils touchent le sol en raison de leur grande taille.

En 2019, dans un cas similaire, un missile SA-5 syrien qui avait été tiré sur un avion israélien s’est écrasé dans le nord de Chypre, provoquant une forte explosion et déclenchant un incendie.

Fragments d’un missile SA-5 syrien tiré vers Israël, qui a atterri dans la localité d’Ashalim dans le nord du Néguev, le 22 avril 2021. (Autorisation)

Israël a régulièrement accusé l’armée syrienne de tirer sauvagement de grandes quantités de missiles anti-aériens en réponse à ses frappes.

L’incident survenu avant l’aube s’inscrit dans un contexte de fortes tensions entre Israël et l’Iran, quelques semaines après l’attaque du site nucléaire iranien de Natanz, au début du mois, qui a été largement attribuée à l’État hébreu. L’Iran a juré de riposter au sabotage israélien présumé.

Le porte-parole de Tsahal, Hidai Zilberman, a souligné que l’armée ne pensait pas que l’incident de la nuit était une attaque délibérée contre le pays ou son installation nucléaire.

« Il n’y avait aucune intention de frapper le réacteur nucléaire de Dimona », a déclaré Zilberman aux journalistes.

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