Turquie: Paris dénonce « une volonté d’attiser la haine », retour de l’ambassadeur
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Turquie: Paris dénonce « une volonté d’attiser la haine », retour de l’ambassadeur

"A l'absence de condamnation après l'attentat terroriste de Conflans Sainte-Honorine, s'ajoutent désormais depuis quelques jours une propagande haineuse", a déclaré Le Drian

Le président français Emmanuel Macron (à droite) et le président turc Recep Tayyip Erdogan devant lui lors d'une photo organisée dans le cadre du sommet de l'OTAN à l'hôtel Grove de Watford, au nord-est de Londres, le 4 décembre 2019. (Crédit : CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à droite) et le président turc Recep Tayyip Erdogan devant lui lors d'une photo organisée dans le cadre du sommet de l'OTAN à l'hôtel Grove de Watford, au nord-est de Londres, le 4 décembre 2019. (Crédit : CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP)

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a dénoncé de la part de la Turquie « une volonté d’attiser la haine » contre la France et son président Emmanuel Macron, soulignant que l’ambassadeur sera de retour à Paris « pour consultation », dès ce dimanche.

Le ministre des Affaires étrangères, depuis l’avion qui l’emmenait vers le Mali, a fustigé « un comportement inadmissible, à fortiori de la part d’un pays allié ».

« A l’absence de toute marque officielle de condamnation ou de solidarité des autorités turques après l’attentat terroriste de Conflans Sainte-Honorine, s’ajoutent désormais depuis quelques jours une propagande haineuse et calomnieuse contre la France », a déclaré M. Le Drian, dans un communiqué.

La France a noté un manque de solidarité de certains autres pays, après l’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty, à sa sortie du collège où il enseignait en région parisienne, pris pour cible par un terroriste Russe tchétchène pour avoir montré des caricatures de Mahomet en classe dans un cours sur la liberté d’expression.

Des manifestants tiennent une pancarte indiquant « J’enseigne donc je suis » et un portrait du professeur d’histoire Samuel Paty alors qu’ils se rassemblent place de la République à Paris le 18 octobre 2020, deux jours après avoir été décapité par un agresseur abattu par les policiers. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)

M. Le Drian a dénoncé aussi des « insultes directes contre le président (Emmanuel Macron), exprimées au plus haut niveau de l’Etat turc ».

« L’ambassadeur de France en Turquie (Hervé Magro, ndlr) a en conséquence été rappelé et rentre à Paris dès ce dimanche 25 octobre 2020 pour consultation », a ajouté le ministre.

La présidence française a annoncé samedi le rappel pour consultation de l’ambassadeur de France en Turquie, après de nouvelles attaques du président turc Recep Tayyip Erdogan contre Emmanuel Macron.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue russe Vladimir Poutine à la suite de leurs entretiens dans la station balnéaire de Sotchi, le 22 octobre 2019. (Crédit : Sergei Chirikov/Pool/AFP)

Il y a deux semaines, M. Erdogan avait déjà dénoncé comme une provocation les déclarations du président français sur le « séparatisme islamiste » et la nécessité de « structurer l’islam » en France, alors que l’exécutif présentait un projet de loi sur ce thème.

Il a enfoncé le clou samedi dans un discours télévisé : « Tout ce qu’on peut dire d’un chef d’Etat qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c’est : allez d’abord faire des examens de santé mentale ».

Le rappel d’un ambassadeur « pour consultation », selon l’expression consacrée, est un acte diplomatique rare et serait une première, semble-t-il, dans l’histoire des relations franco-turques.

Le précédent rappel d’un ambassadeur français remonte à février 2019 quand Paris avait voulu protester contre une rencontre entre Luigi di Maio, alors vice-Premier ministre italien, et des « gilets jaunes ».

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