L’UE condamne les discours de haine dans les manuels scolaires palestiniens
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L’UE condamne les discours de haine dans les manuels scolaires palestiniens

Un rapport budgétaire appelle à cesser de financer les contenus éducatifs incitant à la radicalisation religieuse et au "martyr" des jeunes enfants

Des enfants palestiniens rassemblés dans une école avant la rentrée scolaire, dans le village de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, le 16 juillet 2018. (Crédit : ABBAS MOMANI/AFP)
Des enfants palestiniens rassemblés dans une école avant la rentrée scolaire, dans le village de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, le 16 juillet 2018. (Crédit : ABBAS MOMANI/AFP)

Le Parlement européen a adopté, jeudi, une résolution qui condamne l’Autorité palestinienne, qui n’a pas renoncé à inclure un discours de haine et des contenus violents dans ses manuels scolaires.

La résolution indique que le Parlement européen, la branche législative de l’Union européenne, « s’inquiète des contenus problématiques répertoriés dans les manuels des écoles palestiniennes qui n’ont pas été supprimés et s’inquiète également de l’incapacité continue à agir de manière effective contre les discours de haine et la violence dans les livres scolaires ».

Elle insiste sur le fait que les « salaires des enseignants et des fonctionnaires du secteur public de l’éducation, qui sont financés par les fonds versés par l’Union européenne… doivent être utilisés pour mettre en place et pour enseigner un programme reflétant les valeurs de paix, de tolérance, de coexistence et de non-violence de l’UNESCO ».

Le rapport parlementaire, qui a été réalisé au mois de mars, se penche sur les dépenses faites par l’UE pour l’année 2018 et a été élaboré par Monika Hohlmeier, députée allemande et membre de la commission de contrôle budgétaire du parlement.

Ce rapport pourrait avoir des implications sur la manière dont l’UE alloue son budget.

Dans une clause séparée qui ne désigne pas spécifiquement les Palestiniens, la résolution souligne la nécessité de « garantir qu’aucun fonds de l’Union… n’est utilisé pour financer des manuels scolaires et des contenus éducatifs qui incitent à la radicalisation religieuse, à l’intolérance, à la violence ethnique et au martyr parmi les enfants ».

Le rapport recommande vivement à la Commission européenne, branche exécutive de l’UE, « de s’assurer que toutes les entités tierces utilisent bien les fonds de l’Union pour mettre au point des manuels scolaires et des contenus d’enseignement reflétant nos valeurs communes et pleinement conformes aux normes de l’UNESCO en termes de promotion de la paix, de la tolérance et de la coexistence dans l’enseignement scolaire ».

Les résolutions liées au sujet – elles sont au nombre de trois sur un total de 468 – ont été approuvées par au moins 400 députés du parlement européen, fort de 705 membres.

L’Institut de veille pour la paix et de la tolérance dans l’enseignement scolaire (IMPACT-se), un observatoire israélien qui analyse les contenus des livres scolaires palestiniens, a estimé que le parlement de l’Union européenne « est clairement exaspéré par le paiement continu de subventions massives au système éducatif palestinien, utilisé pour l’élaboration de l’un des programmes les plus haineux, violents et extrêmes du monde ».

Image tirée du rapport IMPACT-se d’avril 2017 sur les manuels scolaires palestiniens du primaire. (Capture d’écran)

Le groupe a rapporté que l’Union avait transféré environ un milliard d’euros au secteur éducatif palestinien depuis le mois de septembre 2016.

Les responsables de l’UE ont annoncé qu’un prochain rapport sur les programmes scolaires palestiniens resterait classifié, a noté IMPACT-se.

« Classifier ce rapport n’a aucun sens et, très franchement, paraît très suspect », a déclaré Marcus Sheff, directeur-général d’IMPACT-se, dans un communiqué.

ELNET, une organisation à but non-lucratif qui se consacre au renforcement des liens entre l’Europe et Israël, a applaudi cette résolution, la qualifiant « d’aboutissement majeur en faveur de la sécurité d’Israël mais également en préparation de la coexistence future ».

La branche européenne de l’AJC (American Jewish Committee), l’Institut transatlantique de l’AJC, a également salué cette initiative, appelant l’instance de l’Union européenne à garantir que les fonds seront utilisés pour la promotion de la paix et de la tolérance dans les écoles.

« Le parlement européen mérite d’être salué pour avoir interpelé l’Autorité palestinienne pour ses incitations systématiques à la violence dans les manuels scolaires. En mettant en garde Ramallah et la commission européenne, les députés ont adopté un positionnement clair contre la mauvaise utilisation des fonds de l’Union qui sont utilisés pour empoisonner les esprits des jeunes Palestiniens », a déclaré Daniel Schwammenthal, directeur de l’Institut transatlantique de l’AJC.

« Les incitations à la violence palestinienne restent l’un des principaux obstacles à une solution négociée à deux Etats », a ajouté Schwammenthal.

« C’est tout particulièrement grâce aux recherches effectuées par IMPACT-se que les incitations anti-juives et anti-israéliennes dans les écoles de l’Autorité palestinienne – et financées par les contribuables européens – ont été révélées », a ajouté Schwammenthal.

Le parlement européen avait adopté, au mois d’avril 2018, une législation visant à prévenir les contenus de haine dans les manuels scolaires palestiniens.

Au mois d’octobre 2018, la commission budgétaire du parlement avait recommandé le gel de plus de 17 millions de dollars versés sous forme d’aides à l’Autorité palestinienne en raison des incitations à la violence à l’encontre de l’Etat juif présentes dans ses manuels scolaires.

Raphael Ahren a contribué à cet article.

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