Un ancien soldat américain de Tsahal a combattu l’EI en Syrie
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Un ancien soldat américain de Tsahal a combattu l’EI en Syrie

Jonathan Leibovits a expliqué que son entraînement dans la Brigade Givati l’avait aidé à se préparer à la bataille de la prise de la ville clef de Manbij

Le vétéran américain de l'armée israélienne Jonathan Leibovits (au centre) en Syrie combattant aux côtés des forces des YPG contre les djihadistes de l'EI en 2016 (Capture d'écran : Dixième chaîne)
Le vétéran américain de l'armée israélienne Jonathan Leibovits (au centre) en Syrie combattant aux côtés des forces des YPG contre les djihadistes de l'EI en 2016 (Capture d'écran : Dixième chaîne)

Pour ce Juif américain qui a servi dans l’armée israélienne, les combats en Syrie contre l’Etat Islamique ont été « les moments les plus dingues de ma vie », a-t-il déclaré dans un entretien diffusé samedi à la télévision israélienne.

Jonathan Leibovits, qui est né en Israël mais qui a grandi à Los Angeles, s’est porté volontaire pour combattre contre l’EI après l’attaque terroriste à San Bernardino qui a coûté la vie à 14 personnes.

« Il y a eu une attaque à San Bernadino. C’est à une demi-heure d’où ma famille habite, a déclaré Leibovits à la Dixième chaîne. Alors, c’est devenu quelque chose de personnel, ils venaient carrément chez moi ».

« Je suis très compétent. Je sais ce que je fais, alors c’est moi qui devais aller chez eux », a-t-il ajouté.

En 2016, Leibovitz est parti pour l’Irak, où il s’est caché pendant plusieurs jours dans une planque avant de traverser la frontière syrienne.

Pendant les six mois où il a combattu aux côtés des Unités de Protection du Peuple Kurde Syrien (YPG), Leibovits n’a pas cherché à cacher qu’il était américain ou juif.

Jonathan Leibovits au cours de son service dans l’armée israélienne (Capture d’écran : Dixième chaîne)

L’Etat islamique « a un contrat sur chaque combattant étranger qui rejoint l’YPG. Je pense que ça commence à 100 000 ou quelque chose dans le genre, et cela peut monter à 200 000, 500 000, a-t-il expliqué. Parfois, je disais quelques mots en hébreu et [les combattant YPG] me disaient ‘Israël ?’… et je répondais ‘hum hum’ ».

« A dire la vérité, je n’étais pas en Syrie pour faire de la politique. Je n’étais pas là-bas pour soutenir la stratégie américaine. Je n’y étais pas pour ce genre de raisons. J’y étais parce qu’il fallait le faire – aider autant que possible les enfants, les femmes et les personnes âgées innoncents qui sont tués quotidiennement », a expliqué Leibovits.

L’YPG « m’a demandé où je m’étais entraîné auparavant, et je leur ai dit que j’ai servi dans Tsahal, alors ils m’ont répondu que c’était ok ».

En Syrie, l’expérience la plus pénible de Leibovits a été le sauvetage de deux filles yazidi qu’il a découvertes, avec un autre combattant volontaire, à l’intérieur d’une cage dans la maison d’un terroriste.

Les combattants arabes et kurdes appuyés par les Américains avancent dans le bastion de l’Etat islamique de Manbij, dans le nord de la Syrie, le 23 juin 2016 (Crédit : AFP/Delil Souleiman)

« Nous sommes entrés… et nous avons vu une cage qui sert à garder des husky ou un truc dans le genre… et il y avait deux filles qui avaient moins de 12 ans, a-t-il expliqué. Je crois que c’est la seule fois où j’ai pleuré là-bas, à part quand je perdais des amis. Qu’un humain puisse faire ça à un autre humain, ça m’a brisé le cœur ».

Leibovits a expliqué que les filles étaient tellement traumatisées qu’elles n’ont pas tout de suite voulu quitter la cage.

« Elle ne nous connaissaient pas. Je suis un homme blanc et il y avait un Français à côté de moi… Cela m’a fait comprendre à quel point certaines personnes ont une vie difficile dans ce monde ».

« Les jours les plus dingues de ma vie »

Leibovits, qui a quitté LA pour Israël en 2012 afin de rejoindre Tsahal, a déclaré à la Dixième chaîne qu’il a reçu un entraînement inestimable dans la Brigade Givati. Cela l’a beaucoup aidé dans les batailles de l’YPG pour reprendre la ville syrienne de Manbij aux combattants de l’EI.

« C’est de la guerilla urbaine, on passe d’un bâtiment à l’autre, donc [l’entraînement] m’a beaucoup aidé ».

« C’était de la boucherie, les 76 jours les plus dingues de ma vie », a-t-il dit au sujet des combats pour reprendre la ville stratégique du nord du pays.

Le vétéran américain de l’armée israélienne Jonathan Leibovits (à gauche) en Syrie, aux côtés des forces des YPG contre les djihadistes de l’Etat islamique en 2016. (Capture d’écran : Dixième chaîne)

Leibovits a été blessé dans les combats pour Manbij. Il a encore des éclats d’obus dans la tête, l’épaule et la poitrine.

C’est quand son ami a été tué que Leibovits a décidé qu’il était temps de rentrer en Californie.

« Pour nous, le moment était venu de rentrer à la maison, a-t-il dit. Mentalement, nous avions tous besoin de nous reposer, et physiquement, je ne pouvais plus bouger ».

« C’était la période la plus dingue de ma vie… ça m’a vraiment changé », a-t-il ajouté.

Leibovits a confié que les six premiers mois chez lui étaient « vraiment durs », mais même s’il est encore hanté par ce qu’il a vu en Syrie, il ne regrette pas d’être allé combattre l’EI.

« Si je pouvais y retourner et le refaire, je le referais sans la moindre hésitation, a-t-il expliqué. Je sais ce que j’ai fait et les personnes que j’ai aidées, c’est quelque chose que l’on garde toute sa vie ».

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