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Un antidépresseur bon marché efficace contre le COVID-19 grave – étude

Un essai au Brésil révèle que 11 % des patients à haut risque sous fluvoxamine ont dû être hospitalisés, contre 16 % qui ont reçu le placebo ; la cure ne coûte que 4 dollars

Des patients touchés par le COVID-19 dans un hôpital de campagne installé dans un gymnase, à Santo Andre, dans l'État de Sao Paulo (Brésil), le 26 mars 2021. (Crédit : Miguel SCHINCARIOL / AFP)
Des patients touchés par le COVID-19 dans un hôpital de campagne installé dans un gymnase, à Santo Andre, dans l'État de Sao Paulo (Brésil), le 26 mars 2021. (Crédit : Miguel SCHINCARIOL / AFP)

Un antidépresseur bon marché pourrait réduire le besoin d’hospitalisation chez les adultes à haut risque atteints de COVID-19, selon une étude publiée dans The Lancet jeudi.

L’étude faisait partie d’une recherche sur des médicaments existants afin de déterminer s’ils pourraient être réutilisés pour traiter le coronavirus.

Un inhibiteur sélectif du recaptage de la sérotonine (ISRS) connu sous le nom de fluvoxamine et vendu sous le nom de marque Luvox, entre autres, a été administré à 1 500 patients au Brésil qui ont été récemment infectés et évalués comme étant à risque de tomber gravement malades.

Les chercheurs ont testé la pilule, qui est utilisée pour la dépression et le trouble obsessionnel-compulsif, car elle était connue pour réduire l’inflammation et semblait prometteuse dans des études plus petites.

Le médicament a été choisi dans l’espoir qu’il puisse aider à prévenir les tempêtes de cytokines, la réaction immunitaire qui provoque une inflammation majeure et qui serait à l’origine de nombreux décès chez les patients atteints de COVID-19.

Les chercheurs ont déclaré qu’une cure de 10 jours de fluvoxamine coûte environ 4 dollars. En comparaison, les traitements à base d’anticorps IV coûtent environ 2 000 $ et la pilule antivirale expérimentale de Merck pour la COVID-19 coûte environ 700 $ par cours. Certains experts prédisent que divers traitements seront éventuellement utilisés en combinaison pour lutter contre le coronavirus.

Dans l’essai, 741 patients ont reçu de la fluvoxamine tandis que 756 volontaires ont pris le placebo. L’âge moyen des participants était de 50 ans et 58 % étaient des femmes.

Parmi les personnes sous traitement, 79 (11 %) ont dû être hospitalisées d’urgence, tandis que 119 (16 %) de celles qui ont pris le placebo ont eu besoin de soins.

Les chercheurs ont admis que l’essai avait des limites, d’autant plus qu’il n’est toujours pas clair qui est exactement le plus à risque de développer une maladie grave à la suite d’une infection au coronavirus.

« Il n’existe pas de norme de soins pour le traitement précoce du COVID-19 et divers groupes de spécialistes promeuvent différentes approches, y compris certaines de celles évaluées dans cet essai et dans les précédents », ont écrit les chercheurs.

« En outre, nous comprenons très mal qui est le plus à risque de progression de la maladie car certains patients avec de nombreux facteurs de risque se rétablissent rapidement, alors que d’autres avec des facteurs de risque moins établis n’y parviennent pas », ont-ils déclaré.

Les chercheurs ont également noté que les participants avaient un taux d’hospitalisation plus élevé que dans d’autres essais similaires, « permettant ainsi des inférences sur les effets du traitement dans cette population à risque plus élevé ».

L’étude a également noté que lorsque l’essai a commencé, les vaccins n’étaient pas largement disponibles au Brésil, mais sont devenus plus largement disponibles au fur et à mesure que l’étude progressait, et certains participants ont été vaccinés tandis que d’autres ne l’étaient pas.

« Bien que nous ayons modifié les critères d’inclusion et autorisé les patients vaccinés au cours de l’essai, nous pensons que cela a eu un effet minimal sur le critère de jugement principal, car seulement 86 (6%) des 1497 ont signalé au moins une dose d’un vaccin contre la COVID-19 à la fin de l’essai », ont déclaré les chercheurs.

Le projet plus vaste a examiné huit médicaments existants pour voir s’ils pouvaient fonctionner contre le virus. Le projet teste toujours un médicament contre l’hépatite, mais tous les autres – y compris la metformine, l’hydroxychloroquine et l’ivermectine – n’ont pas abouti.

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