Un Arabe battu par des Juifs à Binyamina; Incendie d’une maison juive à Lod
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Un Arabe battu par des Juifs à Binyamina; Incendie d’une maison juive à Lod

À Binyamina, une dizaine d’assaillants ont brisé les fenêtres de la voiture de la victime, l’a traînée hors de sa voiture et l'a frappée à plusieurs reprises

La scène de crime à Binyamina où la police soupçonne une foule juive d'avoir battu un conducteur arabe le 27 mai 2021. (Capture d'écran)
La scène de crime à Binyamina où la police soupçonne une foule juive d'avoir battu un conducteur arabe le 27 mai 2021. (Capture d'écran)

Un groupe d’assaillants juifs ont traîné un conducteur arabe hors de sa voiture et l’ont battu avec des bouteilles en verre avant de fuir les lieux dans la ville de Binyamina jeudi soir, selon des témoignages.

La victime a été transportée à l’hôpital Rambam à Haïfa dans un état modéré, où il a été soigné pour des blessures à la tête.

Des témoins ont déclaré au site d’information Walla qu’une dizaine d’hommes, dont certains portaient des kippas, ont encerclé le véhicule de la victime, l’obligeant à s’arrêter. Ils ont ensuite brisé les vitres de la voiture, en ont fait sortir le conducteur de force et l’ont frappé à plusieurs reprises, y compris avec des bouteilles en verre, alors qu’il gisait dans la rue.

Un témoin a déclaré avoir assisté à la fin de l’assaut. « Je les ai vus battre quelqu’un au sol, puis ils se sont précipités dans leur voiture et se sont enfuis », a-t-il dit à Walla, ajoutant qu’il avait appelé la police.

Les autorités enquêtent sur l’incident en tant qu’agression à motif nationaliste.

Jeudi soir également, des suspects ont lancé des cocktails Molotov dans la demeure d’une famille juive de la ville mixte de Lod. Les habitants de la maison ont réussi à éteindre rapidement le feu avant que quiconque ne soit blessé.

Depuis le début de la guerre de 11 jours entre Israël et les groupes terroristes de Gaza plus tôt ce mois-ci, des violences ont éclaté dans les villes dites mixtes, des gang arabes et juifs s’en prenant à des passants souvent sans défense, les ciblant en fonction de leur appartenance ethnique.

L’incident de ce jeudi à Binyamina était la deuxième attaque d’assaillants juifs contre des Arabes dans la ville depuis le début du mois.

Le 12 mai, une foule comprenant des centaines de personnes brandissant matraques, couteaux et drapeaux israéliens s’en est prise à une station-service à l’entrée de la ville. « Ils ont vandalisé la station et ont tiré des pétards, cherchant des passants arabes à attaquer », a témoigné l’une des propriétaires de la station-service, Shoshana Stavy, dans une interview à Radio 103 FM jeudi.

« L’un d’eux a crié ‘Voilà un arabe!’ Et tout le monde a accouru pour le tabasser. Et puis quelqu’un d’autre a crié ‘Un gauchiste!’, Alors tout le monde a poursuivi celui qui avait été décrété gauchiste », a-t-elle déclaré.

Des images de la scène ont montré deux employés arabes de la station-service de Jisr a-Zarqa, gisant au sol alors que plusieurs bons samaritains se tenaient devant eux, essayant de repousser la foule juive.

« La police est arrivée après le début des passages à tabac et a finalement secouru les victimes, mais n’a rien fait pour arrêter l’émeute », a déclaré Stavy.

« C’était une anarchie complète. Les gens se promenaient avec des bâtons et des pierres », a-t-elle témoigné, ajoutant que l’incident a duré près de quatre heures.

Stavy a déclaré à 103 FM qu’elle avait vu un petit nombre d’émeutiers arrêtés mais qu’elle était sceptique quant à savoir si l’un d’eux serait inculpé. Le propriétaire de la station-service a déclaré qu’il avait fallu une semaine et demie avant que les agents ne viennent collecter les images de la caméra de sécurité.

Lundi, la police a lancé l’opération « Loi et ordre » et a depuis arrêté plus de 350 personnes suspectées d’avoir été impliquées dans les violents affrontements entre Juifs et Arabes du début du mois.

À ce jour, 175 actes d’accusation ont été déposés, a déclaré jeudi le commissaire de police Kobi Shabtai, ajoutant que l’opération se poursuivrait dans les jours à venir.

Le chef de la police Kobi Shabtai, (à droite), répond à la presse près de la Porte de Damas à Jérusalem, le 24 avril 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Près de 2 000 suspects ont été arrêtés depuis que la guerre de Gaza a éclaté le 10 mai, a indiqué la police.

Lundi, au terme du premier jour de l’opération, un porte-parole de la police a déclaré au New York Times que 70 % des personnes arrêtées étaient arabes et 30 % juives.

Les accusations comprenaient l’assaut contre des agents de police avec circonstances aggravantes, la mise en danger de la vie humaine sur une voie publique, la participation à des émeutes, le jet de pierres, des troubles à l’ordre public, des incendies criminels et des interactions avec un agent de police dans l’exercice de ses fonctions.

La campagne a vu des officiers « largement déployés contre les émeutiers, les criminels, et toute personne impliquée dans les troubles de la paix, afin de les traduire en justice », a déclaré la police.

Ynet a indiqué que l’objectif de l’opération était également de « régler leurs compte » avec les gangs criminels opérant dans les communautés arabes. L’opération a été approuvée après une consultation entre le ministre de la Sécurité publique Amir Ohana et Shabtai.

Des policiers affrontent des émeutiers arabes israéliens lors d’un épisode de tensions à Jérusalem, à Ramle, dans le centre d’Israël, le 10 mai 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90).

Lundi, les chefs des municipalités arabes ont rencontré Shabtai et se sont plaints que la police ne prenait des mesures contre les crimes violents dans la communauté arabe que parce qu’ils étaient devenus une menace pour la communauté juive, a rapporté Haaretz.

Des critiques ont également été émises par la députée Aida Touma-Sliman, du parti à prédominance arabe de la Liste Commune, déplorant que la police ait ignoré pendant des années les crimes violents dans les villes arabes.

« Tout à coup, la police se réveille et veut lancer une opération pour rétablir la loi et l’ordre », a déclaré Touma-Silman, selon Haaretz. «Où étaient-ils lorsque la criminalité sévissait dans la communauté arabe? Il semble que lorsqu’il s’agit de sauver des vies arabes, la police ne bouge pas. »

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