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Un artiste de Jérusalem présente des instantanés de sa ville dans sa nouvelle expo

L'exposition "On the Threshold" de Marek Yanai, à Beit Avi Chai, présente des huiles et des aquarelles riches et profondes de Jérusalem ; elle est également visible en ligne

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

  • "Breakfast in the Katamonim", peinture à l’huile de Marek Yanai, pour l’exposition "On the Threshold, Jerusalem in Oil and Watercolor", à Beit Avi Chai, jusqu'en juillet 2022. (Crédit : Autorisation de Beit Avi Chai)
    "Breakfast in the Katamonim", peinture à l’huile de Marek Yanai, pour l’exposition "On the Threshold, Jerusalem in Oil and Watercolor", à Beit Avi Chai, jusqu'en juillet 2022. (Crédit : Autorisation de Beit Avi Chai)
  • Détail de Kiryat Hayovel, peinture à l’huile sur toile, de Marek Yanai, pour l’exposition "On the Threshold, Jerusalem in Oil and Watercolor", à Beit Avi Chai, jusqu'en juillet 2022. (Crédit : Autorisation de Beit Avi Chai)
    Détail de Kiryat Hayovel, peinture à l’huile sur toile, de Marek Yanai, pour l’exposition "On the Threshold, Jerusalem in Oil and Watercolor", à Beit Avi Chai, jusqu'en juillet 2022. (Crédit : Autorisation de Beit Avi Chai)
  • Petit-déjeuner à Talbiya, huile sur toile de Marek Yanai, pour l’exposition "On the Threshold, Jerusalem in Oil and Watercolor", à Beit Avi Chai, jusqu'en juillet 2022. (Crédit : Autorisation de Beit Avi Chai)
    Petit-déjeuner à Talbiya, huile sur toile de Marek Yanai, pour l’exposition "On the Threshold, Jerusalem in Oil and Watercolor", à Beit Avi Chai, jusqu'en juillet 2022. (Crédit : Autorisation de Beit Avi Chai)
  • Dusk from the King David Hotel Rooftop, huile sur toile de Marek Yanai, pour l’exposition "On the Threshold, Jerusalem in Oil and Watercolor", à Beit Avi Chai, jusqu'en juillet 2022. (Crédit : Autorisation de Beit Avi Chai)
    Dusk from the King David Hotel Rooftop, huile sur toile de Marek Yanai, pour l’exposition "On the Threshold, Jerusalem in Oil and Watercolor", à Beit Avi Chai, jusqu'en juillet 2022. (Crédit : Autorisation de Beit Avi Chai)

Marek Yanai, artiste de Jérusalem, célèbre sa ville avec « On the Threshold : Jerusalem in Oil and Watercolor« , une collection de peintures à l’huiles et d’aquarelles actuellement exposée à Beit Avi Chai

On y trouve, bien sûr, des peintures offrant des vues de la Vieille Ville, ainsi que des œuvres arborant la teinte dorée de la pierre de Jérusalem, mais elles sont relativement rares dans cette exposition.

Au lieu de cela, Yanai, 76 ans, qui a longtemps été professeur à la Bezalel Academy of Art and Design, dépeint son Jérusalem à lui, avec ses entrées d’immeubles, ses tables dressées pour le petit-déjeuner et ses pins solitaires.

Les peintures de « On the Threshold » sont divisées en trois sections : la galerie principale de Beit Avi Chai, au premier étage, expose les peintures à l’huile de Yanai, ses aquarelles se trouvent au deuxième étage. Une troisième galerie est consacrée uniquement à ses portraits, également des aquarelles.

L’exposition débute par une œuvre abstraite aux couleurs vives qu’il a peinte alors qu’il était lui-même encore étudiant à Bezalel dans les années 1960. « C’est ainsi qu’il a commencé », a déclaré le commissaire de l’exposition Amichai Chasson.

Ce n’est que quelques années plus tard, alors qu’il étudiait en Europe, que Yanai a redécouvert le réalisme et les œuvres des maîtres anciens, et a réalisé à quel point il s’identifiait à cette forme d’expression.

Marek, aquarelle sur papier de Marek Yanai, pour l’exposition « On the Threshold, Jerusalem in Oil and Watercolor », à Beit Avi Chai, jusqu’en juillet 2022. (Crédit : Autorisation de Beit Avi Chai)

Les huiles riches et profondes utilisées pour les grandes toiles de Yanai offrent l’essence même de cet art européen, capturant le romantisme de Jérusalem avec des détails modernes qui apportent des touches de vie contemporaine, comme ces boîtiers électriques à l’entrée d’un élégant immeuble d’habitation, ou ce minuteur numérique réglé sur une table de petit-déjeuner.

« Il vous oblige à raconter une histoire », a déclaré M. Chasson, en regardant l’un des seuils d’immeuble de Yanai, encadré par des portes cintrées et des sols carrelés, ou en observant une table dressée pour le petit-déjeuner – qu’il s’agisse d’une table dans le quartier chic de Talbieh, à Jérusalem, avec une nappe blanche, une théière, du pain et de la confiture, ou de la simple table en formica de Yanai à Katamonim, avec des cornflakes, un bol et une cuillère.

« Vous voyez comment il vit dans cette ville », dit Chasson. « Ces deux tables très différentes, dressées pour le petit-déjeuner ? Elles ne sont qu’à un demi-kilomètre l’une de l’autre ».

En tant que commissaire, Chasson a ajouté des poèmes sur Jérusalem que le visiteur peut lire entre les tableaux, dont l’un des siens. Ils sont là pour rappeler aux visiteurs ce qu’ils regardent et le fait que d’autres avant eux ont aussi médité, tout en arpentant ces mêmes vues.

Le bosquet de la lune

Amichai Chasson

La nuit, un hurlement

se fait entendre dans le cœur de Jérusalem

et celui qui ne peut pas dormir sort pour chercher

dans les rues vides de monde.

un chacal provocateur qui marche parmi nous

et dans le Bosquet de la Lune

un homme est assis sous le pin majestueux,

un buisson ardent se consumant à ses pieds

ses mains des charbons et sa voix

la voix du chacal.

(Trans. V.E. 21.11.21)

Au deuxième étage de l’exposition de Beit Avi Chai, les aquarelles de Yanai prennent du relief et présentent des peintures d’arbres et de personnes, parmi elles, quelques grands noms, des étudiants et des amis chers.

« Avec les aquarelles, vous n’avez qu’une seule chance », a déclaré M. Chasson à propos des talents d’aquarelliste de M. Yanai. Les peintures doivent être terminées en trois heures environ afin de capturer l’instant sans perdre la couleur. « Vous n’avez pas beaucoup de temps. »

Mais même ainsi, Yanai se débrouille très bien, qu’il peigne le salon d’un ami, meublé d’un canapé floral surchargé et d’étagères de livres, ou la façade familière du YMCA de Jérusalem.

« Entrance on Beit Lehem Road », huile sur toile de Marek Yanai, Dubi Shiff Art Collection, pour l’exposition « On the Threshold, Jerusalem in Oil and Watercolor », à Beit Avi Chai, jusqu’en juillet 2022. (Crédit : Autorisation de Beit Avi Chai)

La première aquarelle de cette partie de l’exposition est une vue des simples murs en ciment des immeubles d’habitation de Kiryat Hayovel à Jérusalem, représentant un autre type de mur de la ville.

Yanai étudie Jérusalem depuis qu’il y a immigré à l’âge de 11 ans avec ses parents, quittant la Pologne après la Seconde Guerre mondiale, vers la fin des années 1950.

Il a obtenu son diplôme à Bezalel et a enseigné les cours de base de peinture de l’école d’art pendant des décennies, guidant les étudiants à travers la ville ou vers son studio dans la zone industrielle de Talpiot, situé entre deux succursales du supermarché Rami Levy.

« Ce qui le caractérise, c’est qu’il vous apprend à regarder ce qui vous est familier, sous un nouvel angle, avec d’autres couleurs, c’est le filtre d’un peintre – quelqu’un qui nous emmène dans un autre endroit », dit Chasson.

L’exposition « On the threshold, Jerusalem in Oil and Watercolor » est également disponible en ligne sur le site de Beit Avi Chai. L’exposition comprend également un catalogue en couleurs.

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