Un chauffard ivre qui avait tué un adolescent condamné à 12 ans de prison
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Un chauffard ivre qui avait tué un adolescent condamné à 12 ans de prison

Eli Bar Zakai ne pourra pas conduire pendant 20 ans et est condamné à payer 100 000 shekels à la famille d'Eylon Shalev-Amsalem, 13 ans, tué dans un accident de la route en 2018

Eli Bar Zakai, le chauffeur accusé de la mort d'Ayalon Shalev-Amsalem au tribunal Tel Aviv le 21 juillet 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Eli Bar Zakai, le chauffeur accusé de la mort d'Ayalon Shalev-Amsalem au tribunal Tel Aviv le 21 juillet 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Mardi, le tribunal de district de Tel-Aviv a condamné à 12 ans de prison un conducteur qui a tué un adolescent alors qu’il conduisait sous l’influence de l’alcool il y a deux ans.

Le tribunal a également révoqué le permis de conduire d’Eli Bar Zakai pour une durée de 20 ans et l’a condamné à payer 100 000 shekels (25 510 euros) d’indemnisation à la famille d’Eylon Shalev-Amsalem, 13 ans, victime de sa conduite en état d’ébriété à Tel-Aviv en 2018.

Eli Bar Zakai, dont le tribunal a déterminé qu’il avait bu une bouteille de vodka avant de prendre le volant, a également été condamné à 18 mois avec sursis et à payer une autre somme de 75 000 shekels (19 200 euros) à la famille d’un autre adolescent, blessé dans l’accident.

« La séquence de décisions conscientes prises par l’accusé a brisé la famille d’Elon », a commenté le juge Benny Sagi, laissant les parents de Shalev-Amsalem « l’âme blessée et meurtrie pour toujours ».

Après la condamnation, le père de la victime, Kobi, a déclaré qu' »aucune punition ne le ramènera. Au moins, nous avons mis fin à un chapitre douloureux ».

Eylon Shalev-Amsalem, tué par un chauffard le 28 juillet 2018. (Autorisation)

L’autre adolescent qui a été blessé en même temps, mais qui ne peut être identifié car il est mineur, était également présent lors de la condamnation.

« Le tribunal a décidé que quiconque monte dans un véhicule, et Dieu nous en préserve, est impliqué dans un tel accident, sera soumis à une peine lourde et significative », a déclaré le procureur Erez Richtenberg.

Eli Bar Zakai a été condamné le mois dernier pour homicide involontaire. Il a également été reconnu coupable de conduite en état d’ivresse, ayant provoqué des blessures graves, d’excès de vitesse, d’entrave à l’enquête, d’obstruction à la justice et de falsification de preuves.

Le résident de Jérusalem, âgé de 23 ans, avait bu toute une bouteille de vodka avant de monter dans sa voiture et de renverser mortellement Eylon Shalev-Amsalem les 26 et 27 juillet 2018, selon les documents du tribunal. Il a été inculpé en août de cette année-là.

Selon l’acte d’accusation, cette nuit-là, Bar Zakai et son ami Hillel Davis se sont rendus de la capitale à la maison d’un ami à Petah Tikva. Sur le chemin, ils se sont arrêtés pour prendre de l’alcool et des cigarettes.

En arrivant chez l’ami à Petah Tikva, le groupe a commencé à fumer et à boire. Bar Zakai a alors téléphoné à un ami et s’est arrangé pour le rencontrer au club Shalvata du port de Tel-Aviv. Au cours de la conversation, le suspect a révélé qu’il avait « déjà descendu une bouteille de Beluga (vodka) ».

Kobi, à gauche, et Dekla Amsalem, les parents d’Ayalon Shalev-Amsalem tué par un chauffard en état d’ébriété, s’adresse aux médias devant la salle d’audience du tribunal de Tel Aviv le 21 juillet 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le groupe s’est ensuite rendu à une fête d’anniversaire à Givatayim, dans la banlieue de Tel-Aviv, où l’un des amis de Bar Zakai était le chauffeur désigné dans la voiture du suspect. Insatisfait de la fête, le suspect a demandé à Davis et à l’ami chauffeur désigné de continuer avec lui jusqu’à Tel Aviv.

Après que les deux hommes ont dit à Bar Zakai qu’ils voulaient rester, le suspect s’est mis en colère et est parti seul vers la voiture. Se rendant compte que son ami était ivre, Davis l’a appelé et essayé de le convaincre de ne pas partir.

Peu après une heure du matin, Bar Zakai descendait la rue Shai Agnon dans le nord de Tel-Aviv lorsqu’il est arrivé à un carrefour de la rue Ibn Gabirol. Il n’a pas réussi à ralentir avant de faire son virage et a heurté Shalev-Amsalem et un ami, qui attendaient à un passage piéton.

Shalev-Amsalem a été projeté à 26 mètres dans les airs et son ami à 15 mètres du point de contact. Les victimes ont été transportées d’urgence à l’hôpital où la mort de Shalev-Amsalem a été prononcée peu après. Le deuxième adolescent a été légèrement blessé au haut du corps.

En sortant de sa voiture accidentée et en voyant les corps des victimes, Bar Zakai a appelé Davis, paniqué.

« Écoute Hillel, je suis bourré. Apporte-moi de l’eau », a-t-il dit, pour tenter d’atténuer les effets de l’alcool avant d’être testé par la police.

Quand il a réalisé que Davis ne viendrait pas, Bar Zakai a demandé de l’eau à un employé municipal présent sur les lieux. Il a rapidement bu toute la bouteille de 1,5 litre.

Le suspect a immédiatement demandé une autre bouteille, ce qui a éveillé les soupçons de l’employé, qui a refusé.

À ce moment-là, Bar Zakai a téléphoné de nouveau à Davis pour lui dire de ne dire à personne qu’ils avaient bu ensemble plus tôt dans la nuit.

Il a ensuite essayé de se forcer à vomir pour tenter de diminuer encore les signes d’alcool dans son organisme. Le suspect a alors téléphoné une nouvelle fois à Davis, et son ami lui a recommandé d’avaler des pastilles à la menthe.

Bar Zakai s’est alors rendu compte que tous ses appels avaient été enregistrés par une application sur son téléphone, qu’il a supprimée sur-le-champ.

La voiture qui a heurté Eylon Shalev-Amsalem, le tuant et blessant l’un de ses amis à Tel Aviv, le 27 juillet 2018 (Crédit : MDA)

La police sur les lieux de l’accident a fait passer à Bar Zakai un alcootest, qui a révélé qu’il était en état d’ébriété. Le test a révélé que son taux d’alcoolémie était de 600 microgrammes par litre, soit plus du double de la quantité autorisée pour un conducteur de moins de 24 ans.

Comme le test effectué n’est souvent pas suffisant devant un tribunal, la police a demandé un test sanguin supplémentaire, plus précis, mais Bar Zakai a refusé. Selon la loi israélienne, un tel refus signifie que le suspect est légalement considéré comme ayant été ivre.

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