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Un docu sur le racisme subi par les juifs Mizrahim à leur arrivée en Israël

"Mizrahim, les oubliés de la Terre promise", de la réalisatrice Michale Boganim, sortira fin mars en salles en France

Un extrait du film "Mizrahim: les oubliés de la Terre Promise" de Michele Boganim (Capture d'écran YouTube)
Un extrait du film "Mizrahim: les oubliés de la Terre Promise" de Michele Boganim (Capture d'écran YouTube)

Lors du Festival international du film politique de Carcassonne, qui s’est tenu du 14 au 18 janvier, le public a pu découvrir en avant-première le documentaire « Mizrahim, les oubliés de la Terre promise », de la réalisatrice Michale Boganim, israélienne d’origine marocaine.

Le documentaire raconte l’histoire des juifs orientaux, dits « Mizrahim » ainsi que de leur lutte pour s’intégrer au jeune État d’Israël. Fraîchement débarqués d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, ces nouveaux immigrants ont subi le racisme et les discriminations liés à leur association avec des pays musulmans, et se sont vus reléguer dans les régions les plus reculées du pays afin d’aider à leur développement.

Le père de Boganim par exemple, a été envoyé dans le désert du Neguev à son arrivée dans les années 1960, comme nombre de ses semblables utilisés comme main d’œuvre bon marché. Dans le même temps, d’autres Juifs venus d’Europe bénéficiaient de conditions plus faciles. Cela n’a pas empêché les Mizrahim d’être vus comme la « racaille » du pays, un stigmate qui persiste jusqu’à présent.

À travers ce film, la réalisatrice montre un autre visage d’Israël, au-delà des grandes villes bien connues. « Il m’a fallu tourner ce film pour mesurer ce qu’est vraiment ce second Israël, dont certains quartiers laissés à l’abandon évoquent plutôt les favelas du Brésil », a-t-elle déclaré à Télérama.

Michale Boganim (Crédit : capture d’écran YouTube)

Née à Haïfa en 1977, Michale Boganim a passé son enfance dans des banlieues défavorisées, jusqu’à ce que ses parents quittent Israël pour la France, où ils se sont installés à Arcueil, dans le Val-de-Marne.

De retour dans le pays, elle est partie à la rencontre de juifs Mizrahim de tous âges, recueillant leurs témoignages sur les discriminations qu’ils ont subies, les liens qui les unissent, ainsi que leur combat, parfois comparé à celui des Black Panthers aux États-Unis.

Le film, que la réalisatrice dédie à sa fille de 8 ans, sortira en salles le 23 mars en France. Michele Boganim travaille également sur « Tel-Aviv/Beyrouth », un long-métrage avec Shlomi Elkabetz racontant la guerre du Liban à travers les yeux de femmes israéliennes et libanaises, sur une période de vingt ans.

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