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Un documentaire de Netflix enquête sur la vie du gardien nazi John Demjanjuk

"The Devil Next Door", qui sortira le 4 novembre, analyse les procès de l'Ukrainien traité à tort d'“Ivan le Terrible” dont la condamnation à mort a été annulée en Israël

Une nouvelle série documentaire de Netflix examine les procès du gardien de camp de la mort nazi John Demjanjuk, qui a été pris pour le tristement célèbre gardien « Ivan le terrible » du camp de Treblinka et dont la peine capitale a été annulée par la Cour suprême israélienne en 1993.

« The Devil Next Door » sortira le 4 novembre.

Demjanjuk, d’origine ukrainienne, a été extradé des États-Unis vers Israël pour y être jugé pour son rôle présumé dans le camp de la mort de Treblinka en 1986, et deux ans plus tard, il a été reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et condamné à la mort par pendaison.

Mais en 1993, la plus haute cour de justice d’Israël a statué à l’unanimité que Demjanjuk n’était pas « Ivan le Terrible », annulant le verdict de 1988 et le renvoyant aux Etats-Unis après avoir reçu la preuve qu’un autre Ukrainien, qui n’est pas Demjanjuk, était le gardien Nazi.

Demjanjuk a ensuite été condamné en Allemagne pour avoir été un des gardiens subalternes du camp de la mort de Sobibor, dans un précédent juridique qui a fait de lui l’un des visages les plus connus des poursuites des Nazis.

La condamnation de ce travailleur retraité de l’automobile de l’Ohio devant un tribunal de Munich en mai 2011 pour 28 060 chefs d’accusation de complicité de meurtre, qui faisait encore l’objet d’un appel lors de son décès à 91 ans en 2012, a innové sur le plan juridique en Allemagne, car c’était la première fois qu’une personne était condamnée pour la seule raison qu’elle avait été gardien de camp, sans aucune preuve de participation à un meurtre en particulier.

John Demjanjuk in Israel's Supreme Court in 1991. Demjanjuk was convicted by a German court for serving as a Nazi death camp guard. (photo credit: Flash90)
John Demjanjuk devant la Cour suprême d’Israël en 1991. Demjanjuk a été condamné par un tribunal allemand pour avoir été gardien d’un camp de la mort nazi. (Flash90)

Elle a ouvert les vannes à des centaines de nouvelles enquêtes en Allemagne, bien que la mort de Demjanjuk rappelle que le temps presse pour les procureurs.

Demjanjuk soutenait fermement qu’il avait été pris pour quelqu’un d’autre – d’abord blessé comme un soldat soviétique combattant les forces allemandes, puis capturé et détenu comme prisonnier de guerre dans des conditions brutales.

Lorsqu’ils ont annulé sa condamnation en Israël, les juges de la Cour suprême ont déclaré qu’ils croyaient toujours que Demjanjuk avait travaillé pour les Nazis, probablement au camp d’entraînement Trawniki de la SS, et à Sobibor. Mais ils ont refusé d’ordonner un nouveau procès, affirmant qu’il y avait un risque de violation de la loi interdisant de juger quelqu’un deux fois sur la même preuve.

Après sa libération en Israël, Demjanjuk est retourné dans sa banlieue de Cleveland en 1993 et sa citoyenneté américaine, qui avait été révoquée en 1981, lui a été réattribuée en 1998.

Demjanjuk a fait l’objet d’une enquête aux États-Unis, où un juge a de nouveau révoqué sa citoyenneté en 2002 sur la base de preuves du ministère de la Justice suggérant qu’il avait caché ses fonctions à Sobibor. Les appels ont échoué, et le juge en chef de l’immigration du pays a décidé en 2005 que Demjanjuk pouvait être expulsé vers l’Allemagne, la Pologne ou l’Ukraine.

Des plaques signalétiques en huit langues, mais pas en russe, sur le site du camp de la mort de Sobibor en Pologne. (Flickr/Sgvb)

Les procureurs en Allemagne ont déposé des accusations en 2009, affirmant que le lien de Demjanjuk avec Sobibor et Trawniki était clair, avec des preuves montrant qu’après sa capture par les Allemands, il s’était porté volontaire pour servir avec les fanatiques SS et avait suivi une formation de gardien de camp.

Après sa condamnation en mai 2011, Demjanjuk a été condamné à cinq ans de prison, mais a fait appel devant la Haute Cour allemande. Il a été libéré dans l’attente de l’appel et est décédé en homme libre dans son lit dans une maison de retraite à Bad Feilnbach, une ville du sud de la Bavière.

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