Un éminent militant du Likud arrêté pour avoir menacé la procureure de Netanyahu
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Un éminent militant du Likud arrêté pour avoir menacé la procureure de Netanyahu

Le suspect aurait envoyé une lettre à Liat Ben-Ari, une cible régulière des partisans du Premier ministre, lui disant : "C'est votre fin"

Liat Ben-Ari arrive au tribunal de district de Jérusalem, le 24 mai 2020 (Yonatan Sindel/ Flash90)
Liat Ben-Ari arrive au tribunal de district de Jérusalem, le 24 mai 2020 (Yonatan Sindel/ Flash90)

Un éminent militant du Likud a été arrêté lundi, soupçonné d’avoir menacé la procureure générale adjointe Liat Ben-Ari, procureure principale dans les affaires de corruption contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Dans une lettre envoyée à Ben-Ari, le militant a écrit : « Nous allons vous épuiser jusqu’à ce que vous vous suicidiez. C’est votre fin », a rapporté le site d’information Ynet.

Le suspect a été interrogé dans l’unité des crimes graves de Lahav 433, soupçonné d’avoir menacé un fonctionnaire, selon le rapport, qui cite son avocat, Susie Uzzini Arnia, comme ayant nié les soupçons qui lui étaient attribués.

Les défenseurs du Premier ministre ont sévèrement critiqué Ben-Ari et d’autres membres de la communauté des forces de l’ordre qu’ils accusent, sans preuves, de tenter de déloger Netanyahu pour des raisons politiques.

Des partisans du Premier ministre Benjamin Netanyahou brandissent des pancartes contre les juges et les procureurs, lors d’un rassemblement à Tel-Aviv le 26 novembre 2019. (Miriam Alster/Flash90)

Le mois dernier, la sécurité a été considérablement renforcée autour de Ben-Ari après l’escalade des menaces à son encontre.

Il y a quelques jours, un autre homme a été inculpé pour avoir menacé le fils mineur de Ben-Ari, et après plusieurs semaines de manifestations devant son domicile.

Selon la Treizième chaîne, la police israélienne aurait reçu des informations selon lesquelles le danger était devenu plus grave, ce qui explique la décision d’affecter à la procureure des gardes de sécurité 24 heures sur 24.

Des militants de droite manifestent en soutien au Premier ministre Benjamin Netanyahu, devant la Cour suprême à Jérusalem, le 20 avril 2020. (Yonatan Sindel/ Flash90)

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid a déclaré que le renforcement de la sécurité de Ben-Ari était à imputer à Netanyahu, qui a accusé les tribunaux, le ministère public et les médias de mener ce qu’il a qualifié de « chasse aux sorcières ».

« Une autre ligne rouge dangereuse franchie par le Premier ministre », a déclaré Lapid. « L’idée qu’une procureure de haut rang ait besoin d’un renforcement de sécurité à cause du Premier ministre est intolérable dans un pays démocratique. »

En mai, le procureur général Avichaï Mandelblit, qui a inculpé Netanyahu, a déposé une plainte auprès de la police après avoir reçu des menaces de mort et d’autres messages de harcèlement.

Parmi les messages envoyés à Mandelblit figuraient « Vous et votre famille allez mourir », « Vous devriez vous suicider » et « Nous vous retrouverons avec vos enfants », accompagnés d’une photo de lui en uniforme nazi, selon les Douzième et Treizième chaînes. Il aurait également reçu une vidéo de cercueil.

Le mois dernier, le fils aîné de Netanyahu, Yaïr, s’est excusé auprès des hindous après avoir tweeté une image de la déesse hindoue Durga, avec le visage de Ben-Ari superposé à celui de la déesse. Ses nombreux bras ont été levés en lui faisant le doigt d’honneur.

Le visage de Mandelbit était superposé à celui d’un tigre accompagnant la déesse, sous la légende « Connaissez votre place, méprisables gens. »

En juillet, le ministre de la Sécurité publique Amir Ohana a demandé à Ben-Ari de démissionner suite à des allégations selon lesquelles elle aurait violé la loi en divisant sa maison en deux appartements séparés sans permis.

Les assistants du Premier ministre ont sévèrement critiqué Ben-Ari en octobre, après son départ en vacances au milieu d’une procédure judiciaire de mise en accusation. Une source proche de Netanyahu a déclaré qu’elle donnait l’impression d’avoir déjà décidé de l’issue des audiences et n’avait donc pas pris la peine d’y assister. Le ministère de la Justice l’a défendue, mais une source ministérielle a reconnu que ses actions montraient un manque de sensibilité vis-à-vis du public.

Le procès de Netanyahu, accusé d’avoir accepté des pots-de-vin, de fraude et d’abus de confiance, s’est ouvert en mai au tribunal de district de Jérusalem. Il nie tout acte répréhensible.

Sam Sokol a contribué à la rédaction de cet article.

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