Un ex-chef du Fatah inculpé pour avoir mené de nouvelles attaques terroristes
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Un ex-chef du Fatah inculpé pour avoir mené de nouvelles attaques terroristes

Zakaria Zubeidi, un chef du Fatah pendant la Deuxième Intifada, sera aussi poursuivi pour d'anciennes attaques perpétrées avant sa grace accordée dans un accord d'amnistie

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Zakaria Zubeidi, alors commandant de l'aile terroriste du Fatah, les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, est assis dans une voiture décorée avec un poster de l'ancien leader palestinien Yasser Arafat, dans la ville de Jenin au nord de la Cisjordanie, le 2 décembre 2004. (AP Photo/Mohammed Ballas)
Zakaria Zubeidi, alors commandant de l'aile terroriste du Fatah, les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, est assis dans une voiture décorée avec un poster de l'ancien leader palestinien Yasser Arafat, dans la ville de Jenin au nord de la Cisjordanie, le 2 décembre 2004. (AP Photo/Mohammed Ballas)

Dimanche, Israël a accusé l’ancien chef terroriste Zakaria Zubeidi d’avoir commis plusieurs attaques à l’arme à feu contre des bus israéliens au cours des derniers mois. L’Etat juif a indiqué qu’il va le poursuivre pour des attaques datant d’années qui avaient auparavant été graciées lors d’un accord d’amnistie.

Zubeidi a été arrêté le 27 février à Ramallah, avec l’avocat palestinien Tarek Barghout, qui représente souvent des suspects terroristes.

Ils ont été inculpés dimanche dans un tribunal militaire, mais la publication de cette information a été bloquée pour une journée par un censeur militaire.

L’acte d’accusation complet n’a pas été immédiatement présenté au public, mais selon le service de sécurité du Shin Bet, il incluait des attaques à l’arme à feu ces derniers mois et aussi des attaques remontant à la Deuxième Intifada, au début des années 2000.

Selon l’agence de sécurité, les deux hommes sont responsables de deux attaques sur des bus autour de l’implantation de Beit El dans le centre de la Cisjordanie en novembre 2018 et en janvier 2019, blessant en tout trois personnes.

Le Shin Bet a déclaré que le duo a également perpétué une troisième attaque à l’arme à feu en décembre, à proximité de l’implantation de Psagot. Ils n’ont pas réussi à toucher le bus à cause d’une mauvaise météo.

Selon le Shin Bet, les deux hommes prévoyaient de mener une autre attaque à l’arme à feu la nuit où ils ont été arrêtés.

Un fusil d’assaut M-16 qui, selon Israël, a été utilisé par l’ancien chef terroriste Zakaria Zubeidi et l’avocat palestinien tarez Barghout pour perpétrer une attaque de fusillade sur des bus israéliens en Cisjordanie, dans une photographie publiée le 20 mai 2019. (Shin Bet)

Un fusil d’assaut M-16 et des chargeurs dont les autorités ont dit qu’ils ont été utilisés pendant les attaques ont été trouvés en leur possession au moment du raid qui a conduit à leur arrestation.

Pendant la Deuxième Intifada, qui a éclaté en 2000, Zubeidi servait en tant que commandant pour la région de Jenin de l’aile militaire du Fatah, les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa. Il a aussi été suspecté d’être l’un des architectes en chef de plusieurs attaques terroristes sur cette période.

Barghout, qui a une carte d’identité israélienne et qui appartient au Barreau d’Israël tout en vivant à Ramallah, travaillait pour le compte de l’Autorité palestinienne jusqu’à son arrestation en février, représentant des suspects terroristes dans des tribunaux civils en Israël et dans des tribunaux militaires en Cisjordanie.

Zubeidi, qui a aussi aidé à fonder le Théâtre Liberté de Jenin en 2006, a échappé à l’armée israélienne pendant des années, jusqu’à ce que le gouvernement israélien lui offre, à lui et à plusieurs autres membres de Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa, une amnistie en 2007.

D’après l’accord d’amnistie avec Israël, Zubeidi et d’autres terroristes qui étaient impliqués seraient graciés s’ils acceptaient « d’abandonner toutes activités violentes et illégales et abandonnaient les réseaux terroristes dont ils faisaient partie », a déclaré le Shin Bet.

Selon le Shin Bet, la participation présumée de Zubeidi aux attaques à l’arme à feu sur Beit El représente une « violation claire et violente de ces accords » et remet donc en cause l’accord d’amnistie, ouvrant la porte à des poursuites pour ces activités terroristes pendant le début des années 2000.

« Ainsi, Zubeidi sera traduit devant la justice pour toutes les activités terroristes dans lesquelles il a été impliqué – à la fois dans son passé que celles qui ont été découvertes récemment », a déclaré le Shin Bet.

Zakaria Zubeidi, le commandant local de l’aile militaire du Fatah, les Brigades Al-Aqsa, et d’autres hommes armés manifestent dans les rues de la ville cisjordanienne de Jenin, le 2 avril 2005. (Mohammed Ballas/AP Photo)

Alors qu’il était recherché par Israël pour ses activités terroristes, Zubeidi a commencé une relation avec une femme israélienne, Tali Fahima, en 2004. Fahima a déménagé dans la maison de Zubeidi à Jenin afin de servir comme bouclier humaine et empêcher Israël de mener une frappe aérienne pour le tuer. Elle a ensuite été arrêtée et condamnée pour assistance à l’ennemi en temps de guerre.

Le gouvernement israélien a annulé l’amnistie de Zubeidi en 2011, mais n’a jamais donné d’explication publique. Zubeidi était techniquement sur la liste des personnes recherchées par Jérusalem, même si aucun effort réel n’a été fait pour l’arrêter.

Après que son amnistie a été révoquée en 2011, Zubeidi a été placé en détention provisoire par l’Autorité palestinienne à Ramallah. En 2027, il a été libéré par l’AP et a pu rentrer à Jenin.

Aussi bien Zubeidi que Barghout travaillaient pour le ministère des affaires de prisonniers de l’AP.

Selon le Shin Bet, Zubeidi et Barghout sont responsables de l’attaque à l’arme à feu sur des bus autour de Beit El le 7 novembre et le 5 janvier.

On peut voir un impact de balle dans le pare-brise d’un bus qui a été touché sur la roule 466 en Cisjordanie à proximité l’implantation de Bel El le 7 novembre 2018. (Crédit : sécurité Beit El)

Deux personnes ont été légèrement blessées dans l’attaque de novembre, elles ont été touchées par des bris de verre. Dans l’attaque de janvier, le chauffeur de bus avait été légèrement blessé par des éclats de pare-brise qui avait été touché par balles.

Le service de sécurité israélienne a déclaré que Barghouti a aussi « reconnu qu’il avait perpétré une autre attaque à l’arme à feu le 19 novembre 2016, contre une voiture de police », à un barrage proche de Jérusalem est, non loin de la ville d’Abu Dis. Des dégâts avaient été causés dans cette attaque.

Selon le Shin Bet, le duo a utilisé la voiture de Zubeidi dans les attaques et pour les préparer – une véhicule qui a été donné par l’Autorité palestinienne dans le cadre de son travail pour le ministère des Affaires des prisonniers.

« Il s’agissait d’un acte grave au cours duquel un membre du ministère palestinien des affaires de prisonniers et un avocat israélien qui travaille pour le ministère palestinien des affaires de prisonniers ont commis des attaques terroristes graves, en utilisant une voiture de l’AP qui était utilisée par Zakaria pour son travail dans le ministère », a déclaré un officiel anonyme du Shin Bet dans un communiqué.

« Des efforts opérationnels et de renseignement des forces de sécurité, immédiatement après les fusillades et dans les semaines qui ont suivi – tout cela dans les limites de la ville de Ramallah – ont conduit à la découverte de cette cellule et ont empêché d’autres attaques terroristes futures », a-t-il dit.

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