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Un film sur l’interaction entre femmes arabes et juives sélectionné pour les Oscars

"Cinema Sabaya" représentera Israël aux Academy Awards 2023 ; parmi les autres lauréats figurent Sasson Gabbay pour "Karaoke" et "Savoy", qui dépeint une attaque terroriste en 1975

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Les acteurs de "Cinema Sabaya", grand gagnant de la cérémonie des Ophir, le 18 septembre 2022. (Crédit : Cinema Sabaya)
Les acteurs de "Cinema Sabaya", grand gagnant de la cérémonie des Ophir, le 18 septembre 2022. (Crédit : Cinema Sabaya)

Le film « Cinema Sabaya » a conquis la cérémonie des Ophir, version israélienne des Oscars, de dimanche soir, remportant le prix du meilleur film, ce qui en fait automatiquement la sélection d’Israël dans la catégorie « film étranger » aux Academy Awards 2023, qui se déroulera aux États-Unis.

Le film, dans lequel joue Dana Ivgy, raconte l’histoire de huit employées municipales arabes et juives qui participent à un atelier vidéo, documentent leur propre vie et visionnent celle des autres – remettant en question leurs propres croyances pour apprendre à se connaître.

Le film a également remporté les prix du meilleur réalisateur pour la nouvelle venue Orit Fouks Rotem, du meilleur second rôle féminin pour Joanna Sayid, des meilleurs costumes et du meilleur casting.

« Ce film est autant le vôtre que le mien », a déclaré la réalisatrice Fouks Rotem, ajoutant qu’elle a travaillé sur ce film pendant huit ans.

« Il s’agit de se regarder et de regarder l’autre. Quand on regarde avec curiosité, il est beaucoup plus facile de voir autre chose. »

Les acteurs et l’équipe de ‘Cinema Sabaya’ posant avec leurs Ophir Awards après avoir remporté le prix du meilleur film entre autres prix, le 18 septembre 2022. (Crédit : Autorisation)

Le film « Karaoke », qui raconte l’histoire d’un couple d’âge moyen à Holon qui apprend à connaître son voisin (incarné par Lior Ashkenazi) grâce à ses soirées karaoké, a remporté les prix du meilleur acteur et de la meilleure actrice pour les célèbres Sasson Gabbay et Rita Shoukroun. Le film a également remporté le prix de la meilleure bande originale.

Sasson Gabbay, 74 ans, qui remporte le deuxième Ophir Award de sa longue et riche carrière cinématographique, a remercié ses collègues et a qualifié Ashkenazi de « magicien ».

Un autre grand gagnant de la soirée a été « Savoy », pour les meilleurs maquillage, direction artistique et montage.

Ce documentaire hybride du réalisateur Zohar Wagner, avec Dana Ivgy, retrace l’histoire de l’attaque terroriste de 1975 à l’hôtel Savoy, qui a entraîné la mort de huit civils, de trois soldats de Tsahal.

Alors que le ministre de la Culture, Chili Tropper, remettait le prix pour l’ensemble de sa carrière à la réalisatrice Lena Chaplin, aujourd’hui âgée de 88 ans, il en a profité pour parler du rôle de la politique dans le cinéma – en référence au récent scandale concernant le nouveau fonds cinématographique de Samarie, favorable aux résidents d’implantations, et à la demande très controversée d’organiser une future cérémonie de remise des Ophir Awards dans les implantations situées au-delà de la Ligne verte.

Tropper a appelé les cinéastes à « faire des films politiques, mais pas à faire de la politique sur le dos des films ».

« J’aime le cinéma et la liberté de création et j’aime Israël », a-t-il déclaré. « Critiquez Israël mais faites-le avec un peu d’amour. La société israélienne est assez forte pour supporter la critique. »

Les films nominés ont été sélectionnés par l’Académie israélienne du cinéma et de la télévision parmi 95 films, tous genres confondus, un record absolu pour les Ophir.

L’événement, animé par l’acteur Oz Zahavi, s’est tenu à Tel Aviv pour la première fois depuis de nombreuses années, mais avec un public relativement restreint et éclectique. Certains des participants étaient habillés en jeans et t-shirts tandis que d’autres étaient en robes et costumes.

Le film « Valeria Is Getting Married », également en lice pour les principales récompenses, a remporté le prix du meilleur scénario pour son histoire de deux sœurs ukrainiennes, l’une ayant épousé un Israélien et l’autre étant sur le point de faire de même.

Le cinéaste Shlomi Elkabetz a remporté le prix pour son documentaire « Black Notebooks », une lettre d’amour à sa sœur, l’actrice et réalisatrice Ronit Elkabetz, aujourd’hui décédée, tandis que « The Artist’s Daughter, Oil on Canvas » a également été récompensé dans la catégorie documentaire.

La cérémonie complète a été diffusée sur la Douzième chaîne à 23h15, le 18 septembre.

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