Un interrogateur du Shin Bet sous le coup d’une enquête pour brutalité
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Un interrogateur du Shin Bet sous le coup d’une enquête pour brutalité

C'est la première fois qu'une enquête est ouverte depuis que le ministère de la Justice a créé une unité appelée Mivtan, il y a environ 18 ans

Des militants de droite assistent à une manifestation à Tel Aviv, mettant en scène des tortures présumées par le Shin Bet contre des présumés terroristes juifs (Tomer Neuberg/Flash90)
Des militants de droite assistent à une manifestation à Tel Aviv, mettant en scène des tortures présumées par le Shin Bet contre des présumés terroristes juifs (Tomer Neuberg/Flash90)

Le ministère de la Justice a lancé une enquête pénale sans précédent contre un interrogateur de l’Agence israélienne de sécurité (ISA) suite à des accusations de violence.

C’est la première fois qu’une enquête est ouverte depuis que le ministère de la Justice a créé une unité appelée Mivtan, il y a environ 18 ans, pour enquêter sur les plaintes déposées contre l’ISA, plus connue sous le nom de Shin Bet.

La plainte a été déposée contre l’agent de l’ISA pour un interrogatoire datant de 2015.

Plus de 1 100 plaintes ont été déposées pour inconduite et brutalité contre les interrogateurs du Shin Bet au cours des 17 dernières années, selon le Comité public contre la torture en Israël, qui a qualifié la statistique de « très peu flatteuse ». Selon Haaretz, le comité n’a pas déposé plainte contre l’agent dans le cadre de l’enquête criminelle.

Mivtan et le Département des enquêtes internes de la police, ou Mahash, doivent tous deux approuver le lancement d’une enquête criminelle contre un agent du Shin Bet. Le procureur général Avichai Mandelblit a été impliqué dans la décision d’enquêter sur cet interrogateur, a rapporté Haaretz, citant deux sources anonymes.

« Nous espérons que ce précédent entraînera un changement dans les procédures d’interrogatoire du Shin Bet, conformément à leurs obligations juridiques et morales », a déclaré le comité dans une déclaration.

« La responsabilité personnelle incitera les interrogateurs à adhérer aux pratiques juridiques, en gardant à l’esprit que même les détenus, qu’ils soient juifs ou palestiniens, conservent leurs droits et leur dignité ».

« En lançant cette enquête sans précédent, le ministère de la Justice envoie un message clair que l’Agence de sécurité israélienne n’est pas au-dessus des lois et que les interrogateurs qui franchissent la ligne rouge devront répondre de leurs actes. L’État d’Israël reconnaît que la torture est une pratique interdite et immorale, et qu’aucune justification ne peut être fournie pour justifier le recours à des traitements cruels ou dégradants en violation des traités internationaux. »

Le ministère de la Justice a indiqué à Haaretz que 50 procédures d’examen de plaintes avaient été engagées au cours de l’année écoulée.

« Le processus d’examen des plaintes a souvent donné lieu à l’application de différentes leçons à l’échelle du système ou à des mesures disciplinaires contre les enquêteurs », a déclaré le ministère.

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