Un labo de start-ups israéliennes se consacre à l’aide aux personnes âgées
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Un labo de start-ups israéliennes se consacre à l’aide aux personnes âgées

"Le laboratoire d'innovation que nous avons créé dans le Néguev est le premier du genre dans le monde", a déclaré Boaz Gur Lavie, co-fondateur du Centre pour l'innovation digitale

Photo d’illustration d’une main d’une personne âgée (Pablo K, iStock par Getty Images)
Photo d’illustration d’une main d’une personne âgée (Pablo K, iStock par Getty Images)

La « nation startup » espère pouvoir aider les personnes âgées à tirer le meilleur profit de l’évolution de l’espérance de vie. Ainsi, sera créé un « tout premier » laboratoire d’innovation conçu afin d’améliorer les technologies destinées à relever les défis auxquels sont confrontés les seniors.

A mesure que les avancées médicales nous permettent de vivre plus longtemps, la qualité de vie – plutôt que l’espérance de vie – devient une question pertinente.

Le laboratoire a été créé grâce à un investissement de 5 millions de shekels (1,2 million d’euros) de l’Institut national d’assurance d’Israël, l’agence nationale de sécurité sociale, et le Centre pour l’innovation digitale (CID), un organisme à but non-lucratif qui se concentre sur les innovations technologiques dans les domaines de la santé, du bien-être et de l’éducation.

Le laboratoire, récemment mis en place dans les locaux du CID à Beer Sheva, simulera le cadre de vie des seniors, permettant aux start-ups de tester leurs technologies en développement dans un environnement « réel » et de se faire une idée des défis auxquels sont confrontés les seniors dans leur vie quotidienne.

Ainsi, le laboratoire compte des pièces entièrement meublées représentant celles dans lesquelles vivent les seniors, et notamment une chambre, un salon et une cuisine. Les nouvelles technologies pourront être testées dans et autour de la maison modèle, ceci dans le but d’aider les résidents à contacter leurs proches, à améliorer la prise de leurs traitements médicaux ou pour les encourager à avoir des activités sociales.

« Ce laboratoire unique est le premier en son genre et a été conçu pour faire face aux différents défis auxquels sont aujourd’hui confrontés les seniors dans leurs actes de tous les jours », a déclaré Izik Sabato, gestionnaire de fonds pour l’Institut national d’assurance.

Ainsi, la mission s’accomplira en « simulant leur environnement de vie, ceci afin de développer de nouveaux services, de résoudre leurs problèmes et de leur assurer une bonne vie sociale ».

Le nouveau laboratoire d’innovation, créé par l’Institut national d’assurance d’Israël en collaboration avec le Centre pour l’innovation digitale (CID), réfléchira aux problèmes qui affectent les citoyens âgés dans leur routine quotidienne (crédit : CID)

Le vieillissement de la population mondiale devrait représenter « l’une des plus importantes transformations sociales du 21e siècle, avec des implications dans presque tous les secteurs de la société, y compris sur le marché du travail et sur le marché financier ou concernant la demande commerciale et la demande de services », selon un rapport des Nations unies daté de 2015.

Selon le rapport, entre 2015 et 2030, le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus dans le monde devrait augmenter de 56 %, passant de 901 millions à 1,4 milliard. Globalement, le nombre de personnes âgées de 80 ans ou plus, la tranche la « plus vieille », augmentera de façon encore plus exponentielle que le nombre de personnes âgées dans leur ensemble. Les projections indiquent qu’en 2050, on comptera dans la tranche des plus de 80 ans 434 millions de personnes – un nombre qui aura plus que triplé depuis 2015, selon le rapport.

« Se préparer aux changements économiques et sociaux associés à un vieillissement de la population est donc essentiel afin de pouvoir assurer les progrès technologiques », a indiqué le rapport.

L’idée derrière ce laboratoire est de montrer aux entrepreneurs que les besoins des personnes âgées ne sont pas isolés. Ceux-ci font au contraire partie d’un ensemble dans lequel les proches et les amis de ces personnes âgées, l’évolution des progrès médicaux et la nécessité de rester occupé et d’avoir une vie sociale sont impliqués.

Photo d’illustration d’une femme âgée avec une canne (oneinchpunch, iStock by Getty Images)

Seule une « approche innovante » prenant en compte tous ces éléments a une chance « d’apporter un changement réel et significatif » dans la vie des seniors, ont déclaré les responsables dans un communiqué.

Avec cela à l’esprit, le laboratoire permettra aux start-ups de travailler sur quatre différents domaines qui concernent les personnes âgées et les institutions locales et étatiques qui leur viennent en aide : leur cadre de vie, grâce à un espace de vie qui simulera leur maison et leurs interactions avec leurs proches ; le domaine médical, qui simulera leurs interactions avec le système de santé ; l’assistance sociale ; le système éducatif, afin de créer des relations entre adolescents et seniors à travers les écoles ou les scouts.

Plusieurs start-ups sont déjà hébergées au sein du laboratoire. On y trouve notamment une entreprise qui a créé une plate-forme de télécommunication afin d’améliorer les communications entre les personnes âgées et leurs proches ; une start-up qui a développé une plate-forme de surveillance sans fil pour ceux qui ont besoin de soins infirmiers, alertant les soignants lorsque les patients font un malaise ; et une qui a développé une plate-forme de chronologie numérique, conçue pour permettre aux seniors de raconter les histoires de leur vie et de les partager avec leurs proches.

Les start-ups qui utilisent le laboratoire bénéficieront des informations collectées par les entités qui s’occupent des personnes âgées – notamment l’Institut national d’assurance, le ministère de la Santé, le ministère de l’Assistance sociale, l’université Ben Gourion du Néguev et la municipalité de Beer Sheva.

Ensemble, ces organismes ont déjà défini un certain nombre de tâches pour les start-ups : trouver des moyens de prévenir les chutes, de diminuer la solitude, d’empêcher la détérioration mentale des personnes malades, d’administrer des analgésiques et de faciliter les activités quotidiennes de base comme utiliser les toilettes, la douche ou les ustensiles de cuisine.

Boaz Gur Lavie, co-fondateur du Centre pour l’innovation digitale (CID) (crédit : CID)

« Le laboratoire d’innovation que nous avons établi dans le Néguev est le premier du genre dans le monde », a déclaré Boaz Gur Lavie, co-fondateur du CID. La plus longue espérance de vie « nous a apporté de nouveaux défis » sur lesquels les entrepreneurs ne se sont pas encore concentrés.

« Le marché pour ces initiatives est énorme et représente un grand potentiel. Désormais, nous donnons simplement une chance aux grands esprits de notre nation startup afin qu’ils prouvent leurs capacités dans ce domaine », a-t-il indiqué.

Les innovations des startup seront testées en laboratoire et dans des établissements concernés autour de la ville de Beer Sheva. En cas de succès, les solutions nouvellement créées seront mises à disposition au niveau municipal puis national.

Le CID a été fondé par les entrepreneurs Ziv Ofek, Sharon Sasportas et Boaz Gur Lavie, en collaboration avec l’université Ben Gourion et la municipalité de Beer Sheva.

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