Un manifestant blessé par un canon à eau porte plainte contre la police
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Un manifestant blessé par un canon à eau porte plainte contre la police

Les enquêtes internes se pencheront sur un possible usage excessif de la force lors d'un évènement anti-Netanyahu ; Yonatan Kimel, 19 ans, dit vouloir que cela ne se reproduise pas

Un manifestant anti-Netanyahu est directement frappé à la tête pendant un rassemblement à Jérusalem, le 23 juillet 2020 (Capture d'écran : Vidéo)
Un manifestant anti-Netanyahu est directement frappé à la tête pendant un rassemblement à Jérusalem, le 23 juillet 2020 (Capture d'écran : Vidéo)

Un manifestant anti-Netanyahu qui avait été frappé au visage par le jet à haute-pression d’un canon à eau a porté plainte auprès du bureau des enquêtes internes de la police au sein du ministère de la Justice, a fait savoir la Douzième chaîne dans la soirée de mercredi.

Au cours d’un rassemblement, le 23 juillet, la tête de Yonathan Kimel, 19 ans, avait été violemment projetée en arrière par ce jet d’eau d’une forte puissance et il s’était écroulé au sol. Sa chute avait entraîné des hématomes et il avait été blessé au tympan.

Kimel a également déposé une plainte au civil contre les policiers pour réclamer des dommages et intérêts.

« J’ai porté plainte au bureau des affaires internes de la police pour empêcher que de tels incidents puissent arriver à d’autres », a confié Kimel à la Douzième chaîne. « C’est notre manière à nous de tenir tête à la police en l’empêchant de nous blesser sans que ce soit justifié. »

Le bureau devra dorénavant déterminer s’il soupçonne une utilisation contrevenant aux règles concernant l’usage du canon à eau et ouvrira une enquête s’il le juge opportun.

Des manifestants organisent des rassemblements réguliers aux abords de la résidence officielle du Premier ministre sur la rue Balfour, appelant Netanyahu à démissionner en raison de son procès pour des faits de corruption. Il y a actuellement également, en particulier à Tel Aviv, des mouvements de protestation dénonçant les politiques mises en œuvre par le chef du gouvernement dans le cadre de la crise sanitaire.

Les rassemblements récents ont été le théâtre de scènes occasionnelles de violences. Les protestataires ont aussi accusé la police d’avoir eu recours à une force excessive pendant les manifestations.

Si la police autorise les mouvements de protestation, et que la majorité des participants se dispersent habituellement dans le calme, un noyau de manifestants ont pu refuser d’obéir aux directives d’évacuation des agents, amenant ces derniers à faire usage de la force pour les faire partir.

La police de Jérusalem a ainsi utilisé des canons à eau puissants au cours de plusieurs rassemblements au mois de juillet. Elle a essuyé des critiques intenses après l’un de ces mouvements, le 23 juillet, accusée d’avoir bloqué les protestataires en les entourant et de les avoir empêchés de quitter les lieux avant d’activer les canons.

Les règles entourant l’usage des canons à eau stipulent que les jets ne doivent pas être dirigés contre les manifestants et doivent éviter la tête, pouvant entraîner de graves blessures.

Suite à ces incidents à Jérusalem, les organisateurs des manifestations ont menacé de porter plainte devant la Haute Cour de justice à moins que les forces de l’ordre ne renoncent à utiliser les canons à eau.

Ils ont aussi amené la commission des Affaires intérieures et de l’environnement de la Knesset à débattre de la pratique, et la cheffe du panel, la députée Miki Haimovich, a averti la police qu’il était nécessaire de respecter le droit de manifester des citoyens.

Depuis, la police a évité d’utiliser des canons à eau contre les manifestants et a cherché à utiliser des moyens de dispersion plus pacifiques, même si elle a continué à disperser par la force les protestataires refusant de quitter les lieux des rassemblements.

Amnesty International a par le passé souligné le danger posé par l’utilisation des canons à eau par les forces de l’ordre lors de manifestations à travers le monde – cela a particulièrement été le cas récemment à Hong Kong. En 2015, un activiste, en Corée du Sud, avait succombé à ses blessures après avoir été blessé par le jet d’un canon à eau qui se trouvait à proximité.

Ce n’est pas la première fois que l’usage de canons à eau par les policiers israéliens attire l’attention. En 2017, une femme qui tentait de traverser un groupe de manifestants avait été frappée par un jet puissant émanant d’un canon, la renversant au sol et lui faisant dévaler la rue, un incident filmé qui avait fait les gros titres dans le monde entier.

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