Un membre de la famille royale britannique bientôt en visite officielle en Israël ?
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Un membre de la famille royale britannique bientôt en visite officielle en Israël ?

Une visite formelle de la part d’un membre de la monarchie serait la toute première dans l’existence de l’état juif. Presque tous les pays ont d’ores et déjà été honorés par la présence d’un représentant de la Couronne

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Prince Charles lors des funérailles de Shimon Peres, à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Abir Sultan/Pool/AFP)
Le Prince Charles lors des funérailles de Shimon Peres, à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Abir Sultan/Pool/AFP)

A l’occasion de ce qui représenterait la toute première visite formelle de son histoire, un membre éminent de la famille royale britannique serait en train de planifier un voyage officiel en Israël en 2017, un séjour qui coïnciderait avec le 100e anniversaire de la Déclaration Balfour, selon un leader de la communauté juive du Royaume-Uni.

Tandis que des membres issus de familles royales étrangères se sont déjà rendus en Israël dans le passé, aucun représentant de la monarchie britannique n’a encore jamais effectué un « séjour royal » dans le pays. Une visite officielle au sein de l’état juif serait la toute première depuis les 68 années qui se sont écoulées depuis la naissance d’Israël, une période durant laquelle presque tous les autres pays de la terre ont été à un moment honorés par la présence d’un représentant de la Couronne.

Le leader de la communauté a expliqué que les détails de la visite n’avaient pas encore été finalisés mais que ce séjour serait celui d’un membre éminent de la famille royale.

Tandis que cette visite coïnciderait avec le 100e anniversaire de la Déclaration Balfour, faite par le secrétaire aux Affaires étrangères Lord Arthur Balfour en 1917, il est incertain que cette visite puisse être formellement identifiée en tant que commémoration de la Bataille de Jérusalem durant laquelle le Général Allenby avait mené à la victoire l’armée britannique opposée à l’Empire Ottoman.

L’ambassade du Royaume-Uni en Israël n’a ni confirmé ni démenti la possibilité de cette visite, disant que “tout voyage prévu sera annoncé en son temps et de manière usuelle”.

Le ministère des Affaires étrangères israélien a déclaré qu’il n’avait reçu ni requête ni correspondance concernant une visite royale, mais un porte-parole a indiqué au Times of Israel que les visites organisées en 2017 n’ont pas encore été finalisées et qu’il était possible qu’une venue soit planifiée.

Jonathan Arkush, président du Conseil des députés juifs de Grande-Bretagne. (Crédit : autorisation)
Jonathan Arkush, président du Conseil des députés juifs de Grande-Bretagne. (Crédit : autorisation)

Le président du Board of Deputies of British Jews, Jonathan Arkush, a indiqué qu’il avait accueilli avec chaleur cette nouvelle mais qu’il n’avait pas été surpris par cette initiative. « Le Bureau a fait des actions fermes mais discrètes depuis un certain temps et il semblerait qu’elles aient porté leurs fruits”, a-t-il déclaré.

S’entretenant avec le Times of Israel le mois dernier, après qu’il ait accompagné le Prince Charles aux funérailles de l’ancien président israélien Shimon Peres, Arkush avait expliqué que le fait que la communauté juive du Royaume-Uni oeuvre activement pour encourager une visite royale relevait d’un ‘secret de Polichinelle’.

« Nous mettons beaucoup de pression en faveur d’une visite royale. Ce n’est pas que c’est le moment. C’est bien plus que le moment de faire une visite royale”, avait-il ajouté.

‘C’est préférable d’éviter de telles complications’

La présence du Prince Charles lors des obsèques de Peres et lors des funérailles du Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin en 1994 n’a pas été considérée comme une visite officielle, ne comprenant aucune rencontre diplomatique.

Cela n’a pas été le cas non plus d’une visite brève effectuée par son père, le Prince Philip, Duc d Edinburgh, venu assister à une cérémonie donnée en hommage à sa mère, Alice de Battenberg, qui est enterrée sur le mont des Oliviers de Jérusalem.

A truly remarkable atmosphere here at the funeral of Shimon Peres z"l. Moving and inspiring in equal measure.

Posted by Chief Rabbi Mirvis on Friday, 30 September 2016

Les visites officielles réalisées par des membres de la famille royale sont sanctionnées par le gouvernement britannique. Malgré de nombreuses invitations lancées au fil des années, aucun gouvernement n’a encore approuvé une telle visite en Israël depuis la fin du mandat britannique et la création de l’état en 1948.

“Comme je l’ai dit au Prince Charles [lors des funérailles de Peres], C’est magnifique que vous veniez à l’occasion de deux cérémonies d’obsèques – celles de Rabin et celles-ci. Peut-être maintenant, pourriez-vous venir lors d’une occasion heureuse ? » avait dit Arkush le mois dernier. « Le Prince Charles n’est pas le décisionnaire. Il a souri. Il a hoché la tête. Il est professionnel jusqu’au bout des ongles. Cela ne relève pas de sa décision”.

En marge d’une conférence consacrée au climat à Paris au mois de septembre dernier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait invité le Prince Charles à venir en Israël, avait rapporté à ce moment-là le quotidien britannique The Telegraph. Mais la proposition avait été rapidement rejetée.

« Jusqu’à ce qu’il y ait un accord entre Israël et l’Autorité palestinienne, la famille royale ne peut vraiment pas aller là-bas », avait expliqué une source proche du gouvernement britannique au journal. « En Israël, trop de politique se trouve rattrapée par la terre elle-même il est préférable d’éviter toutes ces complications en évitant d’y aller”.

Des officiels israéliens se sont offusqués de la réticence affichée par les membres de la famille royale de venir au sein de l’état juif, tandis qu’ils paraissent n’avoir aucun scrupule à se rendre dans des états autoritaires comme l’Arabie Saoudite et le Qatar.

En 2007, un assistant du Prince Charles avait averti dans un courriel interne transmis à la presse qu’une visite faite par le Prince serait probablement utilisée par Israël pour tenter de renforcer sa renommée mondiale.
“Convient-il de considérer qu’il n’y a aucune chance que cette visite n’arrive, en fin de compte ?” avait écrit le secrétaire privé adjoint Clive Alderton au secrétaire privé, Sir Michael Peat. “Cette acceptation rendrait difficile à éviter les nombreuses façons dont Israël tenterait d’exploiter le [Prince Charles] pour l’aider à polir son image à l’international ».

‘Le début des relations diplomatiques’

En juillet 2015, lors d’une cérémonie accueillant le nouvel ambassadeur britannique David Quarrey en Israël, le président Reuven Rivlin avait lancé une invitation informelle à l’attention du monarque britannique de venir en Israël tout en faisant une référence directe à l’anniversaire de la déclaration Balfour.

“Durant votre mandat ici, nous fêterons le centième anniversaire de la déclaration Balfour, qui marque peut-être le début de relations diplomatiques entre Israël et la Grande-Bretagne”, avait dit Rivlin à Quarrey, se référant au document de novembre 1917 qui avait établi le soutien apporté par le gouvernement britannique à la création d’un foyer national pour les Juifs en Palestine.

“Je veux également transmettre mes hommages les plus chaleureux à Sa majesté la Reine Elizabeth II, et lui faire part d’une invitation à visiter notre région », avait ajouté Rivlin.

Lord Arthur James Balfour, secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni en 1917, et le texte de la déclaration qui porte son nom et soutient l'établissement d'un foyer national juif en Palestine. (Crédit : Domaine public/Wikipédia)
Lord Arthur James Balfour, secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni en 1917, et le texte de la déclaration qui porte son nom et soutient l’établissement d’un foyer national juif en Palestine. (Crédit : Domaine public/Wikipédia)

Tandis qu’un séjour royal officiel coïnciderait avec cet anniversaire, c’est une connexion que le Royaume-Uni pourrait bien vouloir éviter. En amont du centenaire, Israéliens et Palestiniens ont d’ores et déjà lancé des campagnes rivales sur l’héritage de la Déclaration, chacun interprétant l’importance historique du document conformément à son récit respectif.

Les haut-responsables de Ramallah ont juré de poursuivre en justice le gouvernement britannique sur ce qu’ils qualifient de document “notoire” par lequel les Britanniques ont donné “sans aucun droit, sans autorité ni consentement de quiconque, la terre de Palestine à un autre peuple”, comme l’a déclaré au mois de septembre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

A Jérusalem, la Déclaration Balfour est fêtée en tant que « l’une des premières déclarations faite par un acteur international majeur de la reconnaissance du droit du peuple juif à l’auto-détermination sur sa terre historique”, comme l’a déclaré la semaine dernière l’ambassade israélienne.

Au mois de septembre, le Premier ministre du Royaume-Uni Theresa May avait souligné le fait que la Grande-Bretagne et Israël célébreront bientôt le 100ème anniversaire du “soutien apporté par le royaume anglais à la création d’un foyer national pour les Juifs” lors de la signature de la Déclaration.

Theresa May  (Crédit : Wikimedia Commons CC BY 2.0)
Theresa May (Crédit : Wikimedia Commons CC BY 2.0)
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