Un ministre grec, ancien de l’extrême droite, nie tout antisémitisme
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Un ministre grec, ancien de l’extrême droite, nie tout antisémitisme

Il a toutefois admis avoir, en tant que "nationaliste", "coexisté politiquement avec des personnes qui avaient ce genre d'idées inacceptables"

Le nouveau ministre des Transports et des infrastructures Makis Voridis, membre du parti de droite LAOS, au palais présidentiel d'Athènes, son fils dans les bras, le 11 novembre 2011. (Crédit :  Dimitri Messini/AP)
Le nouveau ministre des Transports et des infrastructures Makis Voridis, membre du parti de droite LAOS, au palais présidentiel d'Athènes, son fils dans les bras, le 11 novembre 2011. (Crédit : Dimitri Messini/AP)

Un nouveau ministre grec, ancien pilier d’un parti d’extrême droite, a nié samedi tout antisémitisme après s’être vu accusé par un responsable de la communauté juive grecque d’avoir un « noir passé ».

« Je n’ai jamais été un antisémite », assure dans un communiqué Makis Voridis, nommé ministre de l’Agriculture par le nouveau Premier ministre conservateur Kyriakos Mitsotakis après sa victoire électorale la semaine dernière.

Il admet toutefois avoir, en tant que « nationaliste », « coexisté politiquement avec des personnes qui avaient ce genre d’idées inacceptables ». 

« Je dénonce tout acte, ou tout manque de réaction par rapport à des actes d’une autre personne, qui puisse être considéré comme antisémite ou néo-nazi », poursuit l’avocat, âgé de 54 ans.

La veille, Victor Eliezer, secrétaire général du Conseil central des communautés juives de Grèce, avait estimé que M. Voridis aurait dû, à l’occasion de son entrée au gouvernement, prendre publiquement ses distances avec son « noir passé ».

« Nous ne pouvons pas vraiment nous réjouir que M. Voridis se soit vu attribuer un poste au gouvernement car il n’a jamais publiquement renoncé, à ce jour, aux idées nazies qu’il a représentées ni aux alliances politiques qu’il a conservées », a déclaré M. Eliezer à la radio 24/7.

Dans les années 1980, M. Voridis avait dirigé l’organisation de jeunesse du parti d’extrême droite Epen, nostalgique de la dictature militaire en Grèce (1967-1974). Il avait fondé dans les années 1990 un parti ultranationaliste aujourd’hui dissous, le Front hellénique, allié au parti français Front national. Membre ensuite du parti d’extrême droite LAOS, fondé en 2000, il a rejoint début 2012 le parti conservateur Nouvelle Démocratie (ND).

Il avait été ministre pour la première fois en 2011 dans une coalition gouvernementale incluant le LAOS.

Parmi les anciens du LAOS qui se sont vus attribuer des postes dans la ND figure également Adonis Georgiadis, nommé vice-président de la ND par M. Mitsotakis en 2016.

M. Georgiadis, ministre du Développement et de l’investissement dans le nouveau gouvernement grec, avait dû faire des excuses publiques en 2017 pour avoir fait la publicité d’un pamphlet antisémite dont il affirmait que c’était son « livre préféré ». L’auteur de ce pamphlet était l’avocat Constantin Plevris, figure de l’extrême droite en Grèce, dont le fils Thanos a été également élu au Parlement sous l’étiquette ND la semaine dernière.

Vendredi, M. Eliezer avait souligné que la position pro-israélienne du nouveau Premier ministre ne faisait aucun doute. Les relations entre la Grèce et Israël avaient été formalisées pour la première fois en 1990 par le défunt père de M. Mitsotakis, Premier ministre de 1990 à 1993 et le premier à ce poste à se rendre en Israël, selon M. Eliezer.

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