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Un ministre libanais rejette la demande des pays du Golfe de désarmer le Hezbollah

Le groupe terroriste est un "parti libanais par excellence" et il est "hors de question" de rendre les armes, déclare Abdallah Bouhabib ministre des Affaires étrangères

Des combattants du Hezbollah tiennent le drapeau de leur groupe devant une statue du général iranien Qassem Soleimani et lui prêtent serment d'allégeance, lors d'une cérémonie marquant le deuxième anniversaire de son assassinat, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 4 janvier 2022. (AP Photo/Hussein Malla)
Des combattants du Hezbollah tiennent le drapeau de leur groupe devant une statue du général iranien Qassem Soleimani et lui prêtent serment d'allégeance, lors d'une cérémonie marquant le deuxième anniversaire de son assassinat, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 4 janvier 2022. (AP Photo/Hussein Malla)

BEYROUTH, Liban – Le ministre libanais des Affaires étrangères a déclaré samedi que son pays ne désarmera pas le groupe terroriste chiite du Hezbollah financé par l’Iran, l’une des 10 mesures de confiance réclamées à Beyrouth par les nations du Golfe.

« Je ne vais pas remettre les armes du Hezbollah ni mettre fin à l’existence du Hezbollah. C’est hors de question au Liban », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Abdallah Bouhabib à la chaîne de télévision Al-Jazeera, qualifiant le groupe djihadiste de « parti libanais par excellence ».

Bouhabib a fait cette remarque avant son départ pour le Koweït afin de répondre à la liste des suggestions politiques faites au pays du Cèdre par les pays du Golfe dans le but de mettre fin à l’impasse dans laquelle se trouvent les deux parties.

Les relations entre le Liban, extrêmement appauvri, et les riches États du Golfe sont à leur plus bas niveau depuis des décennies, – une crise notamment déclenchée lorsqu’un politicien libanais avait critiqué la guerre menée par l’Arabie saoudite contre les rebelles Houthis soutenus par l’Iran au Yémen.

Le ministre libanais de l’Information, George Kordahi, prend la parole lors d’une conférence de presse pour annoncer sa démission au ministère de l’Information à Beyrouth, Liban, le vendredi 3 décembre 2021. (Crédit : AP/Bilal Hussein)

Suite aux commentaires du ministre de l’Information, George Kordahi, l’Arabie saoudite avait rappelé son ambassadeur à Beyrouth et interdit toutes les importations en provenance du Liban, affectant des centaines d’entreprises et interrompant les flux de devises étrangères vers le Liban pour des centaines de millions.

Plusieurs pays arabes lui avaient ensuite emboîté le pas.

Bouhabib assistera à une réunion des ministres arabes des Affaires étrangères au Koweït dimanche, au cours de laquelle il remettra à son homologue koweïtien, Cheikh Ahmed Nasser Al-Mohammed Al-Sabah, les réponses officielles aux suggestions des nations du Golfe.

Al-Sabah les avait remises personnellement à Beyrouth au début du mois.

Le ministre koweïtien des Affaires étrangères, Cheikh Ahmad Nasser al-Mohammad al-Sabah (à droite), s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue libanais Abdallah Bouhabib, à Beyrouth, au Liban, le 22 janvier 2022. (AP Photo/Bilal Hussein)

« Nous espérons avoir d’excellentes relations comme par le passé » avec les pays du Golfe, a déclaré Bouhabib, ajoutant que le Liban avait des idées pour résoudre les problèmes entre les deux parties, sans toutefois fournir de détails.

La liste remise par le ministre des Affaires étrangères du Koweït et diffusée dans les médias libanais comprend la mise en œuvre de la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appelle au désarmement de toutes les milices au Liban. D’importantes réformes anti-corruption devraient également être mises en œuvre, et toutes les attaques verbales ou physiques contre les pays du Golfe devraient cesser.

M. Bouhabib a déclaré que le Liban respectait les résolutions internationales, mais il a ajouté qu’il fallait du temps pour d’autres.

Kordahi, qui avait fait ses commentaires fin octobre avant de prendre son poste, a démissionné en décembre, mais le geste n’a pas conduit à une amélioration des relations entre les deux parties.

La crise est en effet plus profonde que les commentaires de Kordahi. L’Arabie saoudite dénonce l’influence croissante de l’Iran dans la région, y compris au Liban, autrefois allié traditionnel du royaume conservateur et bénéficiaire de son aide financière.

Dans les semaines qui ont suivi la démission de Kordahi, les tensions entre le Hezbollah, soutenu par l’Iran, et l’Arabie saoudite n’ont cessé de croître.

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