Un nouveau groupe militant pousse Marine Le Pen vers les juifs français
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Un nouveau groupe militant pousse Marine Le Pen vers les juifs français

L’association aidera à vendre le FN avant le vote de 2017, mais des officiels juifs préviennent que le parti d’extrême-droite compte bien des antisémites parmi ses rangs

La présidente du parti d'extrême droite Front National, Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse, le 23 mars 2014. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)
La présidente du parti d'extrême droite Front National, Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse, le 23 mars 2014. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)

Des militants juifs proches de Marine Le Pen ont déclaré avoir formé une organisation conçue pour vendre son parti d’extrême-droite, le Front national (FN), à la communauté juive de France en anticipation des élections présidentielles de 2017.

Michel Thooris, un juif français qui a été consultant de Le Pen sur des sujets politiques, a déclaré au site d’informations Le Lab qu’il dirigera la nouvelle association quand elle deviendra active cet été.

Le Pen a déclaré au site d’informations que le groupe, qui s’appellerait l’Union des patriotes français juifs (UPFJ), ne sera pas un organe officiel du FN, dont la charte et l’idéologie vont à l’encontre des institutions construites sur l’ethnicité ou d’autres caractéristiques particulières.

« C’est une association de patriotes qui adhèrent à la foi israélite qui existait déjà en 2012, et dans laquelle Thooris a déjà joué un rôle », avait-elle déclaré en référence à l’Union des juifs français, maintenant inactive.

Le fondateur du FN est le père de Le Pen, Jean-Marie Le Pen, qui a été condamné pour négation de l’Holocauste et incitation à la haine raciale contre les juifs. Marine Le Pen l’a exclu l’année dernière du parti dans le cadre de son présumé rejet de sa rhétorique ouvertement raciste, et a courtisé les juifs français dans une action que beaucoup d’observateurs ont dite conçue pour uniquement réhabiliter le nom du parti.

Marine Le Pen a souligné à plusieurs reprises que le vrai ennemi des juifs français n’était pas le FN mais le fondamentalisme islamique, contre qui elle a affirmé que le parti est « votre meilleur bouclier ».

Mais le CRIF, le conseil représentatif des institutions juives de France, a déclaré que le parti restait une entité politique illégitime en raison de la présence d’antisémites dans ses rangs, comme le négationniste de l’Holocauste Bruno Gollnisch, qui représente le parti au Parlement européen.

Thooris a déclaré au Lab que le CRIF « ne représente personne sauf lui-même et ne se bat pas pour les intérêts de la communauté juive française ».

Le CRIF affirme que les électeurs juifs du FN sont une minorité au sein de la communauté. Le président de l’association, Roger Cukierman, a déclaré qu’une hausse de l’extrême droite ne ferait qu’augmenter les problèmes actuels de la communauté.

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