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Un Palestinien meurt poignardé lors d’une rixe avec des résidents d’implantation

Selon l'AP et un groupe de défense des droits israélien, l'homme est mort près d'Ariel après une dispute qui a dégénéré ; l'auteur des coups de couteau n'a pas été identifié

Photo d'illustration : Les forces de sécurité israéliennes à proximité d'Ariel, en Cisjordanie, le 17 mars 2019. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)
Photo d'illustration : Les forces de sécurité israéliennes à proximité d'Ariel, en Cisjordanie, le 17 mars 2019. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

Un Palestinien est mort, mardi, après avoir été poignardé au cours d’une rixe apparente avec des résidents d’implantation israéliens en Cisjordanie, ont fait savoir le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne et un groupe de défense des droits de l’Homme israélien.

Les responsables palestiniens de la Santé ont fait savoir que la victime s’appelait Ali Hassan Harb. Il avait 22 ans.

Harb « est mort après avoir reçu un coup de poignard dans le cœur porté par un colon » dans le secteur d’Iskaka, près de la ville palestinienne de Salfit, a indiqué le ministère de la Santé de l’AP dans un court communiqué.

Le village d’Iskaka est adjacent à l’importante implantation d’Ariel, au sud de Naplouse, en Cisjordanie.

La division de Cisjordanie de la police israélienne a expliqué avoir lancé une enquête suite à des heurts entre Israéliens et Palestiniens. Elle a indiqué qu’un Palestinien avait été poignardé, même si elle n’a pas pu préciser qui avait été l’auteur des coups de couteau.

« Les forces de police sont arrivées sur les lieux ; là un Palestinien a été évacué dans un état grave, apparemment en raison d’une blessure à l’arme blanche », ont annoncé les forces de l’ordre, citant les médecins.

« A ce stade, l’identité de l’auteur des coups de couteau reste indéterminée », a continué la police. Aucune arrestation n’a eu lieu dans le cadre de cette affaire pour le moment.

Le cousin de la victime, Firas Naïm, a déclaré à l’AFP que les forces de sécurité israéliennes étaient présentes lors du drame. Il a expliqué être venu sur place avec des membres de sa famille, dont Ali Harb, après avoir entendu que des résidents d’implantation voisines installaient des tentes.

Une fois arrivés, Firas Naïm et ses proches se sont retrouvés face aux forces de sécurité et à des agents de sécurité d’implantations israéliennes qui ont procédé à des tirs d’avertissement, a-t-il ajouté.

« Après avoir tiré en l’air, les colons ont attaqué (…) On se tenait juste là, et un colon est venu le poignarder avec un couteau là (il indique le côté de son torse) sans raison », a ajouté Naïm, dont les vêtements étaient encore recouverts de sang.

Selon lui, les forces israéliennes ont empêché les Palestiniens d’approcher après l’agression.

Le groupe des droits de l’Homme Yesh Din a noté que Harb se trouvait avec ses parents sur un terrain privé, près d’Ariel. « Des résidents d’implantation sont arrivés sur les lieux et ils ont cherché à monter une tente. Il y a eu des frictions entre les deux parties et les résidents d’implantation ont quitté les lieux. Les soldats sont arrivés immédiatement après et les résidents d’implantation sont, pour leur part, revenus plus tard », a raconté le groupe dans un communiqué.

Yesh Din a ajouté qu’après leur retour, de nouvelles violences ont éclaté et qu’un résident d’implantation « a sorti un couteau et il a mortellement poignardé le jeune homme ».

Les autorités locales, de leur côté, ont indiqué que le groupe de résidents israéliens avait dit avoir été fait l’objet de jets de pierre et de coups de bâtons de la part d’une quarantaine de Palestiniens.

Les services d’urgence des Sauveteurs sans frontières, une branche de la United Hatzalah israélienne, a fait savoir que « les émeutiers ont volé les sacs et les équipements » des Israéliens, ajoutant qu’aucun d’entre eux n’avait été blessé au cours de cet incident.

Il y a eu une recrudescence des violences de la part des partisans du mouvement pro-implantation, ces dernières années, et il a été reproché parfois aux soldats d’avoir fait le choix de ne pas intervenir. Les militaires sont légalement autorisés – voire dans l’obligation – de s’interposer pour empêcher des agressions violentes, indépendamment de la nationalité des parties en lice. Ils préfèrent généralement que la police prenne en charge les attaques commises par les partisans du mouvement pro-implantation et les arrestations qui en découlent, mais les forces de l’ordre n’ont finalement qu’une présence limitée en Cisjordanie.

Au mois d’octobre, le ministre de la Défense, Benny Gantz, avait émis un communiqué recommandant vivement à l’armée de réprimer « systématiquement, avec force et sans compromis » les violences commises par les partisans du mouvement pro-implantation en direction des Palestiniens, des activistes et des forces de sécurité qui sont également occasionnellement prises pour cible. Toutefois, aucune mesure énergique n’a apparemment suivi.

L’AFP a contribué à cet article.

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